Re-déclarons ensemble
les droits fondamentaux du travail :
Retrait total de
la loi 2010 de réforme des retraites.
Repousser l’âge de
départ indéfiniment, ça veut dire :
pas de retraite du
tout pour tous ceux qui font un travail dur,
aujourd’hui pour
la majorité des gens.
Les gens sont dans la rue, ils font grève, ils se manifestent. Si la révolte contre cette loi est si forte et si populaire, c’est qu’elle porte atteinte directement à la vie de tous, et qu’elle signale une injustice flagrante. La retraite et le travail sont l’affaire de tous : c’est à chacun de déclarer qu’il y a des limites à ne pas dépasser.
Cette loi doit être supprimée car elle est injuste : elle méprise tout le monde, sépare les salariés et en élimine beaucoup. C’est une loi d’intérêts pour le patronat, les financiers, les parlementaires et quelques autres.
Réfléchir sur la question de la retraite, c’est reposer aussi la question du travail : qu’est devenu le travail des gens ? Ce n’est pas une question à laisser aux mains des politiciens ou des financiers, qui n’ont que mépris pour tous les corps de métiers : rentabilité, fermetures, resserrement des effectifs dans les écoles, les hôpitaux, les usines, partout. Mépris pour les agriculteurs. Mépris pour les jeunes, pour leur formation. Mépris pour les vieux. Mépris pour les ouvriers étrangers dont le travail si important pour le pays ne leur ouvre aucun droit. Mépris pour les chômeurs, maltraités, décomptés.
1er principe : toute personne qui travaille doit toucher un salaire qui lui permette de vivre dignement : gagner le SMIC est insuffisant déjà, comment vivre avec une retraite qui sera bien moindre ? Une retraite doit permettre à chacun de vivre.
2ème principe : il y a un âge minimal auquel tous doivent pouvoir prendre leur retraite sans avoir à se justifier ou à apporter les preuves de son épuisement et de son inutilité. L’espérance de vie actuelle d’un ouvrier est de 62 ans. Dans la logique de l’économie libérale, un retraité idéal est un retraité mort. La retraite, ce n’est pas la mort.
3ème
principe : une loi juste est une
loi pour tous, et non une loi au cas par cas qui sépare, divise, oppose et crée
de la concurrence entre salariés, entre jeunes et vieux.
4ème principe : une loi juste est une loi qui affirme le principe même de répartition comme mise en commun de l’argent du travail. Passer du système actuel de répartition à un système de capitalisation, c’est ce que vise ce gouvernement. L’État soutirera encore des cotisations pour donner aux banques et aux financiers les épargnes de notre travail qu’ils joueront dans le grand casino boursier.
Nous le réaffirmons : une loi se supprime (le retrait du CPE a été gagné par la lutte, alors même que la loi avait été votée et promulguée). Il y a des lois mauvaises pour un pays : ce n’est pas vrai que « la loi, c’est la loi » ! Ne nous laissons pas organiser et diriger ni par les échéances parlementaires et électorales, ni par les agitations frénétiques du gouvernement, ni par les stratégies des syndicats : il n’y a rien à négocier !
Les grèves, les manifestations, les blocages redisposent un temps propre où chacun trouve en lui les ressources et le courage dont il est capable. La grève est un moyen d’action, mais pas le seul ; dans les manifestations, donnons à voir et à entendre ce que l’on ne veut pas, mais aussi ce que l’on veut. Que chacun, salariés, étudiants, chômeurs, ouvriers sans papiers, sorte de son isolement et se retrouve autour de multiples moyens de lutte :
- Créer des lieux de réunions au travail : prenons le temps de parler et de réfléchir ensemble ;
- Arrêter le travail de façon brève et régulière ;
- Créer de réseaux d’échanges des informations, des idées, des rendez-vous, pour se mettre au courant des nouvelles initiatives, etc. …
La situation du pays est extrêmement tendue. L’Etat a peur et a mis en place un système d’intimidation et de répression sans précédent. Ne cédons pas à la peur et tenons bon sur la réflexion calme et les actions réfléchies, car cet Etat souhaite un peuple qui ne pense pas. La véritable violence est celle de la pensée.
Ne cédons pas sur ces principes :
1) Retrait total de la loi de 2010 sur les retraites.
2) Le travail ouvre des droits : re-définissons-les ensemble, pour tous.
3) Maintien du principe de répartition et recherches d’un système de retraites véritablement juste et plus égalitaire, qui n’oublie personne.
Collectif Octobre 2010
Pour nous joindre : octobre.2010@yahoo.fr
