Chronologie de mai 68

François Nicolas

Hétérophonie 68 à quatre voix

1.     Une révolte étudiante / un soulèvement (à échelle mondiale [1]) de la jeunesse (étudiante et lycéenne) « révolution » & « violence » = Sorbonne [1968]

2.     Une grève ouvrière / une action générale (à échelle française) ouvrière (et salariée) : grèves sauvages & occupations d’usine = Billancourt [1967…]

3.     Une idéologie libertaire / anarchisante [2] = Odéon [1966…]

4.     Une politique égalitaire / émancipatrice = Flins [1966-1976]

 

1968

Autres

des étudiants

des ouvriers

politique

International

Divers

Musique et autres arts

Janvier

8 janvier : Missoffe chahuté à Nanterre

17 janvier : Manif ouvrières à Redon

26 janvier : Bagarres à Caen

2 janvier : création du PCMLF

5 janvier : Début du « Printemps de Prague »

15 janvier : Au Japon, affrontements des Zengakuren contre la police à l’occasion de l’arrivée d’un porte-avions US

23 janvier : arraisonnement du navire espion américain le Pueblo par les Nord-Coréens

27 janvier : fondation du parti travailliste israélien

31 janvier : « Offensive du Têt » par le FNL vietnamien [3]

17 janvier : fin de la convertibilité du dollar en or

8 janvier : fondation du Collectif Change (poésie)

12 janvier : conférence d’Adorno (« L’art et les arts ») au Collège de France (Paris) à laquelle assiste Paul Celan.

Février

21 février : Journée anti-impérialiste

17-18 février : Manifestations à Berlin contre la guerre du Vietnam

6-18 février : JO de Grenoble (Killy…)

Affaire Langlois (Cinémathèque)

Le Bal des vampires de Roman Polansky

Mars

22 mars : Occupation à Nanterre [4]

18 mars : Affrontements à Redon avec la police

Création par l’JUC(ml) du MSLP (Mouvement de soutien aux luttes du peuple)

30-31 mars (Paris) : Premier congrès des CVB

Chine : Après le « contre-courant de février », dernier épisode de la GRCP… [5]

16 mars : massacre à My Lai (Vietnam) de 500 civils

21 mars : Suharto (Indonésie) – Bataille de Karamé (Jordanie)

25 mars : programme du FBI (J. Edgar Hoover) contre les Blacks Panthers [6]

31 mars : Suspension américaine des bombardements sur le Vietnam ; Johnson offre des négociations, acceptées le 1° avril pourparlers à Paris

« Mars polonais », durement réprimé

15 mars : Éditorial du Monde « Quand la France s’ennuie… » [7]

30 mars : Réforme du SMI, création des DTS

Le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone

Il est cinq heures, Paris s’éveille (J. Dutronc)

Mort de Dreyer (20 mars)

Avril

Jeudi 25 avril : Juquin (député PCF et membre de son C.C.) est expulsé de Nanterre aux cris de « Judas Juquin ! » et « Lecanuet du PCF ! »

Dimanche 28 avril : L’exposition pro-américaine sur le Sud-Vietnam (44 rue de Rennes) détruite par les CVB aux cris de « FNL vaincra ! »

2 avril : attentat par Andreas Baader et Gudrun Ensslin (RFA)

4 avril : assassinat de Martin Luther King (USA)

6 avril : Bobby Hutton (Black Panther) meurt au cours d’une fusillade avec la police (USA)

11 avril : Johnson signe la loi sur les droits civiques (USA)

11 avril : attentat contre Rudi Dutschke (RFA)

11 avril : Le Général Jarulezki devient ministre de la Défense (Pologne)

11 avril : le Parti communiste de Tchécoslovaquie proclame « la voie tchécoslovaque vers le socialisme »

29 avril : Zengakuren et paysans contre les États-Unis (Okinawa)

Début des Shadoks à la télévision…

Sortie des Barjots de Jean Monod [8]

lundi 29 avril : 1° exposé d’Alain Badiou sur Le concept de modèle (Ens, salle Dussanne[9]

Festival de Royan [10]

Hair (Broadway)

Sortie en France de La Planète des singes

 

Dates

Alii

des étudiants

des ouvriers

politique

International

Divers

Musique et autres arts

Mai

Mercredi 1°

Manifestation [11]

Affrontements devant le Cirque d’Hiver puis discussions place de la Bastille

Premier n° de La Cause du peuple (journal du MSLP)

Jeudi 2

Menaces d’Occident

Fermeture sine die de Nanterre

Vendredi 3

La police occupe la Sorbonne.

Manif Quartier Latin. Arrestation de 600 jeunes…

Début Sorbonne

Éditorial de G. Marchais dans L’Humanité [12]

La CFDT refuse sa solidarité avec les étudiants. [13]

Pompidou et Couve de Murville [14] en Iran

Dernière émission « Cinq colonnes à la Une »

Samedi 4

Réponse du « mouvement du 22 mars » [15]

Appel MSLP : « Vive les étudiants de Nanterre de Paris Vive l'unité populaire contre la violence et la répression! » [16]

Dimanche 5

Étudiants condamnés pour violences à agents

Circulaire UJC(ml) : « Les tâches immédiates des communistes dans les usines »

Vietnam : à la veille de l’ouverture des pourparlers, le FNL déclenche une vaste offensive.

Lundi 6

Bagarres toute la journée au Quartier Latin

Premiers déplacements d’étudiants aux usines [17]

« Crise mystique » de Stockhausen…

Mardi 7

Grande manif Quartier Latin ↔ Étoile

Bagarres au retour

Appel de l’UJC(ml) et des cercles Servir le Peuple : « Et maintenant aux usines ! »

Pompidou quitte l’Iran pour l’Afghanistan.

Stockhausen : première pièce de Aus den sieben Tagen : Richtige Dauern [Bonnes durées]

Mercredi 8

Manif Halle-aux-vins → Luxembourg (calme)

pièce de Stockhausen : Unbegrenzt [Illimité]

Jeudi 9

Réouverture de Nanterre

Vendredi 10

Grande manif Denfert → Quartier Latin

Nuit des barricades

Ouverture de la Conférence de Paris (Vietnam)

Ouverture du Festival de Cannes [18]

Samedi 11

Appel à la grève générale pour le lundi 13

Pompidou revient d’Afghanistan et d’Iran

Althusser hospitalisé à la clinique de Soissy

Robert Linhart hospitalisé…

Dimanche 12

Pompidou annonce la réouverture de la Sorbonne

Lundi 13

Grève générale

Grande manifestation République-Denfert

« Bon anniversaire ! » [19]

Réoccupation étudiante de la Sorbonne

Tract UJC(ml) : « À bas le régime gaulliste anti-populaire ! Brisons le contre-courant social-démocrate ! »

Ouverture à Paris des négociations sur le Vietnam

Annulation 2° conférence d’A. Badiou sur le concept de modèle

Grothendieck (avec Henri Cartan et Dieudonné) chahuté à la tribune d’Orsay

Stockhausen : dernière pièce de Aus den sieben Tagen [20]

Mardi 14

Premières occupations d’usine et séquestrations (Sud-Aviation à Nantes, Rhodiaceta à Besançon)

Projet Pompidou d’amnistie sur la guerre d’Algérie !

Premières occupations d’usine

Mercredi 15

Odéon investi

Grève à Renault-Cléon

Variétés : hit-parade de Salut les copains [21]

Jeudi 16

Grève dans tout Renault

Appel de l’UJC(ml) à une marche sur Renault-Billancourt

Vendredi 17

Début de la grève générale

Samedi 18

De Gaulle rentre de Roumanie

Dimanche 19

« La réforme, oui ; la chienlit, non ! »

Fin prématurée du Festival de Cannes

Création à Harlem du groupe « Spoken Word » The original last Poets

Lundi 20

France paralysée

Mardi 21

Mercredi 22

Cohn-Bendit interdit de séjour

« Nous sommes tous des juifs allemands »

8 millions des grévistes

Dernier numéro de Servir le peuple

Jeudi 23 (Ascension)

Bagarres rue Monge

Vendredi 24

Manifestation Bastille-Bourse…

Discours De Gaulle : référendum [22] dérision : « Son discours, on s’en fout »

Nouvelles barricades

Samedi 25

Négociation de Grenelle

Début de grève à l’ORTF

Dimanche 26

Accords de Grenelle [23]

Lundi 27

Billancourt refuse Grenelle

Charléty

Hugo Santiago commence à Buenos Aires le tournage de Invasion (1969)

Mardi 28

Cohn-Bendit revient clandestinement et reparaît à la Sorbonne

Mitterrand pose sa candidature

Point culminant des grèves (9 millions)

Mercredi 29

Manif CGT pour un « Gouvernement populaire »

De Gaulle disparaît

Mendès-France se porte candidat…

Mort de Jacques Chardonne

Jeudi 30

Discours De Gaulle (16h30) : dissolution [24]

Manif Champs-Élysées (18h)

Augmentation du SMIG [25]

Commencement de reprise dans les usines

Vendredi 31

Retour de l’essence

Juin

Samedi 1°

Dimanche 2 (Pentecôte)

Lundi 3

Mardi 4

Début de la reprise du travail

Mort d’Alexandre Kojève

Mercredi 5

Assassinat de Robert Kennedy

Jeudi 6

Occupation de Flins

Vendredi 7

Bagarre à Flins

Sortie en France de La Chine est proche de Marco Bellochio

Samedi 8

Début du retour en France des anciens de l’OAS (Cf. Georges Bidault)

Dimanche 9

Lundi 10

Mort de Gilles Tautain à Flins

Bagarres Quartier Latin

Reprise aux usines Wonder (St-Ouen)

Reprise du travail puis de la grève à Sochaux

Mardi 11

Manif gare de l’Est

Affrontements à Sochaux (mort de 2 ouvriers)

Affrontements dans l’usine Sochaux : Pierre Beylot et Henri Blanchet tués ; Serge Hardy et Joël Royer amputés

Mercredi 12

Dissolution des groupes étudiants et interdiction des manifs

Jeudi 13

Vendredi 14

Évacuation de l’Odéon

Samedi 15

Enterrement de Gilles Tautin

OAS (dont Salan) gracié…

Enterrement Tautin

Mort de Wes Montgomery

Dimanche 16

Évacuation de la Sorbonne

Fin Sorbonne

Lundi 17

Mardi 18

Reprise du travail chez Renault

Mercredi 19

Jeudi 20

Vendredi 21

Samedi 22

Dimanche 23

1° tour des élections

Lundi 24

Loi sur l’état d’urgence en RFA

Mardi 25

Mercredi 26

Jeudi 27

Vendredi 28

Samedi 29

Dimanche 30

2° tour des élections

 

International

Musique & autres arts

Juillet

10 juillet : Couve de Murville, premier ministre

15-31 juillet : festival d’Avignon

24 juillet : loi d’amnistie pour les faits relatifs à l’Algérie

1° juillet : Signature d’un traité de non-prolifération nucléaire

17 juillet : Prise de pouvoir du Baas en Irak

26-27 juillet : Affrontements étudiants-policiers à Mexico – 17 morts

29 juillet : Humanæ vitæ (Paul VI) [26]

N° 43 de Partisans : « sport, culture et répression »

Août

1 août : Réorganisation de l’ORTF. Entrée de la pub au 1er octobre

24 août : première bombe H française [27]

21 août : intervention des troupes du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie

À partir du 26 août : Conférence catholique latino-américaine de Medelin théologie de la libération

Septembre

30 septembre : implosion de l’UJC(ml)

Sécession du Biafra (Nigeria)

Retrait de l’Albanie du Pacte de Varsovie (13 septembre)

Tensions Chine-URSS aux frontières

Portugal : Caetano succède à Salazar (28 septembre)

Théorème (Pasolini) – Mostra de Venise

Le 17° Parallèle de Joris Ivens et Marceline Loridan

2001, l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick

Baisers volés de François Truffaut

Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages de Michel Audiard

Octobre

31 octobre : création de la Gauche Prolétarienne (GP)

2 octobre : Massacre de la place Tialecolco (Mexico) – 50 à 300 morts

12-27 octobre : JO de Mexico [28]

Création [29] de Sinfonia de Berio

[2 octobre : mort de Marcel Duchamp]

19-20 octobre : Festival de Donaueschingen [30]

Rosemary’s Baby de Roman Polanski

Novembre

12 novembre : loi d’orientation de l’enseignement supérieur [31]

Création de Dauphine et Vincennes

5 novembre : élection de Richard Nixon aux EU

Eldridge Cleaver (Black Panther) s’exile pour l’Algérie

The White Album (Beatles)

Sortie en France de Chronique d’Anna Magdalena Bach (Straub & Huillet),  de Un soir, un train (André Delvaux) et de Un Mur à Jérusalem (Frédéric Rossif)

Premier numéro de la revue poétique Change

Décembre

27 décembre : loi sur la section syndicale d’entreprise [32]

13 décembre : début des années de plomb au Brésil (le régime militaire instaure la dictature)

26 décembre : attaque palestinienne d’un avion El Al à Athènes

Création du Livre pour cordes [33] et de Domaine [34] de Boulez

 

Périodisation

Révolte

de la jeunesse

Grève

des ouvriers

Mouvement

idéologique

Action

politique

L’année 1968 commence

le 22 mars

(à Nanterre)

en janvier

(pas à Paris ! : à Redon et Caen)

(déjà commencée : ex. les Situationnistes)

le 21 février

(à Paris : journée Vietnam)

« Mai » commence

le vendredi 3 mai

(la Sorbonne)

après la grève générale du lundi 13 mai

(Nantes, Besançon)

le mercredi 1° mai

(manif : affrontements/débats de masse)

La fin intervient le

le dimanche 16 juin

(évacuation de la Sorbonne)

lundi 10 juin

(rentrée Wonder)

(encore continuée)

samedi 15 juin

(enterrement de Gilles Tautin)

Apogée

vendredi 10 mai

(Nuit des barricades)

mardi 28 mai

(9 millions de grévistes)

vendredi 7 juin

(Flins)

 


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[1] Mexique, Allemagne, Italie, Chine, USA…

[2] Cf. Situationnisme : De la misère en milieu étudiant (1966), La société du spectacle (Guy Debord, 1967), Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations (Raoul Vaneigem, 1967)

[3] Voir http://www.entretemps.asso.fr/68/Vietnam.htm

[4] Occupation de la salle des conseils de l’Université de Nanterr. Cf. Daniel Cohn-Bendit, étudiant en sociologie… Enjeu : la Cité des filles fermait à 22h…

[5] La Révolution culturelle (GRCP) commence au printemps 1966.

1.      Ouverture début 1966. Elle prend forme avec la « circulaire du 16 mai » puis la « déclaration en 16 points » en août.

2.      Période « gardes rouges » à partir de fin août 1966

3.      Entrée en scène des ouvriers début 1967 : la « commune de Shanghai »…

4.      Troubles, violences (été 1967)

5.      Début de la remise en ordre. En septembre 1967, Mao appuie la ligne « reconstructive » de Chou-en-Laï. 1968 voit les derniers épisodes : « contre-courant de février ». Mao appelle à nouveau à l’action fin mars.

6.      Fin proprement dite (à partir de l’été 1968). Le neuvième congrès du PCC en avril 1969 entérine à un retour à l’ordre sous la direction de Lin Piao.

D’où plusieurs périodisations. De la plus large à la plus concentrée :

·       1966-1976 (mort de Mao)

·       novembre 1965-juillet 1968

·       mai 1966-septembre 1967 : moment révolutionnaire proprement dit.

Voir http://www.entretemps.asso.fr/68/Chine.htm

[6] Programme Cointelpro (Counter Intelligence Program)

25 mars : « Il faut faire comprendre aux jeunes Noirs modérés que, s'ils succombent à l'enseignement révolutionnaire, ils seront des révolutionnaires morts ».

3 avril : « Ne vaut-il pas mieux être une vedette sportive, un athlète bien payé ou un artiste, un employé ou un ouvrier […] plutôt qu'un Noir qui ne pense qu'à détruire l'establishment et qui, ce faisant, détruit sa propre maison, ne gagnant pour lui et son peuple que la haine et le soupçon des Blancs ? »

[7] Viansson-Ponté, (Le Monde) : « Ce qui caractérise actuellement notre vie publique, c’est l’ennui. Les Français s’ennuient. Ils ne participent ni de près ni de loin aux grandes convulsions qui secouent le monde. La guerre du Vietnam les émeut, mais elle ne les touche pas vraiment. […] Le conflit du Moyen-Orient a provoqué une petite fièvre au début de l’année dernière. […] Les guérillas d’Amérique Latine et l’effervescence cubaine ont été, un temps, à la mode. […]  La jeunesse s’ennuie. Les étudiants manifestent, bougent, se battent en Espagne, en Italie, en Belgique, en Algérie, au Japon, en Amérique, en Égypte, en Allemagne, en Pologne même. […] Les étudiants français se préoccupent de savoir si les filles de Nanterre et d’Antony pourront accéder librement aux chambres des garçons. […] Quant aux jeunes ouvriers, ils cherchent du travail et n’en trouvent pas. […]  Le Général de Gaulle s’ennuie. »

[8] Enquête ethnologique (l’auteur était disciple de Claude Lévi-Strauss) sur les bandes de jeunes : les jeunes interprèteraient la lutte des classes comme des conflits de génération…

[9] La seconde séance, prévue le lundi 13 mai, n’aura pas lieu…

[10] Création de Trajectoires de G. Amy, Le temps restitué de Barraqué, Nuits de Xenakis…

[11] République-Bastille (25 à 100 000 manifestants) à l’appel de la CGT, du PCF et du PSU. La CFDT, la FGDS et la FEN avaient refusé de s’y associer.

Première manifestation du 1° mai depuis son interdiction, en 1954, par le gouvernement Laniel (suite au 14 juillet 1953, où la police avait ouvert le feu, place de la Nation, sur le cortège algérien du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques de Messali Hadj).

Premier numéro de La Cause du peuple (journal du MSLP)

[12] Georges Marchais (1968) : De faux révolutionnaires à démasquer (L’Humanité ; 3 mai 1968)

Comme toujours lorsque progresse l’union des forces ouvrières et démocratiques, les groupuscules gauchistes s’agitent dans tous les milieux. Ils sont particulièrement actifs parmi les étudiants. À l’Université de Nanterre, par exemple, on trouve : les « maoïstes » ; les « Jeunesses communistes révolutionnaires » qui groupent une partie des trotskistes ; le « Comité de liaison des étudiants révolutionnaires », lui aussi à majorité trotskiste ; les anarchistes ; divers autres groupes plus ou moins folkloriques.

Malgré leurs contradictions, ces groupuscules - quelques centaines d’étudiants - se sont unifiés dans ce qu’ils appellent « Le Mouvement de 22 Mars Nanterre » dirigé par l’anarchiste allemand Cohn-Bendit.

Non satisfaits de l’agitation qu’ils mènent dans les milieux étudiants - agitation qui va à l’encontre des intérêts de la masse des étudiants et favorise les provocations fascistes - voilà que ces pseudo-révolutionnaires émettent maintenant la prétention de donner des leçons au mouvement ouvrier. De plus en plus on les trouve aux portes des entreprises ou dans les centres de travailleurs immigrés distribuant tracts et autre matériel de propagande.

Ces faux révolutionnaires doivent être énergiquement démasqués car, objectivement, ils servent les intérêts du pouvoir gaulliste et des grands monopoles capitalistes.

Un des maîtres à penser des gauchistes est le philosophe allemand Herbert Marcuse qui vit aux États-Unis. Ses thèses sont connues. Elles peuvent être résumées de la façon suivante : les partis communistes « ont fait faillite », la bourgeoisie a « intégré la classe ouvrière qui n’est plus révolutionnaire », la jeunesse, surtout dans les universités « est une force neuve, pleine de possibilités révolutionnaires, elle doit s’organiser pour la lutte violente ».

Bien entendu, les adeptes de Marcuse, chez nous, doivent tenir compte de la force, de l’influence du Parti Communiste Français et de la combativité de la classe ouvrière. Mais tout en y mettant des formes, ils portent leurs coups contre notre parti - et la CGT- et cherchent à mettre en cause le rôle fondamental de la classe ouvrière dans la lutte pour le progrès, le démocratie, le socialisme.

Les thèses et l’activité de ces « révolutionnaires » pourraient prêter à rire. D’autant qu’il s’agit, en général, de fils de grands bourgeois - méprisant à l’égard des étudiants d’origine ouvrière – qui, rapidement, mettront en veilleuse leur « flamme révolutionnaire » pour aller diriger l’entreprise de papa et y exploiter les travailleurs dans les meilleures traditions du capitalisme.

Cependant, on se saurait sous-estimer leur malfaisante besogne qui tente de jeter le trouble, le doute, le scepticisme parmi les travailleurs et, notamment, les jeunes. D’autant que leurs activités s’inscrivent dans le cadre de la campagne anticommuniste du pouvoir gaulliste et des autres forces réactionnaires. De plus, des journaux, des revues, des hebdomadaires - dont certains se réclament de la gauche - leur accordent de l’importance et diffusent à longueur de colonnes leurs élucubrations. Enfin et surtout, parce que l’aventurisme gauchiste porte le plus grand préjudice au mouvement révolutionnaire.

En développant l’anti-communisme, les groupuscules gauchistes servent les intérêts de la bourgeoisie et du grand capital.

Le Parti Communiste Français est le meilleur défenseur des revendications immédiates des travailleurs manuels et intellectuels. Il représente une force essentielle dans le combat pour éliminer le pouvoir des monopoles et lui substituer un régime démocratique nouveau permettant d’aller de l’avant dans la voie du progrès social, de l’indépendance nationale et de la paix. Il est le meilleur artisan de l’union des forces ouvrières et démocratiques, de l’entente entre tous les partis de gauche, condition décisive pour atteindre des objectifs. Sans le Parti Communiste, il n’est pas véritable gouvernement de gauche, il n’est pas de politique de progrès possible.

Mais notre Parti n’a pas comme seul objectif de lutter contre la malfaisance politique du pouvoir des monopoles et de lui substituer un authentique régime démocratique. Effectivement, il lutte pour l’abolition du capitalisme et l’instauration d’une société socialiste où sera bannie à tout jamais l’exploitation de l’homme par l’homme. Pour une société qui stabilisera l’entière égalité sociale de tous ses membres et où le but de la production ne sera plus le profit d’une petite minorité mais la satisfaction des besoins matériels et culturels de tous.

Pour atteindre ces objectifs, notre Parti Communiste fonde son action avant tout sur la classe ouvrière qui est la force sociale décisive de notre époque.

La grande mission historique de la classe ouvrière est de liquider le capitalisme et d’édifier le socialisme, seule société véritablement humaine.

Il en est ainsi parce que la classe ouvrière ne possède toujours aucun moyen de production, qu’elle est la classe la plus exploitée et, par conséquent, la seule classe véritablement révolutionnaire jusqu’au bout. Il en est ainsi parce que les conditions mêmes de développement de la production font que la classe ouvrière est la mieux organisée, la plus disciplinée et la plus consciente.

Les pseudo-révolutionnaires de Nanterre et d’ailleurs auront beau faire, ils ne changeront rien à cette réalité historique. D’ailleurs, c’est bien la classe ouvrière qui a donné naissance au système socialiste qui libère l’homme de toute forme d’exploitation et d’oppression et assure progressivement la satisfaction de ses besoins matériels et culturels. Au système socialiste qui apporte tout son appui à la lutte des peuples pour leur indépendance nationale. Au système socialiste qui, par son exemple, convaincra toujours plus les travailleurs des pays capitalistes qu’il est de leur intérêt de s’engager dans la voie du socialisme.

Ces vérités élémentaires qui prouvent que le Parti Communiste Français est en France le seul parti révolutionnaire, dans le bon sens du terme, nous devons les rappeler énergiquement à ces pseudo-révolutionnaires. Nous devons leur rappeler aussi ces paroles d’Anatole France à l’intention des intellectuels: « Pour combattre et vaincre nos adversaires rappelez-vous, citoyens, que vous devez marcher avec tous les artisans de l’émancipation des travailleurs manuels, avec tous les défenseurs de la justice sociale, et que vous n’avez pas d’ennemis à gauche. Rappelez-vous que, sans les prolétaires, vous n’êtes qu’une poignée de dissidents bourgeois et qu’unis, mêlés au prolétariat, vous êtes le nombre au service de la justice. »

Mais il est bien évident que nous ne confondons pas les petits groupuscules gauchistes s’agitant dans les universités avec la masse des étudiants. Au contraire, ceux-ci bénéficient de notre entière solidarité dans la lutte qu’ils mènent pour la défense de leurs légitimes revendications contre la politique désastreuse du pouvoir gaulliste dans le domaine de l’éduction.

Les étudiants ont besoin du soutien  actif des travailleurs, c’est pourquoi ils doivent s’appuyer sur eux dans leur combat.  Et la classe ouvrière la plus intérêt d’avoir à ses côtés les étudiants en lutte pour leur propres objectifs et pour ceux qui leur sont communs.

En effet, pour autant qu’elle a un rôle décisif à jouer dans la lutte pour le progrès, la démocratie et le socialisme, la classe ouvrière ne saurait prétendre y parvenir seule. Elle a besoin d’alliés. Les étudiants, la jeunesse en général, sont parmi ces alliés indispensables. C’est pourquoi il faut combattre et isoler complètement tous les groupuscules gauchistes qui cherchent à nuire au mouvement démocratique en se couvrant de la phraséologie révolutionnaire. Nous les combattons d’autant mieux que nous faisons toujours plus connaître les propositions du Parti et de sa politique unitaire pour le progrès social, la démocratie, la paix et le socialisme.

[13] Elle « refuse toute solidarité avec les groupes dont l'action incohérente compromet une véritable réforme ».

[14] Ministre des Affaires étrangères

[15] Tract du Mouvement du 22 mars, 4 mai 1968 :

Les journaux parlent des "enragés" d'une jeunesse dorée qui tromperait son oisiveté en se livrant à la violence, au vandalisme.

Non! Nous nous battons (des blessés, des emprisonnés, 527 arrestations, le conseil de discipline pour six camarades, des menaces d'extraditions, des amendes) parce que nous refusons de devenir des professeurs au service de la sélection dans l'enseignement dont les enfants de la classe ouvrière font les frais; des sociologues fabricants de slogans pour les campagnes électorales gouvernementales; des psychologues chargés de faire "fonctionner" les "équipes de travailleurs" selon les intérêts des patrons; des scientifiques dont le travail de recherche sera utilisé selon les intérêts exclusifs de l'économie de profit.

Nous refusons cet avenir de "chiens de garde", nous refusons les cours qui apprennent à le devenir.

Nous refusons les examens et les titres qui récompensent ceux qui ont accepté d'entrer dans le système.

Nous refusons d'être recrutés par ces "mafias".

Nous refusons d'améliorer l'université bourgeoise.

Nous voulons la transformer radicalement afin que, désormais, elle forme des intellectuels qui luttent aux côtés des travailleurs et non contre eux.

[Faut-il rappeler que c’est Cohn-Bendit qui rédigea ce tract ?]

[16]

Vive les étudiants de Nanterre de Paris

Vive l'unité populaire contre la violence et la répression!

[4 mai 1968.]

Depuis plus d'un mois, un nombre grandissant d'étudiants et de jeunes se révoltent et luttent contre la bourgeoisie. Les étudiants de Nanterre ont dans cette révolte joué un rôle d'avant-garde.

Toutes les forces répressives de la bourgeoisie se sont mobilisées pour écraser ce mouvement; elles ont utilisé la presse, les bandes fascistes, l'intimidation par l'administration universitaire, les arrestations et enfin l'agression de forces policières massives.

Tous les réactionnaires (y compris la clique dirigeante révisionniste), pris de panique, ont constitué un front uni et fomenté un vaste complot contre les étudiants : calomnier les étudiants progressistes, déverser un flot de mensonges, tout mettre en oeuvre pour les isoler de la population et permettre ainsi leur écrasement par les bandes fascistes et les troupes d'agression policière.

Mais cette offensive de la réaction, loin d'intimider les étudiants, a renforcé leur résolution.

Le mouvement des étudiants progressistes s'est impétueusement développé.

Malgré les contre-courants la masse des étudiants progressistes a brisé les manoeuvres d'encerclement et s'est orientée vers le peuple, vers les larges masses de la classe ouvrière, des travailleurs et de la population.

LE MOUVEMENT DE SOUTIEN AUX LUTTES DU PEUPLE CONNAIT UN GRAND ESSOR.

Le 3 mai, pendant près de 6 heures, de 17 heures à 23 heures environ, la masse des étudiants du Quartier Latin s'est bravement dressée contre les C. R. S. et la répression.

Comptant sur leurs propres forces et bénéficiant de l'appui de la population, ils se sont spontanément organisés et ont sévèrement châtié les provocations policières.

Déjà le mouvement de résistance aux brutalités policières se développe parmi les masses populaires.

Le 3 mai, une partie de la population s'est elle-même portée aux côtés des étudiants pour les aider à résister à la violence.

Les C. R. S. se sont comportés à l'égard de la population comme des troupes d'occupation en territoire ennemi, s'en prenant brutalement aux masses sans aucune distinction.

Ils ont suscité ainsi une grande colère dans la population.

Des masses populaires de plus en plus larges sont frappées depuis des mois et des années par la répression et la violence contre-révolutionnaire. Ces derniers temps les C. R. S. et autres troupes d'agression contre la population se sont livrés à des attaques brutales à l'égard des paysans de Redon, puis à l'égard des ouvriers et des masses populaires du Mans, de Caen, de Redon qui ont vaillamment combattu et châtié les agresseurs.

Ainsi des masses de plus en plus grandes d'ouvriers, de paysans, et d'étudiants prennent conscience de la nécessité de mettre un terme aux agressions policières, de faire cesser la répression.

Dans leur lutte contre la répression, les étudiants doivent résolument s'unir avec les larges masses populaires, et en particulier de la classe ouvrière, qui combattent depuis longtemps le même ennemi.

Ils doivent se mettre au service des travailleurs, force principale de la révolution.

Ouvriers, paysans, étudiants doivent s'entraider et se soutenir mutuellement pour défendre la liberté populaire et mettre en échec la violence policière.

Si les larges masses populaires des ouvriers, des paysans, des étudiants, persévèrent dans la lutte, conquièrent leur unité et forment un vaste front contre la répression policière, elles briseront inéluctablement les plans d'agression de la bourgeoisie.

[17] SKF (Ivry)

[18] Au programme Je t’aime je t’aime (Alain Resnais), Les Gauloises bleues (Michel Cournot), Au feu les pompiers !  (Milos Forman)…

[19] 13 mai 1958 !

[20] Conversion au nihilisme passif : « Ne pense RIEN. Attends jusqu’à ce que tu sois absolument calme en toi-même. Quand tu as atteint cela, commence à jouer. Aussitôt que tu commences à penser, arrête et essaie d’atteindre encore l’état de NON-PENSÉE. Puis continue de jouer. » !!!

[21] Dans l’ordre : Johnny Halliday (« Entre mes mains »), Sheila (« Quand une fille aime un garçon »), Claude François (« Jacques a dit »), Eddy Mitchell (« Je n’aime que toi »), …

[22] « Tout le monde comprend, évidemment, quelle est la portée des actuels évènements, universitaires, puis sociaux. On y voit tous les signes qui démontrent la nécessité d'une mutation de notre société. Mutation qui doit comporter la participation plus effective de chacun à la marche et au résultat de l'activité qui le concerne directement.

Certes, dans la situation bouleversée d'aujourd'hui, le premier devoir de l'État, c'est d'assurer en dépit de tout, la vie élémentaire du pays, ainsi que l'ordre public. Il le fait. C'est aussi d'aider à la remise en marche, en prenant les contacts qui pourraient la faciliter. Il y est prêt. Voilà pour l'immédiat. Mais ensuite, il y a sans nul doute des structures à modifier. Autrement dit : il y a à réformer.

Car dans l'immense transformation politique, économique, sociale, que la France accomplit en notre temps, si beaucoup d'obstacles, intérieur et extérieur, ont déjà été franchis, d'autres s'opposent encore au progrès. De là, les troubles profonds. Avant tout dans la jeunesse qui est soucieuse de son propre rôle, et que l'avenir inquiète trop souvent. C'est pourquoi, la crise de l'université, crise provoquée par l'impuissance de ce grand corps, à s'adapter aux nécessités modernes de la Nation, ainsi qu'au rôle et à l'emploi des jeunes, a déclenché dans beaucoup d'autres milieux, une marée de désordre, d'abandon ou d'arrêt du travail. Il en résulte que notre pays est au bord de la paralysie.

Devant nous-mêmes, et devant le monde, nous, Français, devons régler un problème essentiel que nous pose notre époque. A moins que nous nous roulions à travers la guerre civile, aux aventures et aux usurpations les plus odieuses et les plus ruineuses. Depuis bientôt 30 ans, les évènements m'ont imposé en plusieurs graves occasions, le devoir d'amener notre pays à assumer son propre destin, afin d'empêcher que certains ne s'en chargent malgré lui. J'y suis prêt, cette fois encore. Mais cette fois encore, cette fois surtout, j'ai besoin. Oui, j'ai besoin que le peuple français dise qu'il le veut. Or, notre Constitution prévoit justement par quelle voie il peut le faire. C'est la voie la plus directe et la plus démocratique possible, celle du référendum.

Compte tenue de la situation tout à fait exceptionnelle où nous sommes, et sur la proposition du gouvernement, j'ai décidé de soumettre au suffrage de la Nation, un projet de loi, par lequel je lui demande de donner à l'État, et d'abord à son chef, un mandat pour la rénovation. Reconstruire l'université, en fonction, non pas de ses habitudes séculaires, mais des besoins réels de l'évolution du pays, et des débouchés effectifs de la jeunesse étudiante dans la société moderne. Adapter notre économie, non pas aux catégories diverses, des intérêts, des intérêts particuliers, mais aux nécessités nationales et internationales, en améliorant les conditions de vie et de travail du personnel, des services publics et des entreprises, en organisant sa participation aux responsabilités professionnelles, en étendant la formation des jeunes, en assurant leur emploi, en mettant en œuvre les activités industrielles et agricoles dans le cadre de nos régions. Tel est le but que la Nation doit se fixer elle-même.

Françaises, français, au mois de juin, vous vous prononcerez par un vote. Au cas où votre réponse serait non, il va de soi que je n'assumerai pas plus longtemps ma fonction. Si par un oui massif, vous m'exprimez votre confiance, j'entreprendrais avec les pouvoirs publics, et je l'espère, le concours de tous ceux qui veulent servir l'intérêt commun, de faire changer partout où il le faut, les structures étroites et périmées, et ouvrir plus largement la route au sang nouveau de la France.

Vive la République, vive la France ! »

[23] Le SMIG augmente de plus de 30 %, les salaires de plus de 10%. Nouveaux droits syndicaux (protection des délégués, locaux, crédits d’heures…)

[24] « Françaises, Français,

Étant le détenteur de la légitimité nationale et républicaine j’ai envisagé depuis vingt-quatre heures toutes les éventualités sans exception qui me permettraient de la maintenir. J’ai pris mes résolutions. Dans les circonstances présentes, je ne me retirerai pas. J’ai un mandat du peuple, je le remplirai.

Je ne changerai pas le premier ministre dont la valeur, la solidité, la capacité méritent l’hommage de tous. Il me proposera les changements qui lui paraîtront utiles dans la composition du gouvernement. Je dissous aujourd’hui l’assemblée nationale. J’ai proposé au pays un référendum qui donnait aux citoyens l’occasion de prescrire une réforme profonde de notre économie et de notre université et en même temps de dire s’ils me gardaient leur confiance ou non par la seule voie acceptable, celle de la démocratie. Je constate que la situation actuelle empêche matériellement qu’il y soit procédé. C’est pourquoi j’en diffère la date.

Quant aux élections législatives, elles auront lieu dans les délais prévus par la Constitution, à moins qu’on entende bâillonner le peuple français tout entier en l’empêchant de s’exprimer en même temps qu’on l’empêche de vivre par les mêmes moyens qu’on empêche les étudiants d’étudier, les enseignants d’enseigner, les travailleurs de travailler. Ces moyens, ce sont l’intimidation, l’intoxication et la tyrannie exercées par des groupes organisés de longue main en conséquence, et par un parti qui est une entreprise totalitaire même s’il a déjà des rivaux à cet égard.

Si donc cette situation de force se maintient, je devrai, pour maintenir la République, prendre, conformément à la Constitution, d’autres voies que le scrutin immédiat du pays. En tout cas, partout et tout de suite, il faut que s’organise l’action civique. Cela doit se faire pour aider le gouvernement d’abord, puis localement les préfets devenus ou redevenus Commissaires de la République, dans leur tâche qui consiste à assurer autant que possible l’existence de la population et à empêcher la subversion à tout moment et en tout lieu.

La France en effet est menacée de dictature. On veut la contraindre à se résigner à un pouvoir qui s’imposerait dans le désespoir national, lequel pouvoir serait alors évidemment essentiellement celui du vainqueur, c’est-à-dire celui du communisme totalitaire. Naturellement, on le colorerait pour commencer d’une apparence trompeuse en utilisant l’ambition et la haine de politiciens au rancart. Après quoi ces personnages ne pèseraient pas plus que leur poids, qui ne serait pas lourd. Eh bien non, la République n’abdiquera pas, le peuple se ressaisira, le progrès, l’indépendance et la paix l’emporteront avec la liberté. Vive la République. Vive la France! »

[25] de 2,28 à 3 francs l’heure (32%)

[26] Condamnation de la contraception…

[27] La France, 5° puissance nucléaire

[28] Les points gantés de noir de Tommie Smith et John Carlos (200 mètres), les bérets noirs de Lee Evans, Larry James et Ron Freeman (400 mètres), sans compter les « révolutions sportives » de Bob Beamon (longueur) et Dick Fosbury (hauteur)

Voir http://www.entretemps.asso.fr/68/USA.htm

[29] New York

[30] Création de Chant de Gilbert Amy…

[31] Les universités autonomes remplacent les facultés (création des UER dont la gestion revient à l'ensemble des utilisateurs).

[32] Les syndicats peuvent constituer des sections syndicales et désigner des délégués syndicaux au sein des entreprises. Jusqu'à présent, les dispositions conventionnelles aménageant les activités du syndicat sur les lieux de travail restaient rares. Cette loi consacre non seulement une liberté d'expression et d'action du syndicat dans l'entreprise, mais aussi une institution proprement syndicale (le délégué syndical) aux cotés des institutions élues (délégués du personnel et comité d'entreprise). Elle est enfin le socle de la promotion future de la négociation collective d'entreprise.

[33] version pour orchestre du Livre pour quatuor

[34] version pour clarinette et 21 instruments, le 20 décembre 1968 à Bruxelles