Qui vive ?  Le communisme !

 

 

« une question intimidante, une question que personne encore au monde n’a pu jamais laisser sans réponse, jusqu’à son dernier souffle : Qui vive ?… » Julien Gracq

 

«  La fin de l’histoire de l’égoïsme absolu marquera la délivrance vers le communisme, [… cet ] idéal politico-social d’un organisme commun à tous dans l’avenir. » Richard Wagner (1849-1871)

« Je pense toujours à l’avenir communiste. […] En un sens, je suis communiste. » Gerard Manley Hopkins (1871)

« Il a existé des communes et des communistes de tout temps ; il en existera toujours. » John Steinbeck (1936)

« Je suis communiste par sympathie et conviction. Je suis, de toute certitude, pour un communisme intelligent. »  James Agee (1939)

« Il m’intéresserait de voir éclore et s’épanouir la variété africaine du communisme. Il nous proposerait sans doute des variantes utiles, précieuses, originales de la doctrine. » Aimé Césaire (1956)

« Commun, du lat. communis, adj., se dit de toute chose à laquelle chacun peut participer : exemple : la Commune de Paris » (Paris, 1971)

« Le communisme est le contraire exact d’une utopie, il est le vrai nom du réel comme impossible. » Alain Badiou (2011)

« Si on veut être un intellectuel aujourd’hui, on ne peut pas ne pas être communiste. » Bernard Sobel (2011)

 

Bulletin hebdomadaire sur l’actualité politique

diffusé le dimanche soir (pour s’inscrire, expédier “subscribe” à “2009_request@egalite68.fr”)

Rédaction : François Nicolas [ƒNi]

 


 

Numéro 7 : 16 octobre 2011

 

(fichier format pdf à télécharger : http://www.egalite68.fr/Qui-vive/7.pdf)

 

 

« L’affaire du communisme est le monde entier. […] Nous parlons au nom de l’humanité toute entière, étant d’elle la partie qui représente non pas ses intérêts particuliers mais ceux de l’humanité toute entière. » Bertolt Brecht (1932)

 

Sommaire :

Égypte.............................................................................................................................................. 3

Sur les récents affrontements liés aux coptes…............................................................................... 3

Tunisie.............................................................................................................................................. 8

Instrumentation occidentale de l’islamophobie…........................................................................... 8

Palestine/Israël............................................................................................................................... 11

1 Israélien = 1000 Palestiniens ?................................................................................................... 11

Une caricature….......................................................................................................................... 11

Cameroun....................................................................................................................................... 12

Deux livres................................................................................................................................... 12

Etats-Unis....................................................................................................................................... 13

Les indignés…............................................................................................................................. 13

Grèce.............................................................................................................................................. 16

Des témoignages…....................................................................................................................... 16

La France d’aujourd’hui !............................................................................................................. 20

Santé…........................................................................................................................................ 20

Analyse du capitalisme................................................................................................................... 22

Grèce…........................................................................................................................................ 22

Crise de la dette............................................................................................................................ 23

Mémoire du communisme............................................................................................................... 25

Bertolt Brecht............................................................................................................................... 25

Comme l’Ancien et le Nouveau Testaments, le Coran donne à penser…...................................... 26

La sourate 56 L’événement........................................................................................................... 26

« Esquisse du communisme (les singularités de sa dialectique égalité/liberté) » (suite)................... 27

II.2 Notion mathématique de quotient.......................................................................................... 27

*******

Égypte

Sur les récents affrontements liés aux coptes…

Comme en Tunisie – voir prochaine rubrique -, les provocations du pouvoir se multiplient…

Le point de vue de Sylvie Nony

http://snony.wordpress.com/2011/10/13/conflits-interconfessionnels

conflits interconfessionnels ?

13 octobre 2011

par snony

 

Les récents événements en Égypte sont à la fois consternants et inquiétants. Deux sentiments palpables parmi la population qui « encaisse » ce nouveau coup porté à l’espoir qu’avait soulevé la révolution de construire un pays plus juste. Le traitement médiatique et politique de ce que certains refusent d’appeler « événements » ajoute à la colère des égyptiens les plus engagés dans le processus issu du 25 janvier. Mais il provoque aussi résignation et peur pour la grande majorité de leurs concitoyens.

La manifestation qui est partie de Shubra dimanche 9 vers 16h était une manifestation pacifique qui rassemblait des chrétiens mais aussi quelques musulmans, protestants contre les récents événements qui, en Haute-Egypte (Asswan, Edfu…) avaient conduit à des agressions sectaires contre des chrétiens voire à l’incendie d’une église. Les jeunes de la « coalition Maspéro » pointaient du doigt l’étrange laisser-faire de l’armée dont le Conseil Suprême a certes plusieurs fois promis des reconstruction d’églises mais dont les officiers assistent souvent impassibles aux exactions et aux provocations d’extrémistes musulmans. Voilà pourquoi les jeunes coptes revenaient sur ce lieu qu’ils avaient investi au printemps dernier, à la suite de l’attaque de l’église d’Imbaba, et où ils avaient fondé leur organisation (voir précédent post).

image des combats trouvée sur le net

Mais ce ne sont pas des contre-manifestants salafistes qu’ont rencontrés les coptes dimanche soir. Ce sont des policiers en tenue, des militaires et des policiers en civil (en tout cas c’est ainsi que certains se présentaient), qui côtoyaient ce qu’il est convenu d’appeler ici des baltaguiyas (des hommes de main) dans des petits groupes de « manifestants anti-chrétiens ». Plusieurs témoignages dans la presse, à la radio, et sur les réseaux sociaux, montrent que les liens entre les officiers de l’armée présents et ces « manifestants spontanés » sont assez troublants.

Les autopsies des corps des 25 victimes connues à ce jour ont montré des marques d’une violence inouïe, des véhicules blindés ayant été utilisés pour écraser certaines victimes, et des passages à tabac collectifs ayant été menés sur les autres. Le niveau de violence qui régnait dans les environs, entre le bâtiment de la télévision nationale (Maspéro) et la place Abd el-Monim Reyad (au niveau du musée) apparaît dans le témoignage de Hani Bishra en ligne sur Facebook.

Le mot selmiya (pacifique) est orné d'une cible

En partant du musée et en se dirigeant vers Maspéro, celui-ci s’est retrouvé face à des jets de pierre qui provenaient d’un groupe de soldats et de civils situés devant l’hotel Ramses Hilton. En revenant en arrière il est arrêté par une personne qui, après lui avoir fait avouer sa confession, a appelé d’autres « civils » à la rescousse en se vantant d’avoir choppé chrétien. Une trentaine de ces civils a fini par l’entourer, certains le frappant à la tête, alors qu’il se débattait pour réclamer le téléphone qu’on lui avait pris, et pour retourner vers le cordon de police qu’il venait de franchir. Bousculé, traité de « chien de chrétien » (kalb nossrani), il a fini par atteindre un officier à qui il a demandé protection en montrant son passeport américain. L’homme en civil qui l’avait interpellé s’est avéré être un policier dont Hani a pu étudier la mission pendant le couple d’heures qu’il a passé, bloqué derrière un rang de la Sécurité Centrale (amn al-markasi). Son rôle était de coordonner les différents groupes de « manifestants spontanés », qu’il invitait à s’engager dans les rues aux alentours, chantant « Chrétiens, où êtes-vous. L’islam est là ! ». Sous la protection de deux jeunes policiers plus avenants, il a pu observer un hall d’immeuble où quatre corps baignaient dans leur sang et apprendre que ceux-ci avaient été tués par l’armée mais que les corps étaient en trop mauvais état pour être transportés. Il a aussi pu entendre l’ordre donné aux policiers d’utiliser les balles réelles.

De nombreux autres témoignages pointent la responsabilité directe de l’armée et de la police dans ces massacres comme celui de cet avocat, en anglais dans le Masry al-Youm, ou sur les différents sites (par exemple n4hr.com ou yamazaj). Les informations qu’ils contiennent sont connues au plus haut niveau puisque c’est le motif à peine voilé de la démission du ministre (copte) des finances, Hazem al-Biblawy, démission qui lui a été refusée sans que l’on sache bien ce qu’un tel refus entraîne.

La version officielle des « événements » a d’abord été celle que les medias gouvernementaux ont tissé tout au long de la soirée du 9 : « les coptes ont attaqué l’armée devant Maspéro, il y a déjà 4 morts parmi les soldats ». Ces informations n’ont pas manqué d’attiser les haines et de provoquer des participations volontaires aux regroupements « anti-chrétiens » de la soirée. Les TV privées ont, quant à elles, reçu une visite opportune de l’armée leur interdisant de traiter l’affaire, ce qui montre au passage que ce qui s’est passé ne relève pas d’un « dérapage des forces de l’ordre » mais bien d’une organisation préméditée.

Non aux tribunaux militaires pour les civils

Le scénario est en de nombreux points ressemblant à celui de l’attaque contre l’ambassade d’Israël début septembre (voir précédent post), à celui du quartier Abbasseya cet été. Voilà pourquoi le traitement de ces événements est particulièrement important. Laisser entendre, comme l’ont fait quelques media étrangers, que l’attaque de l’ambassade d’Israël était une manifestation spontanée de la haine des égyptiens envers ce pays c’est passer sous silence les hordes de voyous à la solde de l’ancien régime qui avaient été commanditées pour cette opération : le reportage de France 2 sur cette attaque par exemple, montrait nettement l’inaction de l’armée et de la police pendant la destruction du mur de protection de cette annexe de l’ambassade.

De même laisser entendre que les événements de Maspéro se résument à des combats chrétiens/salafistes comme le suggère le reportage de France Inter de mardi dernier (en ligne ici), ou le papier dans l’Humanité du même jour (en ligne là) trahit un regard particulier sur les évolutions des sociétés arabes, lues en permanence à travers le prisme de la peur de l’islam radical. Alors que de nombreuses analyses produites depuis le surgissement des « révolutions arabes » ont pointé l’aveuglement qui a amené les diplomaties occidentales à soutenir si longtemps les dictatures en place, pour « éviter la prise de pouvoir du fondamentalisme religieux », on continue à produire des analyses qui confortent les contre-révolutions actuelles et les reprises en main autoritaires.

Manifestation devant la cour suprême de justice le 4/10/11:

"Les aiguilles de la montre ne reviennent pas en arrière. Il faut purger (l'ancien régime) de suite."

Il ne s’agit pas de nier que le fondamentalisme islamique est un danger. Il suffit de se promener dans les rues du Caire pour s’en rendre compte. Il s’agit d’être lucide sur la manière dont l’existence de ce mouvement est en permanence instrumentalisée pour mater le peuple et réprimer ses aspirations à davantage de liberté. C’était le cas avant la révolution puisque le procès en cours de l’ex-ministre de l’intérieur Adly a largement montré sa responsabilité dans la pseudo « attaque d’al-Qaïda » de l’église d’Alexandrie l’an dernier. C’est le cas aujourd’hui encore. La recette est toujours la même.

Que les media égyptiens (et encore pas tous) évitent les attaques frontales avec un pouvoir qui traduit devant des tribunaux spéciaux bloggueurs et journalistes, cela peut se comprendre. On comprend du même coup pourquoi la version officielle des événements est admise aujourd’hui par tant d’égyptiens. Mais les jeunes de la révolution ne l’entendent pas de cette oreille. L’image, un brin naïve, de l’armée qu’ils s’étaient forgée depuis le 25 janvier est sérieusement entamée (c’est un euphémisme). Sur les réseaux sociaux circule le mot d’ordre : « Dis : “le carnage de Maspéro” ; ne dis pas “les événements de Maspéro” »

Malgré tous les risques qu’ils encourent, de nombreux activistes dénoncent publiquement le rôle qu’a joué l’armée dans ce carnage (voir la page Facebook en arabe du syndicat indépendant des enseignants). Celle-ci a présenté ses excuses et ordonné la formation d’une commission d’enquête. Mais suffira-t-il de crier d’une seule voix « chrétiens, musulmans une seule main » dans les prochains rassemblements pour reconstruire une unité nationale ? Rien n’est moins sûr et on voit mal comment cette nation pourra poursuivre sa reconstruction démocratique si ceux qui en ont la charge provisoire, sont prêts au pire pour conserver le pouvoir.

PS : les graffitis qui illustrent cet article ont fleuri sur les murs du centre ville depuis plusieurs semaines déjà.

Le point de vue d’Alain Gresh

Egypte, sanglante répression contre les coptes

 

lundi 10 octobre 2011, par Alain Gresh

http://blog.mondediplo.net/2011-10-10-Egypte-sanglante-repression-contre-les-coptes

 

Le premier ministre égyptien Essam Charaf a affirmé que « la nation est en danger » après les affrontements qui ont fait au moins trente-cinq morts dans la soirée de dimanche et dont les victimes principales ont été les coptes. « Ces événements nous ont fait revenir en arrière (...) au lieu d’aller de l’avant pour construire un Etat moderne sur des bases démocratiques saines. (...) La chose la plus dangereuse qui puisse menacer la sécurité de la nation, c’est de jouer avec la question de l’unité nationale et de provoquer la sédition entre chrétiens et musulmans (...), et aussi entre le peuple et l’armée. » Le gouvernement devait se réunir d’urgence et le cheikh d’Al-Azhar a appelé au dialogue interreligieux. Les militaires ont demandé au gouvernement de créer une commission d’enquête.

C’est l’épisode le plus sanglant survenu en Égypte depuis le renversement du président Moubarak, en février dernier. A l’origine de ces incidents, l’incendie d’une église à Assouan, en Haute-Egypte, le vendredi 30 septembre. Cet incendie est intervenu après des déclarations du gouverneur Mostafa el-Sayyed selon lesquelles l’édifice aurait été construit sans avoir obtenu l’approbation des autorités. Après quelques jours d’affrontements à Assouan, les coptes ont décidé de manifester au Caire le dimanche 10 octobre.

Tous les témoignages publiés par la presse confirment que ce sont des manifestants pacifiques qui ont été attaqués, d’abord par des bandes armées et ensuite par les forces armées elles-mêmes. Sarah Carr, dans le quotidien Al-Masry Al-Youm (« A firsthand account : Marching from Shubra to deaths at Maspiro »), raconte comment les manifestants, au nombre de dix mille, sont partis du quartier populaire de Choubrah (au Caire). Ils ont été attaqués à coups de pierres par des éléments non identifiés, avant d’atteindre le centre de la capitale et l’immeuble Maspiro, qui abrite la radio-télévision, à quelques centaines de mètres de la place Tahrir. C’est là qu’ils ont été attaqués par des soldats montés sur deux véhicules blindés, attaque qui fera de nombreux morts. Pendant ce temps, la télévision d’Etat diffuse des informations selon lesquelles les coptes auraient volé des armes et tiré sur l’armée ; elle affirme qu’ils sont manipulés par l’étranger.

On peut noter que la chaîne Al-Jazira a développé le même type d’arguments et a soutenu la propagande des militaires : lire Angry Arab (10 octobre).

Ce compte-rendu est confirmé par les correspondants d’Ahram Online (« Protest against persecution of Copts in Egypt attacked with bloody force »). Le rôle de groupes non identifiés pour réprimer les manifestants fait craindre le pire, dans la mesure où ces mêmes groupes ont servi le régime Moubarak durant les journées de la révolution.

Selon le correspondant du New York Times David Kirkpatrick (« Church Protests in Cairo Turn Deadly »), un certain nombre de musulmans sont venus au secours des chrétiens.

Le ministre de l’information a déclaré le 11 octobre qu’il n’y avait pas de preuve que les manifestants aient attaqué l’armée. Il a aussi critiqué la couverture des événements par la télévision d’Etat (« Information Minister : We are not sure army soldiers were attacked by protesters », Al-Masry Al-Youm). Un changement complet de la télévision d’Etat reste l’un des objectifs importants de la révolution.

Beaucoup récusent une lecture purement confessionnelle des incidents (lire Rudolf El-Kareh, « Multiples visages des chrétiens d’Orient »), mais y voient la confirmation que le Conseil supérieur des forces armées (CSFA), qui assume le pouvoir, veut maintenir l’ancien régime et utilise tous les moyens contre toute forme de contestation, que ce soit celle des coptes, les grèves ouvrières ou les manifestations de défense des droits humains. S’il est vrai que l’autoritarisme du CSFA n’est plus à démontrer, il paraît pourtant peu probable qu’il veuille se maintenir au pouvoir. Les élections débuteront à la fin novembre, et le CSFA a dû tenir compte de la demande des forces politiques sur la loi électorale, étendre l’interdiction faite aux membres de l’ancien parti au pouvoir de se présenter aux élections, etc.

Notons aussi les avancées du mouvement démocratique : dissolution du parti unique, mise sous tutelle du syndicat officiel, création de syndicats libres, élections à la tête des universités, procès d’anciens responsables, etc.

Mais il est vrai que la longueur de la transition (le dernier tour des élections législatives aura lieu en janvier ; il sera suivi par le scrutin pour le majliss al-choura (le Sénat) et le Parlement ne se réunira qu’en mars) favorise toutes les instabilités, ainsi que les manœuvres des tenants de l’ancien régime.

Les réactions des Frères musulmans égyptiens et de leur parti ont été plus que prudentes : ils s’en sont tenus à des généralités et à la présentation de condoléances (« MB Extends Condolences to Egyptians over Maspero Killings »).

Tunisie

Instrumentation occidentale de l’islamophobie…

mardi 11 octobre 2011

Quand la TAP diffuse des fausses informations (affaire de l'attaque des présumés Salafistes à la faculté de Sousse, Nessma TV etc)

http://latunisiecestcommea.blogspot.com

 

 

Voilà que la TAP, notre agence de presse nationale se met à diffuser des informations inexactes et tendancieuses à 15 jours des élections de l'Assemblée Constituante concernant les troubles qui agitent le pays en rapport avec les attaques de présumés Salafistes. Étant donné que j'ai vécu, au moins une fois les faits en direct, je vais mettre mon grain de sel dans l'histoire peut-être que ça aidera à voir toute cette affaire avec plus d'objectivité, en tous les cas j'apporte ici mon point de vue et un témoignage.

Tout le monde en a entendu parler de ces attaques répétées des présumés Salafistes, contre la fac de Sousse parce qu'un doyen a refusé l'inscription d'une étudiante en nikab puis contre le siège de Nessma TV dimanche dernier suite à la projection du film Persépolis; entre temps il y a eu également la marche de femmes à l'Ariana (le samedi 08) qui ont défilé en habit traditionnels pour protester contre le nikab, j'y étais. Après l'annonce de la 1ère attaque contre la fac de Sousse je me suis bien sûr indignée comme beaucoup de Tunisiens et surtout de Tunisiennes, indignée et inquiétée contre ces fous de la religion pour enfin finir par comprendre, dans un deuxième temps, que derrière ces attaques il n'y avait pas des Salafistes ou des intégristes mais des gens qui nous manipulent ou du moins essayent pour nous faire peur et empêcher que les gens votent pour Ennahdha le 23 octobre. Et ma conclusion repose sur l'observation de plusieurs faits, à commencer par celui-ci que je trouve assez grave: en rapport avec ces évènements, la TAP a diffusé des informations inexactes.

Pour en revenir à la marche organisée par les femmes qui a été largement médiatisée pas seulement sur Facebook mais même à la radio, ce devait être une grande manifestation (nous devions parait-il être 800 personnes); mais comme le Tunisien est imprévisible par nature, nous nous sommes retrouvées à n'être qu'une vingtaine de personnes. Là dessus, j'ai entendu à la radio puis j'ai lu sur le site de la TAP que nous étions 200!!! (article paru dans rubrique Régions du samedi 8 octobre). Je peux donc dire et témoigner que cette info est largement amplifiée et donc inexacte. Tout ce que je sais des 2 autres affaires (fac de Sousse et Nessma TV) je l'ai lu ou entendu dans les médias et sur Internet et là aussi j'ai fini par remarquer une énorme exagération entre les faits réels  et ce qui en a été rapporté par les médias officiels (1 vidéo postée par des citoyens ne montre aucune attaque contre Nessma mais des grandes discussions devant son siège entre quelques dizaines de manifestants et des policiers; je me suis rendue sur place le lendemain et quelques personnes m'ont dit qu'il y a eu rassemblement mais sans grabuge; pas d'attaque sauvage donc comme l'a déclaré N. Karoui qui a sans doute pris ses hallucinations pour des réalités.)

Alors, voilà que ça recommence! A nouveau, comme au bon vieux temps de ZABA, le gouvernement agite l'épouvantail Islamiste pour faire peur au peuple tunisien et aussi pendant qu'il y est à l'Occident dont les médias, soit dit en passant, se sont précipités sur ces nouvelles surtout concernant l'affaire Nessma et le film Persépolis (diffusé comme par hasard un vendredi, si avec ça la provocation n'était pas évidente!), les yeux bien fermés mais c'est normal cela convient tout à fait à la vision qu'ils peuvent avoir de notre société (je viens de lire que même le gouvernement français y a été de son indignation et de sa condamnation de ces actes pour défendre la liberté d'expression, comme quoi le ridicule ne tue pas, merci Sarko!). Bref, nous voilà à nouveau bien manipulés par ceux qui sont provisoirement au pouvoir et qui comptent bien y rester longtemps encore et je trouve cela absolument révoltant (mais je ne suis pas la seule); nous voilà à nouveau infantilisés, "débilisés", réduits à l'état d'imbéciles heureux ou pas qui ne sont pas capables de penser ou d'agir de façon sensée et réfléchie. Je suis absolument convaincue d'une collusion entre le gouvernement actuel et certains partis qui non seulement ont peur de Ennahdha mais aussi des listes indépendantes car celles ci échappent à leur contrôle. Alors ma conclusion toute personnelle est celle ci: puisque c'est comme ça, je voterai pour 1 liste indépendante et tant pis si cette liste ne passe pas ce qui aura pour conséquence que mon vote perdu sera un de moins contre Ennahdha.

Je rajoute cette remarque pour inviter encore à bien réfléchir à toutes ces histoires: la marche des femmes tout comme l'arrestation massive de présumés Salafistes en bas du Campus ont été couvertes par les médias car à chaque fois la télé étaient là pour filmer l'évènement.

 

 

- Culture et politique arabes - http://cpa.hypotheses.org

Tunisie : les “salafistes” à l’attaque de Nessma TV

Posté par Yves Gonzalez-Quijano Le 11 octobre 2011

http://cpa.hypotheses.org/2991

 

Provocations salafistes en Tunisie (Le Figaro) – Tunisie : vent de haine contre Persepolis (Europe 1)Des salafistes tentent de brûler une chaîne de télévision (La Dépêche) – Des salafistes attaquent le siège de Nessma TV en Tunisie (RFI) – Des islamistes s’attaquent à la télé après la diffusion de«Persepolis» (Le Parisien) – Des salafistes s’en prennent à une chaîne de télévision (France-Soir) – Une chaîne tunisienne attaquée par des islamistes pour avoir diffusé Persepolis (Le Monde) – Des islamistes déchaînés contre le film Persepolis à Tunis (Radio Canada) – Des islamistes radicaux contre la diffusion de “Persepolis” et l’interdiction du niqab dans des universités (Le Nouvel Observateur) – Offensive islamiste contre une télévision et une université (TF1)

Cette rapide sélection de titres donne le ton : Tremblez ! Les hordes islamistes déferlent ! Protégez « nos » médias ! La Tunisie – dont il est clair qu’elle est implicitement fragilisée par la révolution – est en proie à la violence des extrémistes de l’islam politique. Une violence d’autant plus effroyable qu’elle se déchaîne contre un innocent dessin animé. Racontée ainsi, cette histoire, qui ajoute de l’eau au moulin (à prières ?) de l’islam-qui-nous-fait-si-peur mérite d’être replacée dans son contexte, et prolongée par quelques informations.

Nessma TV, la cible des manifestants tunisiens en question, ce n’est pas juste « la télé », comme le dit le titre du Parisien. Créée avec la bénédiction du président Ben Ali, cette chaîne privée était financée, lors de son inauguration en août 2009, par deux publicitaires tunisiens, les frères Karoui (promoteurs de la Star Ac’ Maghreb), associés à deux autres investisseurs,Tarek Ben Ammar (producteur, PDG de la société Quinta Communications), à égalité avec… Mediaset, la société de Silvio Berlusconi ! En réalité, le montage est encore plus compliqué, et la présence du cavaliere plus importante que ne le montrent les seules apparences (pour plus de détails, voir cet article sur le site Babelnet). Ce malodorant mélange des genres entre médias et politique – Al-hamdu lillah ! ce n’est pas en France qu’on verrait ça! – explique sans doute que Nessma – la brise parfumée en arabe – ait bénéficié d’une apparition exclusive dans ses studios de la secrétaire d’Etat des USA, Hillary Clinton, lors de son passage en Tunisie, quelques temps après la révolution (article dans Al-Hayat).

Depuis son lancement, Nessma joue la carte de la provocation : débats corsés (à l’italienne ?) sur les questions de sexualité et surtout programmation de séries toutes plus brûlantes les unes que les autres, avec notamment un très controversé biopic sur Saddam Hussein réalisé par la BBC (pays ayant tout de même contribué militairement à la chute du personnage-titre interprété, délicate attention, par un acteur israélien !) ; mais aussi des séries iraniennes qui ont pour particularité de soulever la très épineuse question de la représentation prophétique ; et dans la même lignée, pour le dernier ramadan, le très polémique Hassan, Hussein et Moawiyya, un feuilleton historique sur la grande fitna, les origines du « schisme » entre musulmans sunnites et chiites.

Lorsque Nessma TV choisit de programmer Persepolis, ce n’est donc pas exactement innocent. Au Liban, qui n’est pas le pire endroit de la région pour ce qui est de la censure, sa projection, en mars 2008, n’a été possible qu’après la mobilisation des milieux intellectuels et d’une partie de la scène politique. Le proposer en Tunisie, à quelques jours d’élections particulièrement importantes, relève assez clairement de la provocation vis-à-vis des différents partis qui se réclament de l’islam politique. L’allusion aux dérives inquiétantes d’un pays soumis à la dictature des religieux est assez transparente…

Passe encore que Nessma TV fasse feu de tout bois pour défendre ses opinions et mette dans le même sac islam chiite de la révolution religieuse de Téhéran et programmes des multiples partis religieux qui se présentent aux élections. Mais en prime, si l’on ose dire, Persepolis a de quoi heurter les sensibilités des fidèles en proposant une représentation figurée de Dieu, une question particulièrement sensible dans l’islam sunnite comme on le sait (voir l’onglet « images » et en particulier ici, et encore ). Enfin, et peut-être au risque de surinterpréter les choses, on remarque également que le film de Marjane Satrapi a été doublé en (dialecte) tunisien, un choix linguistique qui n’est pas forcément sans importance quand on sait que les partisans de l’islam politique sont aussi, souvent, des défenseurs acharnés de l’arabe dit « classique » (appelé parfois aussi « coranique » par allusion à la langue employée dans le livre révélé des musulmans). Proposer cette critique sans concessions de la dictature des mollahs traduite dans cette “mauvaise” langue qu’est le dialecte tunisien, c’est vraiment agiter le chiffon rouge !…

Même si Ennahda, le principal parti « islamiste » tunisien – en tête d’après les sondages – a fort politiquement condamné cette attaque qualifiée d’« acte isolé », à l’évidence les salafistes-/islamistes-radicaux-déchaînés-tentant-de-brûler-la-télé-après-l’interdiction-du-niqab-dans-les-universités n’ont pas manqué de tomber dans le panneau. Et d’autant plus qu’on leur a peut-être donné un petit coup de main. En effet, l’excellent Webdo tunisien met en évidence, photos à l’appui, la présence d’un même « militant » (au moins) durant divers affrontements, à Sousse  puis à Tunis (distante de 150 km environ). Sur la tête du Prophète, on pourrait même le confondre (c’est lui, en gris, avec une casquette) avec un provocateur, car il a l’air de très bien s’entendre avec des forces dites de sécurité qu’on a vu moins débonnaires en d’autres occasions…

La « grande » presse internationale, tellement  empressée  à relater l’attaque des « salafistes » tunisiens, se fera-t-elle l’écho de cette petite trouvaille de leur confrère tunisien (disponible en ligne, et en français) ? Cela jette tout de même un éclairage intéressant sur une « attaque » (bien entendu condamnable) qui, malgré tout, n’a guère réuni que quelques centaines de personnes et suscité bien plus de commentaires de violences !

Palestine/Israël

1 Israélien = 1000 Palestiniens ?

Une prise de position qui s'impose…

Gilad Shalit et 1 027 autres êtres humains

mercredi 12 octobre 2011, par Alain Gresh

Le soldat israélien Gilad Shalit va être libéré après une longue captivité. On ne peut que s’en réjouir pour lui, pour sa famille, pour ses proches. Et oublier, pour un instant, qu’il est membre d’une armée d’occupation. Et que personne ne semble s’interroger sur le problème de ces soldats de double nationalité, européenne et israélienne, qui opèrent dans les territoires occupés et violent ainsi le droit international. Quand l’Union européenne décidera-t-elle que de tels agissements sont passibles des tribunaux ?

Selon une dépêche de l’AFP, Nicolas Sarkozy « se réjouit très vivement de l’annonce d’un accord qui doit conduire à la libération de Gilad Shalit », et a félicité Benyamin Netanyahou pour ce « succès majeur ». On est sûr que BHL fera de même.

En échange, si l’on peut dire, 1 027 Palestiniens, dont 27 femmes, seront libérés. Qui sont-ils ? Comment réagit leur famille ? Vous n’en saurez rien, ou pas grand-chose, en lisant la presse occidentale. C’est un magma sans visage, un sous-groupe des 6 000 Palestiniens toujours en détention dans les prisons israéliennes, dont 280 mineurs (34 ayant moins de 15 ans) – voir comment Israël déclare coupables tous les enfants qu’il arrête –, et 22 membres du Parlement. Certains sont des prisonniers « administratifs », c’est-à-dire détenus sans jugement ; d’autres sont passés par le système judiciaire israélien, dont tous les rapports internationaux confirment qu’il est tout sauf juste, que les détenus sont souvent maltraités, que les preuves de leur culpabilité sont faibles, voire inexistantes. Des dizaines d’entre eux sont à l’heure actuelle en grève de la faim. Et eux, ils n’ont pas de famille ? pas de proches ? Non : ils ne sont qu’un chiffre. Ce sont des Arabes, des colonisés sans visage.

Nicolas Sarkozy fera-t-il autant d’efforts pour obtenir la libération du franco-palestinien Salah Hamouri ? Ou de Marwan Barghouti, dont le seul crime est d’être un nationaliste palestinien ?

Une caricature…

                       … extraite de la Presse marocaine …

Cameroun

Deux livres

Le Monde (10 octobre 2011)

Une sale guerre oubliée

 

Certains " trous de mémoire " de l'histoire de France sont en cours de résorption. L'amnésie sur la véritable guerre coloniale que mena la France au Cameroun entre 1955 et 1960 demeure totale. Kamerun !, un livre, documenté, passionnant jusqu'à l'ahurissement, vient la rompre à point nommé.

Le 9 octobre, les Camerounais ont voté lors d'une présidentielle dont l'issue - la réélection de Paul Biya, autocrate "ami de la France" au pouvoir depuis vingt-neuf ans - ne fait guère de doute. Or les auteurs de Kamerun ! - nom donné à l'époque coloniale par les nationalistes au pays, ex-colonie allemande partagée entre Français et Britanniques en 1918 puis placée sous tutelle de l'ONU en 1945 - montrent de façon convaincante que les méthodes de répression en vigueur aujourd'hui sont les directes héritières de celles, d'une terrifiante brutalité, qui furent utilisées par l'armée française pour réduire à néant l'Union des populations du Cameroun (UPC), le parti indépendantiste, et l'insurrection des populations bamiléké.

"Si les "forces de l'ordre" sont choyées, expliquent-ils, c'est que le régime Biya n'a jamais rompu avec le système de soumission et de terreur instauré au temps de son prédécesseur - Ahmadou Ahidjo formé à l'école coloniale française."

Humiliée en Indochine en 1954, l'armée française exporta immédiatement ses techniques de "guerre contre-révolutionnaire" au Cameroun. Bombardements, torture, exécutions sommaires, décapitations pour l'exemple : la guerre oubliée du Cameroun fut, sur le terrain, à l'image de celle d'Algérie. Mais le petit nombre de colons français, l'absence de conscrits et l'ombre portée du conflit algérien firent que cette "sale guerre"-là fut menée quasiment à huis clos. En déléguant à des autochtones la répression au niveau local, la France transforma pourtant un conflit colonial en guerre civile, dont les feux n'ont jamais vraiment été éteints.

A la différence de l'Algérie, ce fut une guerre "gagnée", au sens où la France assassina les leaders indépendantistes et installa au pouvoir les militaires camerounais qu'elle avait recrutés pour les combattre. Dignes de mauvais romans de guerre et d'espionnage, les meurtres des responsables de l'UPC, Ruben Um Nyobè et Félix Moumié, sont racontés de façon saisissante grâce à des archives inédites.

Refoulement

Mais il ne s'agit pas seulement d'Histoire : le livre montre que le Cameroun indépendant s'est construit sur un refoulement absolu de ces événements. Même les cadavres, pourtant savamment exposés à des fins pédagogiques par le colonisateur, sont censés ne pas avoir existé. Cette mystification de l'Histoire produit des conséquences contradictoires. Effacée de force des mémoires, la guerre franco-camerounaise des années 1950 a vu son bilan exagéré par des militants désireux de briser le silence, au risque d'invalider leur récit. Imprécis mais étayé, l'inventaire qu'établissent les auteurs - "plusieurs dizaines - voire plusieurs centaines - de milliers" de morts - est pourtant déjà accablant.

Et il ne faut pas compter sur le pouvoir actuel, concentré sur sa survie politique, pour regarder en face cette histoire tourmentée. C'est tout au moins l'avis de Fanny Pigeaud. Dans son livre au vitriol, Au Cameroun de Paul Biya, la journaliste décrit un régime finissant qui "hypothèque chaque jour un peu plus les chances du pays de changer de direction ". "Si sous Ahidjo, écrit-elle, la pensée dissidente était réprimée, il ne semble même plus y avoir de pensée du tout après trente années de régime Biya, ce dernier ayant peu à peu dévalorisé la connaissance et l'intelligence."

Philippe Bernard et Christophe Châtelot

 

Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique. 1948-1971

Thomas Deltombe, Manuel Domergue, Jacob Tatsitsa

La Découverte, 742 p., 25 ¤

Au Cameroun de Paul Biya

Fanny Pigeaud

Karthala, 276 p., 24 ¤

Etats-Unis

Les indignés…

Intervention de Zizek…

 

Slavoj Zizek speaks at Occupy Wall Street, 9 octobre

http://www.youtube.com/watch?v=oEUZNfOtPlE

http://carlygsdrafts.wordpress.com/2011/10/10/slavoj-zizeks-speech-at-liberty-square

 


 
[...] “[They are saying] we are all losers, but the true losers are down there on Wall Street. They were bailed out by billions of our money. We are called socialists, but here there is already socialism — for the rich. They say we don’t respect private property. But in the 2008 financial crash-down more hard-earned private property was destroyed than if all of us here were to be destroying it night and day for weeks. They tell you we are dreamers; the true dreamers are those who think things can go on indefinitely the way they are. We are not dreamers; we are the awakening from the dream that is turning into a nightmare. We are not destroying anything; we are only witnessing how the system is destroying itself. We all know [inaudible] from cartoons. The cat reaches a precipice, but it goes on walking, ignoring the fact that there is nothing beneath its ground. Only when it looks down and notices it he falls down. This is what we are doing here. We are telling the guys there on Wall Street, ‘Hey! Look down!’

[inaudible] “… In 2011, the Chinese government prohibited on TV, film, and in novels all stories that [inaudible -- something about portraying "alternate realities or time travel"]. This is a good sign for China; it means people still dream about alternatives, so attacked and prohibited is dreaming. Here we don’t think of prohibition because [inaudible -- "history"?] has even oppressed our capacity to dream. Look at the movies that we see all the time. It’s easy to imagine the end of the world — an asteroid destroying all of life, and so on — but we cannot imagine the end of capitalism. So what are we doing here? Let me tell you a wonderful old joke from Communist times. A guy was sent to work in East Germany from Siberia. He knew his mail would be read by censors, so he told his friends, ‘Let’s establish a code. If a letter you get from me is written in blue ink, it is true what I say; if it is written in red ink, it is false.’ After a month, his friends get a first letter. Everything is in blue. It says, this letter: ‘Everything is wonderful here. The stores are full of good food, movie theatres show good films from the West, apartments are large and luxurious. The only thing you cannot find is red ink.’ This is how we live. We have all the freedoms we want, but what we are missing is red ink: the language to articulate our non-freedom. The way we are taught to speak about freedom, ‘war on terror,’ and so on, falsifies freedom. And this is what you are doing here: You are giving all of us red ink.

“There is a danger: Don’t fall in love with yourselves. We have a nice time here. But remember: Carnivals come cheap. What matters is the day after when we will have to return to normal life. Will there be any changes then? I don’t want you to remember these days, you know, like, ‘Oh, we were young, it was beautiful…’ Remember that our basic message is, ‘We are allowed to think about alternatives.’ A taboo is broken. We do not live in the best possible world. But there is a long road ahead. There are truly difficult questions that confront us. We know what we do not want, but what do we want? What social organization can replace capitalism? What type of new leaders do we want? Remember: The problem is not corruption or greed; the problem is the system which pushes you to be corrupt. Beware not only of the enemies, but also of false friends who are already working to dilute this process in the same way you get coffee without caffeine, beer without alcohol, ice cream without fat. They will try to make this into a harmless moral protest, a decaffeinated protest. But the reason we are here is that we have had enough of the world where to recycle Coke cans to give a couple of dollars to charity, or to buy a Starbucks cappuccino where one percent goes to Third World starving children is enough to make us feel good. After outsourcing work and torture [inaudible -- calls for "mic check"]… We can see that for a long time, we allowed our political engagement also to be outsourced. We want it back.

“We are not Communists, if Communism means the system which collapsed in 1990. Remember that today those Communists are the most efficient, ruthless capitalists. In China today we have a capitalism which is even more dynamic than your American capitalism but doesn’t need democracy, which means, when you criticism capitalism, don’t allow yourselves to be blackmailed that you are ‘against democracy.’ The marriage between democracy and capitalism is over. A change is possible.

“Now, what we consider today possible — just follow the media. On the one hand is technology and sexuality — everything seems to be possible. You can travel to the moon, you can become immortal by biogenetics, you can have sex with animals or whatever. But look at the field of society and economy — there, almost everything is considered impossible. You want to raise taxes a little bit for the rich, they tell you it’s impossible. We lose competitivity. You want more money for healthcare, they tell you, ‘Impossible! This means a totalitarian state.’ Is there something wrong with the world where you are promised to be immortal but they cannot spend a little more for healthcare? Maybe we have to set our priorities straight. We don’t want higher standards of living; we want better standards of living. The only sense in which we are Communists is that we care for the commons: the commons of nature, the commons of what is privatized by intellectual property, the commons of biogenetics. For this, and only for this, we should fight. Communism failed absolutely, but the problems of the commons are here. They are telling you we are not American here, but the conservative fundamentalists who claim they are ‘really’ Americans have to be reminded of something: What is Christianity? It’s the Holy Spirit. What is the Holy Spirit? It’s an egalitarian community of believers who are linked by love for each other and who only have their own freedom and responsibility to do it. In this sense the Holy Spirit is here now, and down there on Wall Street there are millions [?] who are worshiping blasphemous idols. So all we need is patience.

“The only thing I’m afraid of is that we will someday just go home, and then we will meet once a year, drinking beer and nostalgically remembering what a nice time we had here. Promise ourselves that this will not be the case. You know that people often desire something but do not really want it. Don’t be afraid to really want what you desire.”

Les slogans d'Occupy Wall Street…

Mai 68 a laissé "Sous les pavés la plage", qu'en sera-t-il d'Occupy Wall Street, ce mouvement dénonçant les abus du capitalisme financier ? Gabrielle Durana, une agrégée d'économie qui vit à San Francisco, recense ses slogans les plus marquants.

 

Voilà un mois que le mouvement Occupy Wall Street a démarré, à quelques pâtés de maison de l’ancienne barricade érigée par Peter Stuyvesant, le gouverneur général de la Compagnie des Indes Orientales, en 1653, dans le bas de Manhattan, pour protéger les colons hollandais contre les incursions autochtones.

 

Pancartes du mouvement Occupy Wall Street, New York, 5/10/11 (Mario Tama/Getty Images/AFP)

 

Sur une place rebaptisée "Liberty square", des jeunes et d’anciens soixante-huitards campent jour et nuit sur le modèle du mouvement des Indignés espagnol. Avec pancartes et journal (l’"Occupied Wall Street Journal"), ils dénoncent la rapacité des banques et leur réclament qu’elles leur rendent une part de rêve américain.

 

Au début le mouvement était présenté par les médias comme une bande d’enfants mal peignés et énervés dont il fallait laisser se répandre le trop plein d’énergie. En particulier l’expression récurrente était celle d’une "Romper Room Revolution", une allitération en R, et une allusion à la série télévisée des années 70, "Romper Room", qui visait à occuper les enfants de cinq ans, en leur faisant faire de l’activité physique devant le petit écran, pour laisser leur mère souffler une demi-heure.

 

Maintenant que le mouvement s’est étendu à 25 autres villes, et qu’il dure toujours, les nouvelles de 22h00 et le vrai Wall Street Journal en parlent.

 

Que porte le mouvement Occupy Wall Street ?

 

Comme le démontre l’admirable livre "The Art of Moral Protest - Culture, Biography and Creativity in Social Movements" de James M. Jasper, les périodes de révolte sociale donnent lieu à un maelström où se perd l’individualisme et naît une génération. Les slogans souvent emprunts d’humour sont de l’or en mot pour les sociologues qui essaient de saisir le moment.

 

Trois ans après le tsunami financier, que porte le mouvement Occupy Wall Street ?

 

Il y a autant de formules que de cerveaux en ébullition. "Wall St is the Problem” est la réponse de la bergère au berger Reagan, qui avait lancé en 1980 : "Governement is not the solution, government is the problem" (= l’État n’est pas la solution, l’État est le problème).

 

La thématique des banquiers voleurs ("banksters") revient très souvent même si "End corporate greed" (= arrêtez l’avarice des entreprises) relève plutôt de l’angélisme. On trouve des appels à la régulation ("Chairman Bernanke–Regulate Your Damn Banks !" ou ‘Gouverneur, régulez vos satanées banques !’), autour de l’équité ("End Welfare for the Rich !" ou ‘Assez d’assistanat fait aux riches’).

 

On lit aussi des revendications concernant la politique souhaitable de sortie de crise : "Paychecks not credit card bills" (= des salaires, pas des factures de carte bleue), ou “Stimulus not corporate welfare” (= la relance, pas l’assistanat d’entreprises), ou encore "Procyclical monetary and fiscal policies in a Depression are stupid!" (= les politiques monétaires et budgétaires pro-cycliques dans une crise sont une stupidité !) pour les keynésiens assermentés. "End the Fed" (= fermez la banque centrale) rappelle des cris de ralliement du Tea Party.

 

Le slogan le plus connu est devenu : "We are the 99%", "nous représentons 99% des gens" ; et une variation autour de ce dernier : "Banks for the 99%!

 

Uber-riches vs classe moyenne appauvrie

 

Le mouvement Occupy Wall Street est une réponse tardive, une alternative de gauche au Tea Party. Il constitue une prise de conscience de l’oppression d’une classe d’ "über-riches", qui paie moins d’impôts qu’une secrétaire et vit comme des nababs, sur une classe moyenne appauvrie et dépouillée de sa dignité car incapable de subvenir aux besoins de sa famille ou d’en fonder une, grâce aux fruits de son travail.

 

Nancy Pelosi, élue de San Francisco et dirigeante de la minorité démocrate au Congrès voit dans le mouvement "la quintessence des valeurs américaines de justice [procédurale]" ("fairness").

 

Naomi Klein et Michael Moore se pincent pour y croire car jamais depuis Karl Marx il n’y a eu de mouvement ouvrier aux États-Unis.

 

Les rangs des "occupants" sont clairsemés mais leurs slogans délient les langues de 99% des passants. De la capacité des révoltés à influencer les 98% qui n’envient pas les riches, pour qu’ils exigent de leurs représentants une loi qui revienne au taux d’imposition de l’ère clintonienne, dépend la mesure du succès d’un mouvement qui se veut sans Dieu ni maitre.

 

Il est vrai que 1% de la population détient aujourd’hui 40% de la richesse états-unienne, une concentration inédite depuis Gatsby le Magnifique.

Grèce

Des témoignages…

Le Monde 5 octobre

 

TÉMOIGNAGES

Les jeunes Grecs ne veulent pas " appartenir à une génération perdue "

 

Athènes Correspondance

 

Le syndicat de la fonction publique organise la première grande grève depuis l'été, mercredi 5 octobre, avant une grève générale le 17 octobre. Après l'annonce de nouvelles mesures de rigueur et de réduction des effectifs du secteur public, trois trentenaires racontent comment la crise affecte leur quotidien.

Hara Zotou, bibliothécaire " Les gens se referment sur eux-mêmes, ils ont peur. " Hara Zotou, 32 ans, est bibliothécaire à l'École polytechnique d'Athènes. Après ses études d'archiviste, cette jeune blonde croyait avoir trouvé la sécurité de l'emploi. Aujourd'hui, elle a " peur de perdre - son - travail ". Hara Zotou a pourtant un statut de fonctionnaire. Mais sous la pression de la " troïka " des bailleurs de fonds d'Athènes - la Commission européenne, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne -, le gouvernement prévoit de supprimer 30 000 postes dès 2011 dans le secteur public.

" S'ils commencent, ils ne s'arrêteront pas ", explique cette jeune femme de gauche. Elle vit à Exarchia, le quartier préféré des anarchistes et travaille dans le haut lieu de la contestation étudiante. Elle participe à toutes les manifestations. Comme nombre de ses concitoyens, Hara Zotou pratique plusieurs métiers. " C'est un grand mensonge des Européens de dire que nous sommes paresseux. " Elle gagne désormais 900 euros par mois, après avoir perdu 200 euros sur son traitement. Et paye un loyer de 400 euros. Pour arrondir ses fins de mois, elle réalise des catalogues informatiques pour des bibliothèques privées, et se fait graphologue à ses heures libres, même si les clients se font plus rares, avec la crise.

Elle veut garder l'espoir, l'envie de rire. Mais, raconte-t-elle, " les gens se referment sur eux-mêmes, ils ont peur. Lorsque l'on se retrouve entre amis, le sujet de la crise revient toujours dans la conversation. On perd notre énergie. Nous ne méritions pas ça. On nous empêche d'être créatif, d'être productif. Et nous avons 30 ans ".

Vasso Polychronopoulou, pigiste " Je ne veux pas appartenir à une génération perdue. " Vasso Polychronopoulous, 35 ans, n'a plus de travail depuis l'été. " Mais je ne fais pas partie des statistiques ", explique-t-elle. Car c'est comme pigiste que cette journaliste a travaillé pendant quatre ans pour une maison de production qui fournissait des programmes à la télévision publique.

Pieuvre tentaculaire et dispendieuse, l'audiovisuel public doit tailler dans le vif. L'émission pour laquelle Vasso Polychronopoulous travaillait a été supprimée. Et son emploi avec. Sans indemnité et sans droit au chômage. Aujourd'hui, le taux de chômage atteint 16,3 % et, pour la première fois depuis 2001, la population active a diminué en 2011.

" A 35 ans, je me retrouve dépendante de ma famille. " Elle a étudié les langues en France et en Grande-Bretagne. " Beaucoup de jeunes diplômés sont sans travail. Je suis prête à travailler dans un bar, comme quand j'étais étudiante, mais on me refuse car je suis trop diplômée ! " Elle gagnait 1 300 euros par mois et peut vivre encore sur ses économies, qui fondent vite. Dans quelques mois, si elle ne trouve pas de travail, elle cessera de payer sa sécurité sociale. " Si je tombe malade, on avisera. "

" Je me sens insécurisée. J'en veux au gouvernement et à l'Europe, poursuit-elle. Nous avons grandi en pensant que nous étions d'abord européens, ensuite grecs. Et cette Europe aujourd'hui nous traite de tricheurs. Mes amis qui sont à l'étranger se sentent mal. Le gouvernement essaie d'inciter les gens éduqués à partir. C'est très bizarre de sentir que votre propre gouvernement vous vire. "

Vasso Polychronopoulous poursuit : " Nos parents ont essayé de faire en sorte que notre jeunesse soit moins dure que la leur. C'est vrai que nous avons été gâtés. On se rend compte aujourd'hui que nous serons beaucoup plus pauvres que nos parents. Je ne veux pas appartenir à une génération perdue. " Cette jeune femme volontaire ne se résigne pas : " Entre amis, nous nous disons souvent : Dieu merci, nous sommes en Grèce, il fait beau. Cela pourrait être pire. Imagine, si nous étions en Irlande ! "

Ioannis Eleftheriadis, vendeur de voitures " On fait plus de sacrifices et on ne sait pas si ça sert à quelque chose. " Ioannis Eleftheriadis vend des voitures depuis quatre ans au nord d'Athènes. Il gagnait 1 050 euros par mois plus les commissions. Son salaire vient d'être baissé à 850 euros et les commissions se sont envolées, avec l'effondrement du marché automobile grec. Les immatriculations de véhicules neufs ont chuté de 37,2 % en 2010 et de 42 % au premier semestre 2011.

Comme presque tous les Grecs, il se sert la ceinture. " On ne sort plus, on essaie de dépenser le moins possible et on n'épargne plus, raconte-t-il, j'ai supprimé ma carte de crédit. Au supermarché, les prix ne baissent pas. On est un pays cher avec des salaires de plus en plus bas. "

Sa femme travaillait pour un opérateur téléphonique. Elle a été licenciée, il y a trois ans et ne trouve pas de travail. " Plus personne ne veut embaucher une femme de 35 ans avec un enfant, de peur qu'elle ne soit pas assez disponible. "

Ce couple de trentenaires n'a pas de crédit, pas de loyer à payer car ils ont hérité d'une maison dans la banlieue nord d'Athènes. Et voilà qu'arrive la nouvelle taxe sur l'immobilier, très impopulaire, décidée dans l'urgence par le gouvernement pour réduire le déficit. Ce fils de comptable se dit pour la première fois de sa vie qu'il ne paiera pas cet impôt.

" Tant pis si on me met en prison, comme dit Théodore Pangalos. " Le vice-premier ministre, habitué des sorties à l'emporte-pièce et héritier d'une grande famille, a défrayé la chronique en expliquant à la télévision qu'il ne pouvait pas payer ce nouvel impôt et qu'il mettait au défi le ministre des finances, Evangélos Vénizélos, de le mettre en prison.

Ioannis Eleftheriadis en rit jaune. " Quand les membres de ce gouvernement s'en iront, ils seront plus riches. Ils sont en train de brader la Grèce. Il ne nous restera rien. On fait toujours plus de sacrifices et on paye encore davantage d'impôts. Et on ne voit pas la fin du tunnel. "

Alain Salles

La France d’aujourd’hui !

Santé…

Privilégiant une politique d'agression contre les plus démunis, l'État n'assure plus sa fonction de protection sanitaire de la population…

 

Le Monde 14 octobre

Le retour des maladies que l'on croyait disparues

Rougeole, tuberculose, coqueluche sévissent de nouveau, notamment à cause d'une couverture vaccinale insuffisante

Rougeole, tuberculose, coqueluche, gale... On croyait ces maladies disparues, elles persistent. Pour la rougeole, on parle même d'un grand retour, avec 22 000 cas recensés depuis trois ans. Depuis janvier, près de 14 500 personnes ont été touchées. Les autorités s'activent. Jeudi 13 octobre, l'Institut national de la prévention et d'éducation pour la santé (INPES) devait lancer une nouvelle campagne de communication à destination des jeunes adultes, qui perçoivent souvent à tort la rougeole comme "une maladie de l'enfance".

Au printemps, la secrétaire d'État à la santé, Nora Berra, s'était déjà alarmée de la couverture vaccinale insuffisante. Les zones de forte influence de la rougeole sont celles où la vaccination est plus faible, notamment dans le Sud, où les opposants à la vaccination sont bien implantés. La couverture vaccinale y atteint 80 %, alors qu'il faudrait 90 à 95 % de taux de vaccination pour enrayer la maladie.

La rougeole, qui se caractérise notamment par une forte fièvre et une toux, est une maladie très contagieuse. "Une personne rougeoleuse dans une salle d'attente contamine tout le monde car le virus est très persistant dans l'air", constate le docteur Denise Antona, de l'Institut national de veille sanitaire (InVS). Les effets sont plus graves pour les bébés, les jeunes adultes et les femmes enceintes. La maladie peut entraîner de sévères complications. Dix personnes en sont mortes depuis 2008 et il y a eu de nombreuses hospitalisations.

Les personnes nées après 1980 sont moins bien couvertes. Ayant été vaccinées, elles n'ont pas eu la rougeole quand elles étaient enfant, contrairement aux plus âgés. Mais n'ont reçu qu'une seule dose de vaccin - la double injection n'est la règle que depuis la fin des années 1990. La rougeole réapparaît donc dans cette population. "Si vous êtes nés depuis 1980 et que vous n'avez plus de carnet de santé, vous n'êtes plus protégés", alertent les autorités sanitaires. La vaccination à deux doses est la seule protection efficace, insistent-elles. Et se vacciner, c'est se protéger soi-même, mais aussi les autres.

Le feront-ils ? La question se pose. A l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France, on aurait aimé qu'il soit décidé de rendre le vaccin gratuit - il n'est remboursé à 100 % que jusqu'à 18 ans -, pour éviter que de jeunes adultes sans mutuelle n'y renoncent.

Pour les autorités, le défi sera d'autant plus difficile à relever que, depuis plusieurs années, les réticences aux vaccins augmentent, amplifiées par le fiasco de la campagne de vaccination contre la grippe H1N1 en 2009. Fin 2008, seuls 40 % des enfants de 2 ans avaient reçu les deux doses de vaccins nécessaires contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR).

Autre obstacle, si les enfants ont un carnet de santé à jour et à disposition, c'est loin d'être le cas des adultes. Et depuis que la France promet un dossier médical personnel (DMP) informatisé à tous, une affaire qui traîne depuis des années, il n'y a plus de réflexion sur le carnet de vaccination.

La rougeole n'est pas la seule maladie qui inquiète les experts. La gale, une affection contagieuse de la peau, est en augmentation. La coqueluche, après un pic en 2009, est dans une phase descendante mais sévit encore. "Le vaccin contre la coqueluche ne protège pas à vie, précise Emmanuel Belchior de l'InVS. Il est recommandé chez les parents ayant un projet d'enfants, les jeunes adultes, et les personnels soignants, dont le taux de vaccination n'est que de 20 %..."

La tuberculose aussi reste préoccupante. "On pensait qu'elle était éradiquée, que c'était une maladie du passé, et c'est vrai qu'elle a considérablement diminué au fil du temps", explique Delphine Antoine de l'InVS. Mais 5 276 cas ont encore été recensés en France en 2009. "Ce chiffre est un peu sous-estimé. Il y aurait environ 7 000 cas en France", souligne-t-elle.

Dans certaines parties du territoire, la tuberculose n'est qu'à peine stabilisée grâce aux campagnes de dépistage. La Seine-Saint-Denis est ainsi le département le plus touché, du fait de la présence de migrants venant d'Asie, d'Afrique subsaharienne ou d'Europe de l'Est, où l'incidence est plus forte qu'en France.

"On a en France une très mauvaise politique de lutte contre la tuberculose", s'énerve Claude Dilain (PS), maire de Clichy-sous-Bois et pédiatre. Dans sa ville, où une vingtaine de cas ont été recensés cet été, un dépistage massif vient d'être organisé (Le Monde du 29 septembre). M. Dilain reproche aux autorités sanitaires d'avoir mis l'accent, ces dernières décennies, essentiellement sur la vaccination, qui n'est pas efficace à 100 %. Il regrette aussi que la levée de l'obligation du vaccin du BCG en 2007 n'ait pas été accompagnée d'une politique de dépistage systématique, qui permettrait de détecter la présence du bacille de Koch avant même que la maladie ne se déclare.

D'une façon générale, les populations précaires paient un plus lourd tribut face aux maladies contagieuses. Le moindre accès aux soins, la malnutrition, les logements suroccupés facilitent la propagation. "La couverture vaccinale est plus faible dans les populations en grande précarité, rappelle le docteur Laurent Chambaud, directeur de la santé publique de l'ARS d'Ile-de-France, qui sont en outre moins touchées par les messages de prévention." Tout l'enjeu est d'atteindre ces personnes non protégées.

Laetitia Clavreul et Pascale Santi

 

 

Les expulsions compliquent le travail de prévention sanitaire

 

DANS les équipes de Médecins du monde, l'inquiétude est flagrante. L'exaspération aussi, face aux difficultés rencontrées pour lutter contre les épidémies. "La rougeole, la tuberculose, ces maladies infectieuses n'ont jamais vraiment disparu. Mais à partir du moment où les poches de pauvreté se développent comme aujourd'hui, il est logique qu'elles progressent", estime le Dr Jeanine Rochefort, responsable du centre de soins de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Au tableau, elle ajoute la gale, cette maladie de peau qui prolifère auprès des populations qui n'ont pas accès à l'eau potable.

Depuis 2010, un dépistage ciblé de la tuberculose auprès des populations venant de pays où l'incidence est plus forte a été mis en place en Seine-Saint-Denis. Chaque semaine, des camions équipés se déplacent au centre de soins de l'ONG et dans des foyers de migrants. Dans ce département, le plus touché, l'incidence est de 30 pour 100 000 habitants. Auprès de la population rom, elle est plutôt de 300.

Mais, au quotidien, les équipes estiment que leur travail est rendu plus difficile par les expulsions organisées par les autorités. "Nous faisons face à un problème éthique. Les gens sont dépistés, ils commencent leur traitement, qui est lourd, puis ils sont évacués de leur lieu de vie", raconte le Dr Rochefort. Après un déménagement forcé, voire une expulsion, le traitement est souvent interrompu. Or les Roms reviennent souvent en France, après en avoir été éloignés. Ils développent ensuite des multi-résistances aux antituberculeux.

Une confiance entamée

La confiance envers les soignants, en outre, est parfois rompue : "C'est tout un travail d'inciter les gens à se faire vacciner. Alors si la vaccination prévue n'a pas lieu, notre crédibilité est entamée", poursuit le Dr Rochefort. A Pantin, en mai, un groupe de Roms a été expulsé alors qu'était programmée une vaccination contre la rougeole le lendemain.

Même constat dans le sud de la France. "Il nous est de plus en plus difficile de prévenir la diffusion des maladies, puisque les problématiques de sécurité l'emportent toujours sur le sanitaire", note le Dr Philippe Rodier, responsable de la mission chargée des Roms à Marseille. Au printemps, afin de lutter contre le retour de la rougeole, l'ONG avait été mise à contribution par l'agence régionale de santé (ARS) pour organiser une vaccination auprès de cette population. Malgré les courriers adressés à la préfecture pour surseoir à une évacuation, seule la première des deux doses nécessaires a pu être injectée, raconte le médecin.

"Un tiers seulement des grands précaires ont une vaccination à jour", rappelle le Dr Jean-François Corty, directeur des missions en France. Dans son rapport annuel, publié jeudi 13 octobre, l'ONG a choisi d'interpeller sur le "retour des endémies de la misère".

L. Cl.

Analyse du capitalisme

Grèce…

Bien inquiétant pour la Grèce…

Crise de la dette

Une tribune libre soutenant qu’en matière de dette

1) le problème est politique, non économique ;

2) et que, concernant l’Europe, la solution politique passe par un fédéralisme des États européens.

 

Résoudre la crise de la dette, un jeu d'enfant pour les Nobel d'économie

Pour les Américains Thomas J. Sargent et Christopher A. Sims, récompensés lundi 11 octobre du prix Nobel d'économie, résoudre la crise de la dette publique de la zone euro est chose facile. D'un point de vue économique du moins. Car, reconnaissent-ils, "la difficulté, c'est la politique".

 

"Je pourrais dire qu'il n'y a pas de questions nouvelles pour la théorie économique avec l'Europe et l'euro", a déclaré lundi M. Sargent lors d'une conférence de presse à l'université de Princeton, dans l'Etat du New Jersey, aux Etats-Unis.

LA CRISE BUDGÉTAIRE DE 1776 POUR MODÈLE

Ce chercheur a expliqué qu'il prônait de suivre la voie choisie par les Etats-Unis pour résoudre la crise budgétaire de ses treize États fondateurs après l'indépendance en 1776, qui décidèrent de restaurer leur crédibilité en unissant leurs budgets avec la Constitution de 1787.

"Nous sommes nés avec une solution déterminée aux problèmes auxquels est confrontée l'Europe actuellement. Et ce fut une solution globale, mise en œuvre dans un certain ordre. Cela s'est fait de manière simultanée grâce à un processus qui ressemble à un miracle", a-t-il rappelé. "Est-ce que quelque chose de ce genre pourrait se passer en Europe ? Certainement", a-t-il indiqué.

 

UN FÉDÉRALISME BUDGÉTAIRE

L'adoption du fédéralisme budgétaire par l'Europe est la solution, estiment Thomas J. Sargent et Christopher A. Sims. "Mon point de vue est que si l'euro doit survivre, il faudra que la zone euro conçoive une manière de partager les fardeaux budgétaires et de relier la compétence budgétaire à la Banque centrale européenne (BCE) et son rôle de prêteur en dernier ressort", a estimé M. Sims.

Selon lui, "aujourd'hui, aucun de ces liens n'est clair et si ces liens restent aussi peu clairs et qu'ils [les Européens] essaient de revenir à un système où il n'y a de fait aucun pendant budgétaire à la BCE, les perspectives pour l'euro seront sombres".

M. Sims a rejeté l'idée que les problèmes de la zone puissent être résolus en faisant abandonner la monnaie unique aux États les plus faibles. "L'idée selon laquelle les choses s'arrangeront en zone euro si tout simplement quelques pays la quittent est irréaliste. Cela pourrait se produire dans le cadre de l'évolution du système, mais ce n'est d'aucune manière un remède", a-t-il prédit.

Mémoire du communisme

« Ceux qui furent aux choses n’en disent point l’usure ni la cendre. » Saint-John-Perse

Bertolt Brecht

« De nombreux critiques de La Mère nous ont dit que cette pièce était l’affaire des seuls communistes. De cette affaire, il parlaient comme d’une affaire d’éleveurs de lapins ou de joueurs d’échec, et qui par conséquent concernerait peu de gens et se soustrairait à l’appréciation de ceux qui ne sont pas experts en matière de lapins ou d’échecs. Or, s’il n’est pas vrai que le monde entier considère le communisme comme son affaire personnelle, l’affaire du communisme n’en est pas moins le monde entier. Le communisme n’est pas une manière de jouer parmi d’autres. […] Nous ne parlons pas en notre nom, au nom d’une toute petite partie de l’humanité, mais au nom de l’humanité toute entière, étant d’elle la partie qui représente non pas ses intérêts particuliers mais ceux de l’humanité toute entière. »

[Le communisme est-il une exclusivité ?, 1932]

Comme l’Ancien et le Nouveau Testaments, le Coran donne à penser…

(Rubrique anti-islamophobie)

La sourate 56 L’événement

Un passionnant livre d’André Miquel (L’événement ; Odile Jacob, 1992 ) est entièrement consacré à cette seule sourate. J’extraie des 96 versets qui la composent ce petit florilège, recomposé ad hoc…

L'événement

Quand l'événement se produira, trois groupes se formeront : il y aura les gens de droiteet que sont donc les gens de droite… ; il y aura les gens de gaucheet que sont donc les gens de gauche… ; et il y aura ceux de devant, les en-avant. Les anciens y seront nombreux, les plus jeunes moins nombreux. Parmi eux, formant ronde, des enfants d'éternité et des brunes aux yeux noirs. On n'entendra plus ni bavardages ni mots futiles mais rien de plus que le mot « paix », « paix ».

« Esquisse du communisme (les singularités de sa dialectique égalité/liberté) » (suite)

 [ƒNi] Suites d’une réflexion prévue entre trois grandes parties. Ici le premier chapitre de la deuxième partie…

I. Esquisse d’une articulation communiste entre égalité et liberté

I.1 Hypothèse de départ (http://www.egalite68.fr/Qui-vive/2.htm)

I.2 Esquisse mathématique (http://www.egalite68.fr/Qui-vive/3.htm)

I.3 Retour à notre espace de travail (http://www.egalite68.fr/Qui-vive/4.htm)

I.4 Esquisse d’une articulation entre égalité commune et liberté en commun (http://www.egalite68.fr/Qui-vive/5.htm)

II. Différentes étapes du processus communiste

II.1 L’exemple de mai 1968 (http://www.egalite68.fr/Qui-vive/6.htm)

II.2 Notion mathématique de quotient

II.2 Notion mathématique de quotient

Partons d’un exemple : celui de l’ensemble des nombres entiers (). Classons-les en douze parties disjointes (voir le tableau ci-suit) en considérant que deux nombres n et p seront dans la même partie (ici sur une même ligne) si p-n est un multiple de 12 ce qui s’écrit : n≡p (mod. 12) et s’énonce : n équivaut à p modulo 12.

0

12

24

36

48

60

72

84

1

13

25

37

49

61

73

85

2

14

26

38

50

62

74

86

3

15

27

39

51

63

75

87

4

16

28

40

52

64

76

88

5

17

29

41

53

65

77

89

6

18

30

42

54

66

78

90

7

19

31

43

55

67

79

91

8

20

32

44

56

68

80

92

9

21

33

45

57

69

81

93

10

22

34

46

58

70

82

94

11

23

35

47

59

71

83

95

On a ainsi construit une relation d’équivalence sur les nombres entiers et, ce faisant, distingué dans douze classes d’équivalence (correspondant aux douze lignes de notre tableau) : ainsi, la première classe d’équivalence est l’ensemble {0, 12, 24, 36, 48, 60, 72, 84, …}.

On dira qu’on a « quotienté » l’ensemble par la relation d’équivalence « modulo 12 » et que le quotient de l’ensemble par cette relation d’équivalence est l’ensemble des 12 classes d’équivalence correspondant chacune à une ligne de notre tableau. On le notera /12.

Ainsi quotienter un ensemble par une relation d’équivalence, c’est produire une famille de parties (disjointes et recouvrant tout l’ensemble) telles que tous les éléments d’une partie soient équivalents entre eux (du point de cette relation particulière).

On remarque, au passage, que quotienter un ensemble E consistant à lui associer une famille de parties. Puisqu’une partie est un élément de (E), une telle famille de parties constitue alors un élément de l’ensemble ((E)).

 

Rappelons : « équivalent » signifie ici quelque chose de mathématiquement précis. La relation d’équivalence est une relation à la fois réflexive (une « chose » s’équivaut à elle-même), symétrique (si une chose équivaut à un autre, cette autre chose équivaut elle-même à la première) et transitive (si une chose équivaut à une autre chose, et si cette autre chose équivaut elle-même à une troisième, alors la première chose équivaut aussi à la troisième). Soit xºx ; xºy yºx ; xºy et yºz xºz.

Indiquons tout de suite le point suivant, dont l’enjeu nous apparaîtra clairement plus loin : si l’égalité mathématique est bien une relation d’équivalence (x=x ; x=y y=x ; x=y et y=z x=z), notre égalité idéologico-politique (qui n’est déjà pas la relation mathématique d’égalité) n’est nullement une équivalence.

 

On peut alors indexer cette famille de parties en choisissant pour chacune un élément qui lui servira d’emblème – ici, par exemple, le nombre 0 pour la première partie, 1 pour la seconde, etc. et 11 pour la dernière – en sorte que cette famille de parties (de classes d’équivalence) sera représentée par un ensemble d’éléments emblématiques de chacune – ici l’ensemble {0, 1, 2, …, 11} – qui va servir de base à ce quotient.

Cet ensemble d’éléments représentatifs – cette base – forme elle-même une partie de l’ensemble de départ mais cette partie n’a pas le même statut que les classes d’équivalence (ce que notre tableau figure clairement : les classes d’équivalence sont des lignes horizontales alors que notre base est une colonne verticale – elle aurait pu être oblique si l’on avait par exemple retenu pour base emblématique l’ensemble {0, 13, 26, 39, …, 143} ; dans tous les cas une telle base parcourt verticalement l’ensemble du tableau).

Une telle base peut être également vue comme la projection de notre quotient (de nos 12 classes d’équivalence) sur la première colonne (ou sur tout autre transversale verticale) : la base est l’ensemble des nombres qui apparaissent à l’intersection d’une telle droite verticalement transversale et de nos 12 lignes.

À l’inverse, on dira que l’ensemble est ainsi structuré comme espace fibré (ici trivial) selon l’association (le « produit cartésien ») d’une base (à 12 éléments) – ici notre première colonne - et d’un type particulier de fibre – ici une ligne horizontale infinie – correspondant à un et un seul élément de la base (on peut coupler chaque élément de la base à un ensemble infini de nombres entiers qui lui sont équivalents modulo 12).

 

Remarques arithmétiques

1.     La notion arithmétique de division (d’un nombre par un autre) est encore plus loin de celle catégorielle de quotient que la notion de multiplication ne l’était de celle de produit :

      la division arithmétique est une opération qui associe au couple de deux nombres (dividende/diviseur) un nouveau nombre : {n, p} → n/p

      le quotient catégoriel associe à un ensemble E et une relation d’équivalence R (sur les éléments de cet ensemble) un élément de ((E)) c’est-à-dire une famille de parties notée E/R.

2.     Cet écart entre notions arithmétique et catégorielles souligne que l’architecture conceptuelle n’est pas la même (isomorphe) dans les deux domaines. Il est donc ici imprudent de se laisser guider par des intuitions d’ordre arithmétique.

3.     On ne fera pas appel ici à la notion de différence [1] que l’on pourrait mettre en rapport avec la quatrième opération arithmétique élémentaire - celle de soustraction – et ce, non par principe mais parce que cette notion ne me semble pas directement utile dans cette exploration analytique de nos questions idéologico-politiques.

 

Notions ensemblistes de produit, somme et quotient

Si l’on veut intuitionner ces notions catégorielles, il vaut mieux nous tourner vers les notions ensemblistes qui y sont attachées plutôt que vers les notions arithmétiques de multiplication, addition et division. Présentons-les succinctement.

Produit et somme

Dans ce qu’on appelle la catégorie des ensembles Ens (catégorie dont les objet sont les ensembles et les morphismes les relations d’inclusion), produit ∏ et somme ∑ qui se présentent catégoriellement comme notions duales (il suffit d’inverser le sens des flèches pour passer de l’un à l’autre) jouent des rôles sensiblement dissymétriques.

      Le produit ∏ correspond au produit cartésien de deux ensembles (ou plus) : le produit AxB est l’ensemble formé de couples d’éléments {a,b} avec aA et bB.

Ainsi x=2 a pour éléments des couples de nombres naturels {a,b} à partir desquels on pourra par exemple définir les opérations arithmétiques traditionnelles, par exemple l’addition : {a,b} → a+b

      La somme ∑ correspond à la somme disjointe de deux ensembles (ou plus). Cette somme diffère de la simple union entre ensembles en ce qu’elle produit, comme le produit cartésien, des couples d’éléments (non des éléments simples) où l’origine de l’élément est conservée.

Pour en donner un exemple simple : soit dans les deux ensembles A={0, 2, 4} et B={1, 3, 4}. On aura AB={0, 1, 2, 3, 4} soit un ensemble de 5 nombres alors que AB={0a, 1b, 2a, 3b, 4a, 4b} soit un ensemble de 6 couples (formés d’un nombre et d’un index a ou b indiquant l’ensemble de départ - A ou B – du nombre considéré).

On ne retrouve guère ici l’idée de dualité (obtenue formellement par simple inversion du sens des flèches) : le contenu ensembliste dissymétrise une symétrie purement formelle.

 

Ceci se donne symptomatiquement dans un point (qui prévaut également en arithmétique) : la distributivité de l’opération produit ∏ par rapport à l’opération somme ∑ (ou ) n’a pas pour équivalent une distributivité de l’opération somme ∑ par rapport à l’opération produit ∏. Ainsi, si on a bien :

Aπ(BsC)=(AπB)s(AπC)

on n’a pas pour autant :

As(BπC)≠(AsB)π(AsC) [2]

Quotient

La notion ensembliste de quotient E/R (celle qu’on a exemplifié plus haut par /12) se présente formellement comme duale de celle de sous-ensemble lors même qu’elle est intuitivement beaucoup moins évidente.

En effet, la notion de sous-ensemble est captée dans Ens par la notion de monomorphisme quand celle de quotient l’est par la notion duale d’épimorphisme :

      un monomorphisme généralise dans Ens la notion d’injection (et renvoie à la notion de sous-ensemble) :

En effet, si (m°f=m°g)⇒(f=g), c’est parce que m est l’injection XY (qui renvoie à l’inclusion XY).

      un épimorphisme généralise dans Ens la notion de surjection (et renvoie à la notion de quotient) :

En effet, si (f°e=g°e)⇒(f=g), c’est parce que e est la surjection XY (qui renvoie au quotient de X selon la relation d’équivalence R : Y=X/R avec x1≡x2 dans X si e(x1)=e(x2) dans Y).

 

Remarquons, au passage, qu’il est le plus souvent possible de factoriser tout morphisme en la succession d’un épimorphisme et d’un monomorphisme c’est-à-dire comme la composition d’une surjection puis d’une injection.

 

Ainsi la catégorie des ensembles, la plus familière, est-elle fortement polarisée, dissymétrisée par des opérations se présentant formellement comme duales [3].

Bien sûr, nos questions idéologico-politiques le sont a fortiori ; il faut constamment garder ce point à l’esprit lorsque, comme maintenant, nous allons examiner la capacité de ces notions catégorielles d’éclairer des questions et des dynamiques propres à notre espace de travail (l’articulation communiste de l’égalité et des libertés).

 

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[1] A-B = A - (AB) formule ensembliste dont la portée logique est non(AB) ; cf. Logiques des mondes

[2] Par exemple, on a bien : a.(b+c)=(a.b)+(a.c) mais on n’a pas : a+(b.c)=(a+b).(a+c) !

[3] Les mathématiciens disent que cette catégorie Ens est très loin d’être auto-duale : EnsEnsop.