Qui vive ?  Le communisme !

 

 

« une question intimidante, une question que personne encore au monde n’a pu jamais laisser sans réponse, jusqu’à son dernier souffle : Qui vive ?… » Julien Gracq

 

« Je pense toujours à l’avenir communiste. […] En un sens, je suis communiste. » Gerard Manley Hopkins (1871)

« Commun, du lat. communis, adj., se dit de toute chose à laquelle chacun peut participer : exemple : la Commune de Paris » (Paris, 1971)

« Le communisme est le contraire exact d’une utopie, il est le vrai nom du réel comme impossible. » Alain Badiou (2011)

« Si on veut être un intellectuel aujourd’hui, on ne peut pas ne pas être communiste. » Bernard Sobel (2011)

 

Bulletin hebdomadaire sur l’actualité politique

diffusé le dimanche soir (pour s’inscrire, expédier “subscribe” à “2009_request@egalite68.fr”)

Rédaction : François Nicolas [ƒNi]

 


 

Numéro 2 : 11 septembre 2011

 

(format pdf : http://www.egalite68.fr/Qui-vive/2.pdf)

 

 

« Pour engendrer, il faut l’absorption de l’égoïsme dans le communisme. La fin de l’histoire de l’égoïsme absolu marquera la délivrance vers le communisme. Celui qui a honte, aujourd’hui de passer pour égoïste, c’est-à-dire pour ennemi de la communauté, est bien obligé d’accepter d’être qualifié de communiste, c’est-à-dire d’individu qui, par la force de son être, s’absorbe nécessairement mais librement dans la communauté. » Richard Wagner (1849)

« Je n’aurais pas approfondi cette acception du contraire de l’égoïsme dans le mot Communisme, si dans cette notion ne s’était présenté à mon esprit comme principe, un idéal politico-social d’après lequel je comprenais le “Peuple” dans le sens de l’incomparable activité de la primitive communauté préhistorique, et si je ne l’avais jugé rétabli dans la mesure la plus entière comme organisme commun à tous dans l’avenir. » Richard Wagner (1871)

 

Sommaire :

Égypte.............................................................................................................................................. 3

Retour de la place Tahrir................................................................................................................ 3

Des Comités populaires !................................................................................................................ 6

Une question : organiser un voyage d’enquête au Caire ?............................................................... 7

France.............................................................................................................................................. 8

Sarkozy, coq de combat…............................................................................................................. 8

Mitterrand, mieux que Tatcher et Reegan (et c’est un socialiste qui l’avoue !)................................ 9

Palestine......................................................................................................................................... 11

Une analyse critique de l’initiative palestinienne à l’ONU............................................................. 11

Palestine-Israël............................................................................................................................... 13

Succès de la campagne BDS......................................................................................................... 13

États-Unis....................................................................................................................................... 15

Des guerres impériales devenant dures à soutenir financièrement….............................................. 15

Ce que coloriage veut dire pour les enfants de ce beau pays…..................................................... 16

Inde................................................................................................................................................. 17

Les crimes de masse ordinaires de l’industrie pharmaceutique...................................................... 17

Analyse du capitalisme................................................................................................................... 19

Le gros de la crise arrive…........................................................................................................... 19

La crise va différencier les pays occidentaux................................................................................ 19

Rivalité États-Unis/Europe ou $/€................................................................................................. 20

L’oligarchie mondiale : état des lieux........................................................................................... 21

Histoire du communisme................................................................................................................ 24

Wagner........................................................................................................................................ 24

Un poème pour temps de doute….................................................................................................. 25

Brecht : « N’attends d’autre réponse que la tienne ! ».................................................................. 25

Publications.................................................................................................................................... 26

« Notes & hypothèses sur les soulèvements en Tunisie & en Égypte »............................................ 26

Sur l’école.................................................................................................................................... 28

Les langues de notre monde…..................................................................................................... 30

Annonce.......................................................................................................................................... 31

Alain Badiou................................................................................................................................ 31

Rubrique anti-islamophobie........................................................................................................... 32

Comme l’Ancien et le Nouveau Testaments, le Coran donne à penser… (2)................................. 32

Réflexions....................................................................................................................................... 34

« Esquisse d’une articulation communiste entre égalité et liberté » (1° partie).............................. 34

*******

Égypte

Retour de la place Tahrir

… et retour des billets, bien documentés, de Sylvie Nony, enseignante française de physique au Caire, qui nous restitue ici les grands thèmes des différents tracts et interventions : précieux !

Noter l’intervention désormais régulière d’un nouveau parti communiste.

Son point de vue : l’attaque de l’ambassade israélienne qui aurait suivi ce rassemblement lui semble sans rapport avec ce qu’elle avait vu sur la place Tahrir. D’où son interrogation finale.

De mon côté, je ne sais trop qu’en penser…

 

Tahrir, la rentrée (9 septembre)

http://snony.wordpress.com/2011/09/10/tahrir-la-rentree/

 

Cela faisait plus d’un mois que la place Tahrir était tenue par des bataillons de la « Sûreté Centrale » ou de la police militaire (voir reportage de Josiane en ligne). Les forces de l’ordre avaient chassé début août les insurgés qui tenaient là une agora permanente avec campements et rassemblements quotidiens tout au long du mois de juillet. Depuis, Ramadan aidant, la révolution semblait avoir appuyé sur le bouton pause… Mais hier, une trentaine d’organisations appelaient à un rassemblement « pour remettre la révolution sur la bonne voie » et, dès jeudi soir, les forces de l’ordre ont abandonné la place aux premiers manifestants.

Vers 11h du matin, celle-ci commence à se remplir et la journée promet d’être chaude : les reporters règlent leur caméra, les chalands empilent les cartons d’eau, les marchands de T-shirt sortent la collection d’automne, et les militants des différents partis et mouvements se postent aux entrées de la place pour distribuer leurs tracts ou accrocher leurs pancartes.

Un jeune homme donne une interview à la presse, où il est abondamment question de la poursuite des atteintes aux libertés d’expression, des tribunaux militaires qui viennent de condamner à nouveau un blogger à trois ans d’enfermement, de la mascarade du procès Moubarak où les témoins supposés « à charge » prennent de fait la défense du raïs déchu. Il est aussi question d’Israël et de l’insolence avec laquelle ses représentants ont refusé de présenter des excuses à l’Égypte, après les incidents à la frontière qui ont coûté la vie de 5 soldats. Mais on ne peut pas dire que cette dernière question (qui est à l’origine des incidents en fin de soirée, devant l’ambassade d’Israël) était au cœur des revendications de la journée : elle était même particulièrement absente.

Ce qui mobilisait les jeunes ce sont surtout les atteintes à la liberté. Ceux sur la photo ci-contre arrivent vers 15h, en cortège, de la rue Talaat Harb avec une banderole « Non aux tribunaux militaires ».

D’autres cortèges se formeront durant l’après midi pour défiler dans les rues avoisinantes en criant « liberté » ou « à bas le pouvoir militaire ».

Rue Mohamed Bassiouny, un gros groupe (ci-dessous) dont certains membres portent le drapeau rouge du jeune Parti de l’Alliance Populaire et Socialiste (hezb al-tahâluf  al-sha’abî al-ishtirâkî) défile autour d’un camion porteur d’une énorme sono, suivi d’un groupe électrogène de chantier, les deux reliés par le câble électrique dont un manifestant ajuste la longueur en fonction de la distance qui sépare les deux véhicules (sécurité made in Egypt).

Sur la place qui s’est sérieusement remplie vers 14h, les distributions vont bon train, et les papiers sont souvent lus avec attention. Le parti socialiste distribue un tract ayant pour titre « la révolution est en danger, mettez-vous en mouvement pour la sauver ». Le texte rappelle en conclusion les revendications de la révolution qui ne sont pas satisfaites « le pain, la liberté et la justice sociale ». Le papier distribué par le parti communiste a la même tonalité mais il détaille les problèmes : « loi criminalisant les rassemblements, pratiques des polices civile et militaire, hausse des prix, hausse du chômage, refus du salaire minimum à 1200 L.E., soutien permanent au capitalisme au détriment du peuple de la pauvreté grandissante ». Suit une diatribe contre le Conseil Suprême des Forces Armées dont les membres sont les « fils de Moubarak », une accusation que l’on retrouve sur ce calicot qui trône au milieu de la place (« Yalla égyptien, sors de ta maison, Tantawi c’est Mubarak »). La photo du général est entourée de celle des journalistes, éditeurs, directeurs de revue, rédacteurs en chef  qui sont, ou ont été, derrière les barreaux.

Le tract du parti des travailleurs démocratiques a pour titre : « À bas le pouvoir militaire » et réclame l’arrêt immédiat des jugements de civils devant les tribunaux militaires, l’abolition de la loi criminalisant les grèves et les rassemblements, l’établissement d’un Smig à 1500 L.E. et la modification de la loi électorale.

Le parti de la « renaissance égyptienne » qui est un des partis dissidents (il y en aurait 5 ou 6 à ce jour) de la Confrérie des Frères Musulmans affirme lui aussi : « La révolution est en danger et notre avenir est en danger ». Il énumère une liste de questions ingénues : pourquoi les prix augmentent-ils ? Pourquoi les citoyens se sentent-ils en insécurité ? Pourquoi n’a-t-on pas exclu tous les hommes de l’ancien régime ? Il s’interroge aussi sur l’indépendance des juges, celle d’al-Azhar dont le cheikh est vivement mis en cause pour sa participation à l’ancien régime. Les Frères Musulmans quant à eux n’avaient pas appelé à cette manifestation mais un tract anonyme format A3, écrit en corps 8, parsemé de versets du Coran, est distribué du côté du pont aux lions.

L’autre problématique omniprésente sur la place est celle des martyrs de la révolution, de l’indemnisation des blessés au « devoir de mémoire », si l’on peut dire, que cela entraîne. C’est à ce titre que les « Ultras » (prononcer oultrass) se sont invités, suite aux incidents qui ont émaillé un match de foot mercredi dernier. Des combats ont opposé non pas des supporters entre eux mais les supporters des deux équipes contre les policiers de la Sûreté Centrale (amn al-markazî ex Sûreté Nationale). Le bilan selon le « Masry al-Yaoum » de jeudi qui rapporte les chiffres officiels, serait de 130 blessés dont 94 parmi les rangs des forces de l’ordre (ne souriez pas). La cause des affrontements est très confuse mais dès le lendemain, les supporters de l’équipe Ahaly (les « Ultras ») ont appelé à se joindre à la manifestation de ce vendredi. Leur banderole immense, traverse la partie centrale de la place et rappelle que ces supporters musclés ont participé au plus fort des combats de janvier et février derniers (voir post ici en anglais) « Nous avons libéré notre pays des criminels et les Ultras ont contribué au prix de la liberté ».

On le voit, les préoccupations de tous ces manifestants n’étaient pas vraiment la situation internationale, ce que me rappelle un ami égyptien hier soir au téléphone : « On n’a pas fait la révolution pour les problèmes avec Israël ou pour libérer la Palestine. Même si bien sûr, on condamne ce que fait Israël, ce n’est pas pour ça que 850 jeunes sont morts pendant la révolution ! ». L’opération de destruction, hier soir, d’un mur ô combien symbolique par d’autres manifestants ne manquera pas d’avoir un immense succès dans le monde arabe, meurtri depuis des décennies par l’impunité dont jouit l’état hébreux.

Elle apparaît pourtant, au moins à certains révolutionnaires, comme un rapt. De fait, la presse mondiale ce matin évoque à peine la manifestation d’hier dont le succès n’était pourtant pas garanti. Le gouvernement israélien ayant en ce moment autant intérêt que le gouvernement égyptien à détourner l’attention de son peuple des problèmes intérieurs, cette « chute de mur » risque de provoquer une tempête diplomatique et médiatique bien au-delà de l’incident de départ. D’où la question (à laquelle je n’ai pas de réponse) : qui étaient les manifestants de Dokki ?

[ƒNi] Ce dernier paragraphe fait allusion aux événements de la soirée du 9 : assaut contre l’ambassade israélienne, destruction de son mur de protection, bagarres toute la nuit (4 morts et des centaines de blessés + arrestations…).

Des Comités populaires !

[ƒNi] Nouvelle structuration politique populaire, en marge du parlementarisme des nouveaux partis. La lame de fond continue de produire ses effets…

Les Comités populaires invitent les citoyens " à prendre conscience de leurs droits "

Le Monde 11-12 septembre

" Lancer de poubelles sur le palais du Gouverneur : qui est pour, à main levée ? " Ihab Ali, coordinateur du Comité populaire d'Imbaba, esquisse un sourire de satisfaction sans malice en constatant le succès de son initiative auprès de ses camarades.

Il y a longtemps que les plaisanteries sur les ordures n'amusent plus les habitants de ce quartier pauvre du gouvernorat de Giza au Caire. Son million et demi d'habitants est aux prises au quotidien avec des monceaux de détritus du fait de la corruption des fonctionnaires locaux qui détournent en partie le budget alloué par l'Etat aux compagnies chargées du ramassage des déchets.

Le défaitisme a longtemps eu raison du dégoût des résidents, mais les Comités populaires pour la défense de la révolution invitent les citoyens à " prendre conscience de leurs droits " et à se mobiliser sur les sujets qui les intéressent. " Où sont tes droits ? Tu payes des taxes ! Tes droits ne vont pas venir à toi, prends-les ! ", sont les slogans de leur dernière campagne.

Nés au coeur de la révolution comme des groupes d'autodéfense lorsque le gouvernement d'Hosni Moubarak avait retiré la police des rues afin de semer l'insécurité, les comités populaires se sont rapidement politisés.

Loin des débats constitutionnels et des discussions sur le découpage électoral qui déchirent la classe politique, ils mobilisent au quotidien les habitants des quartiers sur leurs préoccupations premières. Gaz, sécurité, logement, contrôle des prix, santé, éducation, télécommunication, salaires minimums, vote : leurs membres sillonnent les rues pour collecter les signatures, s'attablent aux cafés pour impliquer les gens dans des actions concrètes pour la défense de leurs droits et leur expliquer les enjeux électoraux.

Importance inégale

" Les réactions ont dépassé nos espoirs, explique Ihab Ali. En quelques heures, nous avons réuni 6 000 signatures contre Ali Abderrahmane, le gouverneur de Giza. Deux jours plus tard, il nous a envoyé des voitures de nettoyage qui ont éliminé 4 000 tonnes d'ordures en deux semaines. Mais nous, ce que nous voulons, c'est un plan annuel de nettoyage des rues. Pourquoi les habitants de Mohandissin - un quartier plus aisé du voisinage - ont-ils des rues propres alors que nous sommes dans le même gouvernorat qu'eux ? "

Ouverts à tous, les 27 comités populaires existant aujourd'hui en Egypte (dont dix dans le grand Caire) se sont dotés d'une instance de coordination nationale qui se réunit une fois par semaine pour décider les actions à mener. Leur importance est inégale, d'une dizaine à plus de 3 000 membres actifs qui s'autofinancent. Ils parviennent à mobiliser des milliers de personnes à chaque campagne.

Conscients de leur popularité, les jeunes révolutionnaires qui animent les comités ont décidé d'appeler au boycottage de certains candidats aux élections et de soutenir certains partis de gauche. Leurs voix alimentent la convoitise d'anciens membres du Parti national démocratique (parti présidentiel dissous), mais aussi des Frères musulmans.

" Les Frères ont beaucoup d'argent et travaillent sur le terrain depuis des années, notamment avec leurs caravanes médicales, souligne Heba Ghanem, responsable de la communication du Comité de Dokki au Caire. Ils sont beaucoup mieux organisés que nous, mais nous, on ne cherche pas à suppléer le gouvernement mais à convaincre les gens de réclamer leurs droits. "

Claire Talon

Une question : organiser un voyage d’enquête au Caire ?

Qui serait partant pour un voyage d’enquête sur place, par exemple pendant les fêtes de fin d’année ? [ƒNi]

France

Sarkozy, coq de combat…

Dans la presse algérienne…

http://www.lematindz.net/news/5338-sarkozy-a-mustafa-abdul-jalil-lalgerie-dans-un-an-liran-dans-trois.html

 

Sarkozy, jouant au coq de combat supplétif des Américains, aurait dit : "Vous verrez ce qui va se passer en Algérie dans un an et l'Iran dans trois ans".

Est-ce véridique? Le problème, en tous les cas, est que cela semble crédible!

 

Dans un article publié sur plusieurs sites internationaux en arabe-anglais et français intitulé "Sarkozy à Mustafa Abdul Jalil: l'Algérie dans un an, l'Iran dans trois", le journaliste libanais Nidal Hamadé, journaliste, correspondant en Europe d'Al-Intikad évoque les rôles respectifs des deux principaux alliés-acteurs des USA dans les événements au PO, à savoir la France et le Qatar !

Selon des sources françaises, citées par Nidal Hamadé sur une conversation qui a eu lieu entre le président français Nicolas Sarkozy et le président du Conseil de transition de la Libye, Mustafa Abdul Jalil, et ce, à l'occasion de la visite de ce dernier en France, Sarkozy a affirmé à son hôte, qui se plaignait de l’Algérie : "Patientez et vous verrez ce qui va se passer en Algérie dans un an et l'Iran dans trois ans".

Des propos qui signifieraient bien que ce qui se passe au Proche-Orient actuellement, surtout après la révolte des jeunes de l’Égypte, c'est-à-dire la chute du régime de Moubarak, est soumis à un agenda étranger à travers lesquelles les puissances occidentales "colonisatrices" veulent redessiner un Proche-Orient à leur taille ! En effet, selon Nidal Hamadé, le timing des menaces françaises contre l’Iran et celui de la campagne virulente du Qatar contre la Syrie ne sont pas innocents !

Au contraire, non seulement, ils révèlent "l’alliance secrète qui lie la France et le Qatar, dans le monde arabe sous le parrainage des Etats-Unis", mais en plus ils interviennent après "l'échec de la visite de l'Emir du Qatar (Hamad Bin Khalifa Al-Thani) à Téhéran, et dont le rôle de simple courtier pour le compte de Washington était de faire parvenir à Téhéran une demande américaine de couvrir le l’occupation américaine en Irak en acceptant sa prolongation pendant encore deux an", en échange les USA promettent d'ouvir des négociations sur tous les dossiers chauds de la région, y compris "le dossier nucléaire", souligne Nidal Hamadé.

Or selon ce dernier, "la réponse de l'Iran à l'émir du Qatar est la même que celle donnée aux Saoudiens à savoir que l'Iran ne couvrira pas la présence des forces américaines sur le territoire irakien , au contraire elle va défendre la position de ses alliés irakiens, en particulier le Premier ministre Nouri al-Maliki, qui exigent un retrait des forces américaines selon le délai fixé par la Convention américano-irakienne c’est-à-dire l’année prochaine".

Et donc, poursuit Nidal Hamadé : "Ce rejet de l'Iran a poussé la France et le Qatar, alliés immédiats des Etats-Unis dans les crises du monde arabe, à commencer par la guerre déclenchée contre la Libye et les provocations contre la Syrie, à se départager les tâches : d’un côté l’émir du Qatar a lancé une virulente campagne contre la Syrie immédiatement après sa rencontre avec les responsables iraniens en concordance avec une campagne sans précédent menée par Al-Jazira qui a diffusé de fausses informations sur de prétendues manifestations monstres à Damas ! Informations démenties par la télévision syrienne qui pendant cinq heures a retransmis en direct des images des places de la capitale syrienne au même moment où al-Jazira et une autre chaîne satellitaire diffusaient leurs informations erronées !" Mais le Qatar ne s’est pas arrêté là..

"Sa campagne contre la Syrie s’est poursuivie au sein de la réunion de la Ligue arabe tenue au niveau des ministres des Affaires étrangères pour discuter le dossier syrien, et où le ministre des Affaires étrangères du Qatar (Hamad Bin Jassim)a exprimé des positions trop rigides contre la Syrie", selon Nidal Hamadé.

Pour ce qui est de la France, "le président Sarkozy s'est attaqué à l’Iran, au point de menacer la République islamique d’Iran de frappes contre ses sites nucléaires pacifiques", ajoute le journaliste ! A la lumière de ce qui a été dit, "il semble que la campagne ciblant seule Syrie risque fort de s'élargir pour inclure l'Iran et .. l’Algérie : la première à cause de son programme nucléaire et sa position sur la présence américaine en Irak sans oublier son soutien aux mouvements de résistance dans les mondes arabe et islamique ; et la deuxième pour sa position envers la Libye en y provoquant de l'instabilité pour renverser l’actuel régime et assurer le retour de la France dans un pays riche en pétrole, en gaz et en uranium", souligne Nidal Hamadé !

"Sachant qu’il n’est pas possible à quiconque de lancer une guerre préventive contre l’Iran ou la Syrie, ce qui laisse l’Algérie exposée à toutes les éventualités", conclut le journaliste !

Mitterrand, mieux que Tatcher et Reegan (et c’est un socialiste qui l’avoue !)

[ƒNi] Tribune libre, dans Le Monde, d’un socialiste partisan de la « démondialisation »…

Son intérêt : avouer que la responsabilité de la crise actuelle du capitalisme remonte à Mitterrand (1983). Seuls les socialistes pouvaient faire le sale travail d’enterrer l’idée d’une alternative au capitalisme et de promouvoir le capitalisme comme horizon indépassable de l’humanité…

Dans ses propos je souligne le plus intéressant.

La démondialisation inquiète les partisans d'un libéralisme aux abois

Ce sont des socialistes qui ont imposé le dogme de la société de marché

La " démondialisation " est au coeur de la primaire de la gauche et sera au centre de la prochaine élection présidentielle. La convergence et la virulence des attaques dont ce projet politique fait l'objet, en particulier des déclarations critiques publiées au cours de l'été dans ces colonnes par Zaki Laïdi, Pascal Lamy et Pierre Lellouche, sont un indice de l'inquiétude qu'il suscite chez les tenants du libéralisme.

Leur thèse est connue : la mondialisation serait un phénomène inéluctable, parce que provoquée par des mutations technologiques irréversibles - " le porte-conteneurs et Internet ", selon Pascal Lamy. De surcroît, l'économie mondiale aurait atteint un tel degré d'intrication que les notions d'exportation et d'importation en seraient devenues caduques. Considérée comme l'horizon indépassable de l'humanité, la mondialisation impliquerait " l'adaptation " des économies et des sociétés nationales. Seule la " régulation " permettrait de " maîtriser " ses " excès ".

Quant aux millions de femmes et d'hommes que la mondialisation désespère - chômeurs au Nord, esclaves au Sud et à l'Est -, ils n'auraient qu'à prendre leur mal en patience, ses bienfaits supposés devant se faire sentir " à long terme ". Sacralisée à l'instar d'une loi de la nature, la mondialisation s'imposerait donc aux hommes. Proposer un autre modèle de développement déclenche aussitôt une classique entreprise de disqualification : la démondialisation serait une " absurdité " (Zaki Laïdi), une " illusion démagogique ", " une fable " (Pierre Lellouche), un " concept réactionnaire " (Pascal Lamy).

Bref, un véritable péché de l'esprit car, pour ses zélateurs, la mondialisation est une visée à la fois téléologique et théologique. Alors rappelons à ces esprits religieux que la loi de la gravitation n'a pas empêché les hommes de construire des avions ni les avions de voler. Les seules lois qui s'imposent à l'homme sont celles de sa raison et de sa volonté. Ce qui a été fait par des hommes peut être corrigé par d'autres hommes.

Surtout, si elle tire une part de sa force de données techniques, la mondialisation est avant tout un projet idéologique pensé, voulu et mis en oeuvre avec opiniâtreté par des intellectuels et des responsables politiques, de gauche qui plus est. Le rôle central d'une certaine élite de la gauche française, incarnée par Jacques Delors, Pascal Lamy et Michel Camdessus, dans la conception et la promotion de la mondialisation, a été décortiqué par Rawi Abdelal, professeur à la Harvard Business School, dans Capital Rules : The Construction of Global Finance, (Harvard University Press, 2007). Un livre qu'il serait de salubrité publique de traduire enfin en français et de faire lire au plus grand nombre...

Pénétrés de la supériorité du libre-échange, ces hommes se sont toujours considérés comme des progressistes en lutte contre les conservateurs du " vieux socialisme " dirigiste ; ils persistent dans cette vision des choses : c'est ce qui donne son sens au mot " réactionnaire " dans la bouche de Pascal Lamy. Pour eux, en 1983, le choc de la " contrainte extérieure " (c'est ainsi que l'on désignait alors la mondialisation) a été un événement providentiel, l'occasion de faire valoir leurs conceptions en jouant du traumatisme politique qu'a représenté sur le moment cette " fin des illusions ".

Ils ont alors convaincu François Mitterrand de libéraliser la finance. L'année 1983 n'a pas été l'année de la capitulation de la gauche française devant la finance, mais celle de son ralliement à celle-ci ! Un ralliement dont les mots d'ordre auront été " maîtrise " et " régulation ". A partir de 1985, ayant pris la tête de la Commission européenne (MM. Delors et Lamy) et du Fonds monétaire international (M. Camdessus), ils ont diffusé cette politique de libéralisation financière à l'ensemble de la planète. Par leur habileté politique et leur persévérance, ces " socialistes " français ont réussi à établir ce qu'il est convenu d'appeler le " consensus de Paris ".

C'est ce consensus et non celui de Washington, souvent décrié, qui a donné l'impulsion à la libéralisation mondiale des mouvements de capitaux. Ces hommes de gauche français ont ainsi créé un nouveau Moloch libéral, qui a dévoré toute la gauche européenne et ouvert à Tony Blair le chemin de sa " troisième voie ". Voilà ce que nous confirme l'historien américain dans son travail édifiant - quand la recherche universitaire conforte l'analyse politique.

La mondialisation a d'abord été financière : en 1983, Internet n'existait pas et les porte-conteneurs n'encombraient pas les océans. Elle le reste encore alors que les flux financiers commandent l'économie. Voir les financiers et leurs complices invoquer le bonheur des peuples du Sud et de l'Est - c'est le rôle du mythe de " l'énorme classe moyenne chinoise " - pour justifier un système qui sert avant tout à les enrichir est un des spectacles les plus obscènes auxquels il nous a été donné d'assister. C'est " le triomphe de la cupidité " dénoncé par le Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz. Un triomphe rendu possible non par la démission des hommes politiques de gauche, comme on le croit encore trop souvent, mais par leur consentement !

Financière, la mondialisation, au gré des accords successifs de libre-échange imposés aux peuples à leur insu par cette élite agissante de la gauche libérale, est devenue aussi la mise en concurrence des économies, des salaires, des fiscalités, des protections sociales, des peuples, des hommes, de leurs vies. Quel aveuglement idéologique que d'avoir accepté l'entrée de la Chine au sein de l'OMC en 2001 sans aucune contrepartie ! " Les idées, la connaissance, l'art, l'hospitalité, les voyages : ce sont là des choses qui, par nature, doivent être internationales. Mais produisons les marchandises chez nous chaque fois que c'est possible " : ce sont cette raison et ce sens des réalités humaines soulignés par Keynes que les partisans de la mondialisation ont voulu nous faire perdre. C'est le retour à cette sagesse qui est au coeur du projet de démondialisation.

Pour ses promoteurs, la mondialisation a toujours été un projet idéologique, le rêve d'un monde enfin débarrassé de la politique, où l'Homo oeconomicus aurait supplanté l'Homo sapiens, ce que Jürgen Habermas a résumé par la formule : " La mondialisation, c'est l'effondrement du pouvoir d'achat des bulletins de vote. " Quant à la " mondialisation heureuse ", rarement une mystification aussi cynique aura été tentée.

Ce projet a été démasqué et cette mystification dissipée. Les peuples ont compris la véritable nature de la mondialisation et ils retirent leur confiance aux gouvernements - droite et gauche confondues - qui leur ont imposé chômage et austérité en leur promettant des jours meilleurs.

Cette défiance s'exprime dans les taux d'abstention record, dans la poussée de l'extrême droite, dans la colère des paysans brésiliens sans terre ou celle des ouvriers de Continental Clairoix, licenciés pour motif économique et qui ont reçu en 2010 une proposition de reclassement à Bizerte (Tunisie) pour un salaire mensuel de 260 dinars (soit 133 euros). Les peuples refusent dorénavant d'attendre le " long terme " pour profiter des prétendus bienfaits de la mondialisation, parce qu'ils savent avec Keynes qu'" à long terme, nous serons tous morts "...

Soit nous conduisons une stratégie de protectionnisme raisonné, européen, social et écologique, soit les peuples céderont aux sirènes perverses des droites extrêmes. La démondialisation s'oppose ainsi autant au délire de l'ouverture infinie des marchés détruisant les protections sociales, les industries et les modes de vie, qu'au repli nationaliste et haineux de Marine Le Pen.

Démondialiser, ce n'est pas se retirer du monde, au contraire ; c'est vouloir l'habiter dans la solidarité et l'harmonie.

Aquilino Morelle

Professeur associé à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne

Directeur de la campagne d'Arnaud Montebourg

Palestine

Une analyse critique de l’initiative palestinienne à l’ONU

[ƒNi] L’argumentaire est intéressant : dans les conditions présentes, cette initiative constituerait une impasse politique en ce qu’elle ferait prévaloir l’étatique et le juridique sur la politique.

De ce point de vue, le Hamas serait plus politique et moins étatique que Mahmoud Abbas…

État palestinien: «les Palestiniens ont plus à perdre qu'à y gagner»

Jean-François Legrain (propos recueillis par Quentin Girard)

http://www.liberation.fr/monde/01012358705-etat-palestinien-les-palestiniens-ont-plus-a-perdre-qu-a-y-gagner

Les Palestiniens ont lancé ce jeudi une campagne pour appuyer leur demande d'adhésion à l'ONU d'un Etat de Palestine sur les frontières de 1967. L'Autorité palestinienne a l'intention de présenter cette demande d'adhésion aux Nations unies pendant la session annuelle de l'Assemblée générale qui s'ouvre la semaine prochaine. Jean-François Legrain, chargé de recherche au CNRS et spécialiste des élites palestiniennes en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, évalue la pertinence d'une telle initiative.

Quelles sont les chances que le projet aboutisse?

Il faut tout d'abord souligner qu'on ne connaît encore ni le contenu ni le destinataire de cette initiative. Des scénarios extrêmement divers sont à envisager. L'initiative peut être présentée soit à l'Assemblée générale de l'ONU, soit auprès du Conseil de sécurité, comme auprès des deux. Il peut s'agir d'une simple demande de reconnaissance d'un État, d'une demande de siège en tant qu'État membre à part entière des Nations Unies, de siège d'observateur en tant qu'État non-membre comme le Vatican. De même que l'on ne sait rien de ce qu'il en sera de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et d'une éventuelle rivalité entre «l'État Palestine» et l'OLP aujourd'hui détentrice d'un siège d'observateur à l'ONU. Chacun de ces scénarios a des faisabilités et des contenus politiques extrêmement différents. Jusqu'à aujourd'hui, on est dans le flou le plus total.

Ces difficultés à prendre position ne sont-elles pas liées aussi à l'attitude des autres pays comme les Etats-Unis ou Israël qui menacent de s'opposer voire pour le premier d'utiliser leur veto?

Cela tient en effet au fait que l'Autorité palestinienne de Ramallah veut se garder un peu tous les fers au feu. Elle veut jusqu'au dernier moment se garder la possibilité d'évaluer quelle initiative sera la meilleure au regard de ses intérêts propres. Mais j'aurai tendance, en tant qu'observateur, à penser que globalement et quelque soit le scénario envisagé les Palestiniens ont plus à perdre qu'à gagner. Dans de nombreux dossiers, les risques l'emportent sur les avantages. Si l'on prend en considération notamment ce qui apparaît dans la presse aujourd'hui, cette initiative serait palestinienne, unilatérale et viserait à obtenir un droit.

Or sur ces trois niveaux il s'agit d'un contresens. Cette initiative en fait n'est pas venue des Palestiniens mais des États-Unis. C'était alors les premiers temps d'Obama, l'époque du discours du Caire quand, entre autres objectifs, le nouveau président voulait marquer sa rupture avec son prédécesseur et débloquer le dossier israélo-palestinien. L'idée d'un «État dès maintenant» sans attendre la fin de l'occupation avait été relayée par Javier Solana au niveau européen en juillet 2009 et ensuite par le Quartet, mise en forme par le premier ministre de Ramallah, Salam Fayyad.

Mais cette stratégie des États-Unis a été abandonnée entre temps, avant même d'avoir été menée à son terme. Souvenons-nous du veto de février dernier contre une résolution rappelant l'illégalité de la colonisation israélienne. Au mois de mai, de façon plus ou moins voilée, Obama a dès lors prévenu qu'il utiliserait également son veto si les Palestiniens venaient à l'ONU. Du coup, aujourd'hui, ce qui au départ était une initiative américaine et internationale n'est plus qu'une initiative palestinienne.

Et sur les questions du droit?

Cette initiative n'a plus grand chose à voir avec le droit. L'État de Palestine, tel qu'il est envisagé aujourd'hui est en complet décrochage avec le droit national à l'auto-détermination, la souveraineté, l'indépendance et avec un certain nombre des résolutions des Nations Unies afférentes. A l'origine la notion d'État palestinien venait consacrer le droit à l'autodétermination. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Si en septembre les Nations Unies reconnaissent sans plus de précision l'État de Palestine (avec ou sans siège en tant que membre), le peuple palestinien aura perdu l'essentiel.

C'est en effet juridiquement dans les limites de cet État que le peuple palestinien sera reconnu comme une entité. Ce qui veut dire que le peuple palestinien sera réduit à la seule population d'une partie de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Mais en seront exclus tous les Palestiniens de la diaspora, les réfugiés, les Palestiniens d'Israël et ceux de Jérusalem situés à l'extérieur des frontières de l'État envisagé.

Mais est-ce qu'il ne faut pas passer d'abord par la création d'un État pour avoir ensuite un retour du peuple Palestinien?

Non parce que juridiquement, le peuple palestinien sera lié à l'État et ses frontières. Si on considère que c'est les frontières de 67, ce qui n'est pas même pas acquis, le peuple est privé de la majorité de ses membres. A moins qu'il ne soit expressément fait état du droit des réfugiés tel qu'il était envisagé jusqu'aux négociations d'Oslo. Si l'État de Palestine se substituait à l'OLP, ce serait le représentant reconnu légitime de l'ensemble du peuple palestinien qui serait exclu de l'enceinte internationale.

Pourquoi continuer dans cette voie si elle a principalement des aspects négatifs?

C'est toute la question. Pour moi il ne s'agit pas d'une avancée du droit. Ce n'est que l'énième initiative prise par un leadership palestinien qui a perdu une grande part de sa crédibilité auprès de son peuple et qui veut défendre à tout prix ses prérogatives. Aujourd'hui, l'État palestinien a été déconnecté de la souveraineté. Personne n'imagine que si un État de Palestine est ce mois-ci reconnu par l'ONU, les Palestiniens vont trouver l'indépendance avec la fin à l'occupation militaire.

Quelle est la position du Hamas?

De façon générale, il y a une volonté de non-intervention en sachant très bien que pour le Hamas, l'État n'est pas la priorité. La priorité c'est la sauvegarde du peuple et de son unité et la fin de l'occupation. Pour lui, l'État tel qu'il est conçu aujourd'hui par l'autorité de Ramallah n'est pas à la hauteur de ses revendications. Mais le camp nationaliste est lui-même extrêmement critique. Il n'y a aucun consensus sur cette initiative, des divergences semblant même intervenir entre le président Mahmoud Abbas et son Premier ministre Salam Fayyad.


En revanche, du côté des Israéliens, on est là clairement opposé à toutes revendications d'un Etat palestinien.

Non, il y a un jeu un peu plus subtil. Certains au contraire voient dans cette initiative une aubaine. Puisque tout le monde est convaincu que cela ne changera rien sur le terrain, ce qui serait qualifié d'unilatéralisme palestinien peut être utilisé pour justifier une décision unilatérale israélienne. Le ministre des Affaires étrangères Liberman serait sur cette ligne, ainsi que d'autres. Il pourrait s'agir alors d'annexer la zone C, qui représente 60% du territoire d'où l'Autorité palestinienne est toujours exclue en laissant aux Palestiniens pour solde de tout compte cet «État», soit les quelques lambeaux de Cisjordanie (sans Jérusalem bien sûr) et la bande de Gaza.

Palestine-Israël

Succès de la campagne BDS

[ƒNi]

Une intéressante circulaire du CAPJPO-Europalestine avec lequel j’avais été au Caire fin 2009. En effet, je n’avais pas pris mesure des premiers succès de la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanctions.

 

Comme vous avez pu le constater, l'été a été chaud à tous points de vue, mais la rentrée va l'être également.

 

La bande de Gaza a subi de nouveaux bombardements israéliens, qui ont causé une vingtaine de morts et de nombreux blessés, dont des enfants, tandis que la colonisation de la Cisjordanie se poursuit sans relâche, de même que les arrestations et emprisonnements de très nombreux Palestiniens

(voir par exemple sur notre site les exactions israéliennes contre le Théâtre de la Liberté à Jénine).

 

Les dirigeants israéliens ne veulent pas de paix, et font tout pour entretenir un climat de violences et de provocations, permettant de détourner l'attention du nettoyage ethnique qui s'accélère, de remettre en cause toute possibilité de réconciliation entre les différentes tendances politiques palestiniennes,

et de tenter de se soustraire aux mouvements sociaux qui se sont développés en Israël même.

 

Mais leur brutalité et leur impunité sont mises à l'épreuve.

Tout d'abord par la résistance populaire palestinienne qui n'a pas baissé les bras, et continue à multiplier les mobilisations contre le mur, les annexions de terre et l'impossibilité croissante de se rendre à Jérusalem Est.

Par la mobilisation du peuple égyptien, qui manifeste contre la collaboration israélo-égyptienne et fait savoir aux militaires encore en place après la chute de Moubarak, qu'il faut désormais compter avec la volonté populaire : pour mettre fin à un ordre social économique et social en Égypte même, mais aussi vis-à-vis du peuple palestinien martyr.

Par les annonces récentes de la Turquie qui a rompu les relations diplomatiques avec Israël après son refus de faire des excuses pour l'assassinat des 9 passagers du Mavi Marmara le 31 mai 2010

Par les initiatives de la société civile internationale contre le blocus de Gaza et contre celui de la Cisjordanie.

 

NOUS BRISERONS LES BLOCUS

 

Israël a réussi cet été à faire faire par des gouvernements européens une partie du "sale boulot". Le gouvernement grec a bloqué dans ses ports les bateaux de la Flottille pour Gaza.

Plusieurs compagnies aériennes européennes ont accepté de bloquer dans des aéroports européens des centaines de participants de la mission "Bienvenue en Palestine", avec l'aval du gouvernement français.

La plupart des gouvernements concernés, à commencer par le nôtre, n'ont pas élevé la moindre protestation contre l'arrestation et l'emprisonnement en Israël de 126 femmes, hommes et enfants, dont le seul tort était de vouloir rendre visite à des associations et familles palestiniennes et de le déclarer en toute franchise à l'aéroport de Tel Aviv.

Mais, ce faisant, les uns et les autres ont perdu la bataille de l'image. Les médias du monde entier, y compris la plupart des médias israéliens, ont été choqués par cette atteinte à la liberté de circulation contre des personnes parfaitement non violentes, et par le fait que les Palestiniens, prisonniers sur leurs terres, ne puissent même pas avoir le droit de recevoir des visites. L'opinion publique mondiale a ainsi eu l'occasion de découvrir qu'un blocus était non seulement imposé aux Gazaouis, mais également à tous les autres Palestiniens interdits de visites.

 

Loin d'avoir "cassé" un élan de solidarité, les gardiens de camps ont renforcé la détermination de celles et ceux qui sont décidés à faire valoir les droits de l'Homme et le droit international.

Nous avons obligé les compagnies aériennes à rembourser les billets des passagers auxquelles elles avaient refusé l'embarquement, et de nombreuses plaintes ont été déposées pour l'ensemble des préjudices subis.

Et nous sommes bien décidés à continuer à dénoncer activement les pratiques illégales et arbitraires de l'occupant israélien concernant le droit ou pas d'accéder à des territoires qui ne lui appartiennent pas.

 

BDS MARQUE DES POINTS 

 

La campagne de Boycott d'Israël s'amplifie dans le monde entier à tous les niveaux et avec succès ! Agrexco, la compagnie israélienne qui exporte les fruits et légumes de l'occupation est en liquidation judiciaire. Veolia vient de perdre de nouveaux contrats. Les artistes sont de plus en plus nombreux à renoncer à se rendre en Israël. Les actions dénonçant les crimes de guerre israéliens se multiplient sous de multiples formes. Ainsi, à Londres la semaine dernière, quelques dizaines de militants ont fait la "une" des médias britanniques en interrompant à plusieurs reprises l'Orchestre philharmonique d'Israël venu donner un concert dans une salle prestigieuse.

 

Et en France, le 8 juillet dernier, la 17ème Chambre correctionnelle du tribunal de Paris a renvoyé dans les cordes le gouvernement français et les associations du lobby israélien qui poursuivaient Olivia Zémor en justice pour avoir diffusé une vidéo d'une action de boycott dans un supermarché Carrefour. Les attendus de ce jugement rendus par un tribunal spécialisé dans le droit de la presse et tout ce qui touche à la liberté d'expression ont été très explicites sur notre droit absolu, en tant que citoyens, à appeler au boycott d'un pays ou de ses produits, quand notre conscience nous le dicte. Aucune incitation à la haine, ni antisémitisme dans ce genre de situation a conclu le tribunal en s'appuyant notamment sur l'histoire positive du boycott dans les luttes d'émancipation des peuples.

 

D'autres procès BDS sont prévus dans les prochaines semaines, dont un à Bobigny le jeudi 20 octobre, un autre à Mulhouse le 17 novembre. On ne connaît pas encore la date concernant celui de Perpignan. Mais la mobilisation doit être au rendez-vous dans tous les cas.

 

ALERTE :  LA LDJ ORGANISE UNE "EXPEDITION" EN CISJORDANIE !

 

La LDJ annonce, sur son site, organiser du 19 au 25 septembre un déplacement en Cisjordanie pour aller agresser les Palestiniens. Ils écrivent : "Ce voyage est réservé aux militants ayant une expérience militaire : le but de cette expédition est de prêter main forte à nos frères face aux agressions des occupants palestiniens".

 

Et le gouvernement français qui a envoyé des CRS à Roissy pour gazer les citoyens français qui voulaient se rendre en Cisjordanie, n'a pas bronché face à cette véritable menace. Nous devons réagir et appelons l'ensemble des associations à se mobiliser.

(http://www.europalestine.com/spip.php?article6431)

 

CAPJPO-EuroPalestine

http://www.europalestine.com

États-Unis

Des guerres impériales devenant dures à soutenir financièrement…

Des montants impressionnants , qui se chiffrent en milliers de milliards de $ (dont 1 000 milliards simplement d’intérêts supplémentaires sur la dette !) ?

Combien de temps les États-Unis pourront-ils encore continuer ce « train de vie impérial » sans engager ouvertement le pays dans une logique générale de guerre ?

 

Les dépenses militaires se sont envolées aux Etats-Unis et au Royaume-Uni après les attaques d'Al-Qaida

Le Monde, 11-12 septembre

Les attentats antiaméricains du 11 septembre 2001 à New York et à Washington ont entraîné une riposte militaire et des réponses politiques, avec, entre autres, le développement d'un arsenal antiterroriste sophistiqué dans la plupart des pays occidentaux.

Dix ans après, peut-on chiffrer leurs coûts financiers, directs et indirects, ainsi que leurs conséquences ? L'Institut international de recherches pour la paix (SIPRI), un centre d'études reconnu, situé à Stockholm, s'est essayé à l'exercice pour les Etats-Unis et quelques autres Etats.

Première observation : le budget " de base " du Pentagone, qui stagnait avant 2001, s'est accru de 81 % depuis cette date, et cela en excluant les dépenses de guerre en Irak et en Afghanistan - il devrait être de 553 milliards de dollars (405 milliards d'euros) en 2012.

La " guerre contre le terrorisme " décrétée, aux Etats-Unis, par l'administration républicaine au lendemain des attentats d'Al-Qaida s'est matérialisée par ces deux invasions, suites indirectes des événements du 11-Septembre. Le coût des deux conflits est assez simple à évaluer même si leurs effets et leurs coûts additionnels à long terme restent incertains. Les services de recherche du Congrès américain ont calculé que les opérations militaires menées depuis dix ans ont englouti 1 283 milliards de dollars. Soit 805,5 milliards de dollars pour l'Irak et 443 milliards pour l'Afghanistan, le reste ayant servi à l'amélioration d'infrastructures de l'armée américaine.

Quelque 132 milliards supplémentaires ont été sollicités pour 2012 et les services du Capitole estiment que l'effort militaire pour les deux pays devrait avoisiner 354 milliards d'ici à 2021.

Le département de la Sécurité intérieure (Homeland Security), créé pour coordonner et stimuler le travail de 22 agences fédérales, aurait, lui, bénéficié de 360 milliards de dollars additionnels, d'après une étude de l'université de l'Ohio, voire de 401 milliards pour l'organisation Costofwar.org. Le secteur du renseignement s'est, quant à lui, vu affecter 110 milliards de dollars.

Costofwar.org et la Brown University de Rhode Island évoquent encore certains coûts " cachés " des guerres d'Irak et d'Afghanistan : 31,3 milliards pour les soins et les allocations aux blessés et anciens combattants et... 1 000 milliards de dollars (715 milliards d'euros) pour les intérêts supplémentaires sur la dette des Etats-Unis d'ici à 2020.

L'industrie de l'armement a, elle, largement profité d'une décennie qui a vu les dépenses militaires mondiales augmenter de plus de 50 %, pour atteindre 1 630 milliards de dollars (1 193 milliards d'euros) en 2010. Une hausse due, pour une large part, à la croissance des budgets américains.

Du côté européen, la discrétion est de mise sur l'ampleur des dépenses consenties au nom de l'antiterrorisme. Dans un rapport établi le 20 juillet sur la politique menée par l'Union européenne (UE), la députée libérale néerlandaise Sophie in't Veld demande à la Commission de produire pour 2012 une " étude complète et détaillée concernant tous les fonds de l'Union utilisés à des fins de lutte contre le terrorisme ". Le total avoisinerait 93 millions d'euros, contre... 5,7 millions en 2001.

Un montant communautaire évidemment dérisoire et à rapprocher des données du SIPRI concernant les dépenses militaires du Royaume-Uni et de l'Allemagne - l'étude n'a pas été menée sur la France.

Londres aurait dépensé l'équivalent de 9,5 milliards d'euros en Irak et 16 milliards en Afghanistan. 4,5 milliards ont encore été réclamés pour ce dernier conflit, pour la période 2011-2012.

Selon une étude publiée en 2010, l'Allemagne aurait, quant à elle, consacré 6,7 milliards d'euros à l'Afghanistan et devrait en dépenser 3 de plus jusqu'à la fin du retrait graduel des troupes de la Bundeswehr, prévue pour 2016. Le pays devrait en outre dépenser 1,3 milliard pour la reconstruction et affecter 317 millions à des missions de formation de la police.

Enfin, dans un document qui devrait être approuvé lundi 12 septembre, le Conseil européen dira sa volonté d'apporter un soutien accru à des États particulièrement exposés à la menace terroriste : le Pakistan, le Yémen, les pays du Sahel et de la Corne de l'Afrique, etc. Ces plans devraient être financés par les États membres mais on ignore quels montants sont en jeu.

Ce que coloriage veut dire pour les enfants de ce beau pays…

[ƒNi] La dernière production US pour les petits américains : édifiant, is’nt it ?

http://www.youtube.com/watch?v=3nJlk_Em7xY

http://www.coloringbook.com/weshallneverforget911coloringbook.aspx

Inde

Les crimes de masse ordinaires de l’industrie pharmaceutique

[fNi] Les horreurs ordinaires du capitalisme… Vive le communisme ! = que la filière Santé ne soit plus égarée par la cupidité !

 

En Inde, l'accès aux génériques suspendu à un procès

Le Monde, 7 septembre

Le groupe pharmaceutique suisse Novartis est de retour devant les tribunaux indiens pour tenter de faire breveter le Glivec, un médicament utilisé dans le traitement contre la leucémie, malgré trois refus déjà prononcés par la justice du pays au cours des cinq dernières années. Les auditions devant la Cour suprême indienne ont repris, mardi 6 septembre. Elles devraient durer plusieurs mois.

L'ACCÈS AUX SOINS DES PLUS PAUVRES EN JEU

Au-delà du Glivec, c'est toute la question de l'accès aux soins des plus pauvres grâce aux génériques qui est en jeu. Des organisations non gouvernementales (ONG) comme Sidaction ou Médecins sans frontières craignent qu'une éventuelle victoire de Novartis fasse jurisprudence et menace l'accès aux médicaments bon marché produits en Inde. Novartis estime, au contraire, que "les brevets sauvent des vies en stimulant la recherche".

L'Inde respecte le droit à la propriété intellectuelle depuis le vote, en 2005, de sa première loi sur les brevets. Elle y avait toutefois inclus une clause empêchant les laboratoires pharmaceutiques de prolonger de vingt ans leur brevet en se contentant de quelques modifications mineures sur une molécule déjà protégée : la clause "5d" prévoit que seule une "nouvelle forme de substance connue peut être brevetée".

L'Inde avait invoqué cette disposition pour rejeter, en 2006, un brevet sur le Glivec. Novartis avait alors saisi la Haute Cour de justice de Chennai pour contester la conformité de la loi indienne vis-à-vis des règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en matière de propriété intellectuelle et réclamer le droit de breveter son anticancéreux.

L'innovation, qui porte sur un changement de molécule, existe bel et bien. Mais encore faut-il que ce changement ait des effets thérapeutiques, ce qu'a refusé de reconnaître la Haute Cour de justice de Chennai. "Les dérivés d'une substance connue doivent être considérés comme cette même substance, à moins qu'ils diffèrent significativement dans leurs propriétés eu égard à leur efficacité thérapeutique", indique le jugement de 2007.

S'agissant de la conformité de la clause "5d" de la loi indienne aux règles internationales, le juge avait débouté Novartis, non sans une certaine ironie : il avait suggéré au laboratoire de déposer un recours auprès de l'OMC, une procédure réservée aux seuls États.

UN TARIF PROHIBITIF

Depuis, Novartis a changé de tactique: le laboratoire ne conteste plus la loi indienne, mais réclame des "clarifications". "Le prix du médicament a été mentionné pour nous refuser un brevet. En quoi le prix peut-il être invoqué pour contester le droit à la propriété intellectuelle ?", s'interroge Hugues Joublin, un des responsables de la communication de Novartis.

Le groupe pharmaceutique réclame un brevet sur le Glivec au motif que celui-ci constitue "une innovation radicale". "Même si, pour arriver à la substance finale, des brevets sont toujours déposés aux étapes successives de la recherche", précise Hugues Joublin.

Si Novartis remporte son procès, les génériques indiens du Glivec ne seront plus commercialisés. Or ces derniers coûtent entre 150 euros et 200 euros par mois de traitement, contre 2 500 euros pour le Glivec. Sans générique, chaque patient devra donc débourser 30 000 euros par an pour se soigner. Ce tarif est prohibitif pour l'immense majorité de la population indienne, qui ne vit qu'avec quelques euros par jour et ne bénéficie d'aucune couverture sociale.

Conscient du problème, Novartis a mis en place le programme Glivec International Patient Assistance Program (GIPAP), en partenariat avec The Max Foundation, une organisation américaine, pour distribuer gratuitement, en Inde et dans d'autres pays d'Asie, son anticancéreux aux plus pauvres. Le laboratoire affirme que 17 000 patients indiens ont d'ores et déjà bénéficié de ce programme depuis sa création, en 2002. Alors que 30 000 personnes sont aujourd'hui atteintes de leucémie dans le pays, selon les associations.

Le laboratoire cherche aussi à prouver que le prix du médicament n'est pas un obstacle aux soins des plus défavorisés : grâce au GIPAP, les patients les plus pauvres sont soignés avec le médicament le plus cher. "Mais les patients doivent mendier pour en bénéficier, et que deviendront-ils si demain le Glivec est breveté et que le programme s'arrête ?", s'inquiète Shubha Maudgal, chercheuse à l'Association d'aide aux patients du cancer.

CONSÉQUENCES SUR LE PRIX D'AUTRES MÉDICAMENTS

Si un brevet est déposé en Inde sur le Glivec, de nombreux autres pourraient suivre. La Haute Cour de justice de Delhi a, par exemple, refusé, en août 2009, un brevet au groupe pharmaceutique allemand Bayer, en s'appuyant sur la jurisprudence Glivec.

En Inde, 9 000 demandes de brevets attendent d'être examinées. S'il leur est donné suite, la production de génériques indiens risque de diminuer, ce qui mettrait en danger la "pharmacie des pays pauvres" : l'Inde est le premier exportateur mondial de génériques, et 67 % de ses exportations sont destinées aux pays pauvres. Plus de la moitié des médicaments utilisés dans les pays en développement pour traiter les malades du sida viennent de ce pays. Cela représente 80 % des achats des organisations internationales, selon Sidaction.

La décision de la Cour suprême indienne aura des conséquences sur le prix d'autres médicaments, et pas seulement en Inde. Mais Novartis, par ailleurs deuxième producteur de génériques au monde, affirme être prêt à subventionner ses médicaments avec, dans certains cas, l'aide des États, pour que les plus défavorisés puissent bénéficier des traitements.

L'accès aux médicaments dans les pays pauvres doit-il dépendre de Novartis ? De nombreuses ONG préfèrent encore dépendre des génériques indiens.

Julien Bouissou

Analyse du capitalisme

Le gros de la crise arrive…

[ƒNi] Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que depuis l’été 2008, les États occidentaux ont pris le relais de Madoff, reportant à plus tard (après leurs élections ?) le gros de la crise accumulé depuis le début des années 80.

Et voilà que les journalistes, qui n’ont eu de cesse de titrer « Maintenant que la crise est finie, qu’elle est derrière nous… » quand ils savaient parfaitement à quoi s’en tenir, jouent les surpris et déniaisés.

Trois exemples.

Éditorial du Monde (9 septembre)

Hier encore, lors d'un déjeuner avec les députés de l'UMP, Nicolas Sarkozy a présenté un diagnostic très sombre de la situation économique du pays, évoquant le " tsunami " qui nous menace et la " catastrophe " que constituerait l'abaissement de la note triple A dont bénéficie toujours la France sur les marchés internationaux. S'il en est bien ainsi - et, de l'avis de la plupart des experts, cela semble malheureusement le cas -, la mobilisation générale devrait déjà être décrétée et l'économie de guerre adoptée.

 

Arnaud Leparmentier, journaliste du Monde

http://elysee.blog.lemonde.fr/2011/09/08/

Nicolas Sarkozy est au bord de l'abîme, et c'est ce qui pourrait lui permettre d'être réélu. C'est en tout cas le pari que font ses conseillers, alors que la crise grecque est en passe de se transformer en crise bancaire, que nul n'ose exclure un scénario comparable à celui qui précéda le la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008. Les électeurs, au moment de l'élection, ne seraient pas en train de s'interroger sur le pouvoir d'achat ou les inégalités croissantes, mais la survie même du système. L'entourage du président ne nie pas le poids du chômage, mais un de ses conseillers assure que si le chômage faisait l'élection, Blair n'aurait pas été élu en 1997 face à Major, Jospin n'aurait pas été battu en 2002 et Schröder n'aurait pas été réélu cette même année. Ce jugement peut être contesté, mais c'est celui qui est avancé. « Si on n'est pas seulement en ralentissement ou en récession, si la question est de savoir si le système va couler, alors les électeurs voudront avoir quelqu'un qui tient la barre. », explique un proche du président. « Il y a un effondrement historique de la confiance des cadres. On n'est pas dans des revendications sur l'emploi, le pouvoir d'achat ou les salaires. On est au délà », assure Raymond Soubie, ancien conseiller social de l'Elysée qui estime que « tout peut arriver dans la zone euro ».

 

Le Nouvel Observateur

Crise financière : retour à la case départ ?

Quatre ans après le début de la crise des subprimes, trois ans après la faillite de Lehman Brothers, un an et demi après le premier plan de sauvetage de la Grèce, la crise semble s’installer.

L’effondrement des Bourses, angoissées par l’ombre de la récession, les problèmes non résolus de la Grece, l’état de santé des banques et le revers électoral subi par Angela Merkel dans la région de Mecklembourg-Poméranie, a délivré les responsables financiers de leur habituelle langue de bois. Lors d’une conférence sur la crise, organisée lundi 5 septembre par l’Institut Montaigne, un cercle de réflexion présidé par Claude Bébéar, le pessimisme était de rigueur.

Le banquier Benoît d’Angelin, qui a travaillé pendant quinze ans pour feu Lehman Brothers, a tiré la sonnette d’alarme: "On constate une extrême aversion au risque des investisseurs institutionnels. Depuis mars 2011, ils vendent tout ce qui présente le moindre risque, y compris des actifs de très grande qualité. Ils ne le font pas encore massivement, mais ils le feront si tous leurs clients les poussent à se réfugier vers l’or, le yen ou le franc suisse."

En clair, l’effondrement des actions n’est pas le fait des seuls spéculateurs. Et tant qu’il y aura le moindre doute sur la capacité d’un Etat à rembourser sa dette en Europe, les ventes en Bourse, même irrationnelles, continueront. Les actions bancaires sont en première ligne. On n’aurait donc encore rien vu?!

La crise va différencier les pays occidentaux

Ci-dessous le résumé d’une récente note de Patrick Artus (Natixis) : la France se retrouverait, avec le Royaume Uni, aux côtés de l’Espagne et de l’Italie dans les pays qui vont plonger dans la décennie qui s’ouvre.

http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=59734

Rivalité États-Unis/Europe ou $/€

Autre résumé d’une autre étude du même :

http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=59686

Les États-Unis gagnent du temps en affaiblissant l’Europe…

L’oligarchie mondiale : état des lieux

Ce serait non plus 100 familles mais 147 compagnies qui, selon une récente étude (fin juillet) The network of global corporate control [Le réseau du contrôle global des grandes sociétés] de  S. Vitali, J. B. Glattfelder, S. Battiston, contrôleraient le capitalisme international.

http://arxiv.org/PS_cache/arxiv/pdf/1107/1107.5728v1.pdf

 

Résumé : La structure du réseau de contrôle des multinationales (TNC = Trans National Corp.) affecte la concurrence sur le marché global et la stabilité financière. Jusqu’ici, seuls des échantillons nationaux modiques ont été étudiés, et aucune méthodologie appropriée n’avait été développée pour valider globalement le niveau de contrôle. Nous présentons la première investigation de l'architecture du réseau international de propriété, accompagné du calcul du niveau de contrôle détenu par chacun des acteurs globaux. Nous trouvons que les multinationales (« transnational corporations ») forment une structure de nœud-papillon géante, et qu’une grande part du contrôle est drainée vers un cœur tissé serré d’institutions financières. Ce cœur peut être vue comme une « super-entité économique » dont l’existence soulève de nouvelles et importantes questions tant pour les chercheurs que pour les organes d’élaboration des politiques (« policy makers »).

 

Voici des représentations du type de réseau concerné:

 

Au total, 147 méga-multinationales, aux intérêts fortement entremêlés, contrôleraient la production de plus de 43 000 multinationales, et les 3/4 de ce groupe des 147 compagnies seraient des entreprises financières (banques, fonds, assurances…) :

En voici les 50 premières (dont 5 françaises – Natixis, dont les études économiques sont utilisées ci-dessus, est la 17°) :

 

Histoire du communisme

Wagner

Introduction aux tomes 3 et 4 de ses écrits (1871)

L’emploi fréquent du mot : « Communisme » pourrait être du plus grand danger pour l’auteur, s’il allait se présenter aujourd’hui à Paris avec ces écrits artistiques ; car il se range ostensiblement, en face de l’« Égoïsme », dans cette catégorie éminemment proscrite. Je crois même que le lecteur allemand bénévole, pour qui cette antithèse sera tout de suite évidente, n’aura pas de peine à savoir s’il doit me compter parmi les partisans de la récente « Commune » de Paris. Je ne veux pas nier cependant que je n’aurais pas approfondi avec l’énergie que j’ai déployé ici cette acception (empruntée aux mêmes écrits de Feuerbach avec le même sens), du contraire de l’égoïsme dans le [mot] Communisme, si dans cette notion ne s’était présenté à mon esprit comme principe, un idéal politico-social d’après lequel je comprenais le « Peuple » dans le sens de l’incomparable activité de la primitive communauté préhistorique, et si je ne l’avais jugé rétabli dans la mesure la plus entière comme organisme commun à tous dans l’avenir.

Il est remarquable pour mes expériences pratiques que, dans le premier des écrits que voici, L’art et la Révolution, destiné d’abord à un journal politique paraissant à Paris (où je séjournai quelques semaines dans l’été de 1849), j’évitai ce terme : Communisme – de peur, me semblait-il, d’un malentendu grossier de la part de nos frères français souvent encore un peut trop « sensuels » dans la conception de mainte notion ; cependant je l’employai sans scrupule dans mes écrits artistiques ultérieurs destinés d’abord à l’Allemagne, ce qui est aujourd’hui pour moi le témoignage de ma confiance profonde dans les qualités de l’esprit allemand.

L’Œuvre d’art de l’avenir (1849)

Pour engendrer, il faut l’absorption de l’égoïsme dans le communisme.

La période [qui s’étend] depuis ce moment [grec] jusqu’à nos jours est donc l’histoire de l’égoïsme absolu et la fin de cette période marquera la délivrance vers le communisme.

[Note de Wagner] Il est dangereux à cause de la police d’employer ce mot ; pourtant, il n’y en pas d’autre qui désigne mieux et plus exactement le contraire parfait de l’égoïsme. Celui qui a honte, aujourd’hui de passer pour égoïste, - et personne, certes, ne le veut franchement et sans détour, - est bien obligé d’accepter d’être qualifié de communiste.

Le héros de la comédie est l’opposé du héros de la tragédie : de même que celui-ci, en communiste, c’est-à-dire en tant qu’individu qui, par la force de son être, s’absorbe nécessairement mais librement dans la communauté, s’en tenait involontairement à son milieu et à ses contraintes, celui-là tâchera, étant égoïste, ennemi de la communauté, de s’en abstraire ou de se l’adapter à volonté ; mais dans cet effort, il sera combattu, obsédé, et vaincu finalement par la communauté dans ses formes les plus variés et les plus variables.

Un poème pour temps de doute…

Brecht : « N’attends d’autre réponse que la tienne ! »

 

À celui qui doute

An den Schwankenden

Tu dis :

Cela va mal pour notre cause.

Les ténèbres se font plus noires. Les forces diminuent.

Aujourd’hui, après tant d’années de travail,

Notre situation est plus difficile qu’au début.

Du sagst:

Es steht schlecht um unsere Sache.

Die Finsternis nimmt zu. Die Kräfte nehmen ab.

Jetzt, nachdem wir so viele Jahre gearbeitet haben

Sind wir in schwierigerer Lage als am Anfang.

 

 

L’ennemi, lui, est là, et plus fort que jamais.

Ses forces ont crû, semble-t-il. Il a pris un aspect invincible.

Quant à nous, nous avons commis des fautes, on ne peut plus le nier.

Le nombre des nôtres s’amenuise.

La confusion règne dans nos mots d’ordre. Certains d’entre eux,

Déformés par l’ennemi, sont rendus méconnaissables.

Der Feind aber steht stärker da denn jemals.

Seine Kräfte scheinen gewachsen. Er hat ein unbesiegliches Aussehen angenommen.

Wir aber haben Fehler gemacht, es ist nicht zu leugnen.

Unsere Zahl schwindet hin.

Unsere Parolen sind in Unordnung. Einen Teil unserer Wörter

Hat der Feind verdreht bis zur Unkenntlichkeit.

 

 

Ce que nous avons dit, est-ce faux aujourd’hui

En partie ou totalement ? Sommes-nous des vestiges,

Des êtres rejetés du fleuve de la vie ? Allons-nous rester en arrière

Sans comprendre personne et plus compris d’aucun ?

Was ist jetzt falsch von dem, was wir gesagt haben

Einiges oder alles?

Auf wen rechnen wir noch? Sind wir Übriggebliebene, herausgeschleudert

Aus dem lebendigen Fluß? Werden wir zurückbleiben

Keinen mehr verstehend und von keinem verstanden?

 

 

Devons-nous compter sur la chance ?

Müssen wir Glück haben?

 

 

Telles sont tes questions. N’attends

D’autre réponse que la tienne !

So fragst du. Erwarte

Keine andere Antwort als die deine!

 

in Poèmes de Svendborg (1933-1939)

Trad. Gilbert Badia et Claude Duchet

Publications

« Notes & hypothèses sur les soulèvements en Tunisie & en Égypte »

de Catherine Hass (revue Contre-Attaques)

[ƒNi] Une réflexion politique originale sur la situation dans les pays arabes au sortir de l’été, à discuter bien sûr (j’aurais, pour ma part, un certain nombre de réserves à énoncer : ainsi la « contemporanéité » mise en avant tend à aligner ces soulèvements sur notre désastreuse situation en France et ce faisant à minimiser leur décalage et invention politiques propres – cette interprétation se légitime d’un recours que je trouve un peu hasardeux à certains mots d’ordre de ces mouvements) mais avant tout à lire. C’est bien sûr à ce titre que je la diffuse ici.

(décharger le fichier pdf pour lire les pages 382 à 387)

Sur l’école

[ƒNi] L’analyse des transformations de l’école (et de la perte de « foi » en l’État républicain !!!) attire l’attention sur ce livre.

Crise de l’école = crise de l’État, et la mise en place progressive (le livre semble décrire la stratégie soigneusement cachée derrière une série de mesures parcellaires) de deux écoles atteste que l’idée « bourgeoise » d’État est elle-même en grave crise…

Compte rendu de La Nouvelle École capitaliste de Christian Laval, Francis Vergne, Pierre Clément et Guy Dreux, La Découverte

par Luc Boltanski, sociologue

Le Monde

 

Comment le système scolaire a été converti aux méthodes de gestion de l'entreprise

L'école déclasse

 

Que l'école serve le capitalisme, ce n'est pas vraiment un scoop. Cette idée a été au centre, particulièrement dans la décennie 1965-1975, d'une série de recherches importantes. Cela avant que la critique des inégalités scolaires ne soit, au cours des années 1980-1990, mise au placard des vieilleries marxisantes par la pensée anti-68. L'ouvrage dirigé par Christian Laval doit relever deux défis : d'une part, montrer en quoi l'école capitaliste d'aujourd'hui se différencie de l'école capitaliste d'hier ; d'autre part, critiquer l'école qui se met actuellement en place sans idéaliser l'ancienne "école républicaine". En effet, aucun domaine n'est aussi fortement imprégné, aujourd'hui, de " républicanisme ", que l'école. L'idéologie néorépublicaine, ce poison qui est en train d'envahir la pensée française, de l'extrême gauche à l'extrême droite, avec ses relents de xénophobie, de moralisme et de nationalisme, ne se nourrit-elle pas, elle aussi, de la dénonciation, au moins verbale, du "capitalisme" ? Les auteurs se tirent plus ou moins bien de ces deux -difficultés.

"Princesse de Clèves"

L'ouvrage offre un bilan bien informé et minutieux des mesures qui ont progressivement changé les contours de l'école. On peut donc le lire comme une sorte de vade-mecum, clair et documenté, du néolibéralisme contemporain.

On y apprend que le tournant néolibéral de l'éducation s'est opéré non par l'intermédiaire de décisions fracassantes, susceptibles de susciter des mobilisations d'envergure (ce qu'aurait été, par exemple, l'instauration d'une "sélection" à l'entrée dans l'université), mais par le truchement d'une multiplicité de mesures parcellaires, apparemment strictement techniques ou budgétaires. Cela conformément à la logique du "réformisme incrémental" qui inspire les nouvelles formes de gouvernance au temps de "l'Etat managérial" : ne pas "supprimer ce qui existe déjà" mais "rendre caduque" l'ancien état de choses, et imposer des "situations irréversibles" pour "neutraliser les résistances", comme le conseillent les économistes Philippe Aghion et Elie Cohen dans un rapport de 2004 cité par l'ouvrage. Parmi ces mesures, il faut mettre au premier plan celles qui concernent les modes d'évaluation et de sélection, non seulement des élèves, mais aussi des enseignants, des établissements scolaires (assimilés à de quasi-entreprises dirigées par des "patrons"), des cursus, des chercheurs, des laboratoires, des universités, etc. Elles reposent sur un usage abusif de critères quantitatifs et sur la publication de palmarès qui sont censés stimuler la concurrence, conçue comme une sorte de lutte de tous contre tous.

Comme le soulignent les auteurs, la mise en place de ces mesures, associées à un "système de punitions et de récompenses" individuelles, va également de pair avec des techniques de contrôle tracassières qui réduisent considérablement l'autonomie dont disposaient les enseignants et les chercheurs dans la détermination de leurs méthodes de travail et dans l'interprétation des cadres réglementaires. L'application des procédures de management venues de l'entreprise n'a pas eu seulement des objectifs d'économies budgétaires. Elle a cherché aussi à casser les solidarités, les valeurs et les cultures de métiers qui conféraient aux professionnels de l'éducation, de la culture, de la santé ou du travail social un pouvoir de résistance face aux volontés administratives et politiques.

La question de la sélection est bien sûr centrale. Dans l'ancienne école capitaliste, elle reposait sur l'appréciation, implicite ou explicite, d'aptitudes et de manières d'être qui étaient transmises, pour une large part, par l'éducation familiale. Pour le dire vite, les dispositions et les savoirs que privilégiait l'école étaient ceux dont bénéficiaient les enfants de la bourgeoisie. On pouvait donc parler d'une "école de classe". Ces qualités intellectuelles et humaines jouaient un rôle central dans l'accès aux positions privilégiées. Mais leurs fonctions utilitaires étaient recouvertes par le dogme de l'amour gratuit du savoir. A l'inverse, pour la nouvelle école capitaliste, la "connaissance" n'est qu'un "capital" de "compétences", de "savoir-faire" et de "savoir-être" appréciés à l'aune des profits que l'on peut en attendre. A la culture des humanités, désormais considérée comme un luxe inutile (voire ridicule), elle tend à substituer une autre culture, transmise par les écoles d'ingénieurs et surtout de commerce. Dans ce contexte, La Princesse de Clèves, emblème, il n'y a pas si longtemps, de la "culture bourgeoise", s'est transmué en symbole de la lutte contre la marchandisation de l'enseignement. Bref, sauf à considérer que les sociologues critiques des années 1970 s'étaient fourvoyés (ce que ne font pas les auteurs), sans doute faut-il reconnaître qu'à une certaine école de classe s'est substituée une autre école de classe.

Les premières victimes

Or l'ouvrage n'échappe pas toujours au risque du "c'était mieux avant". Par exemple lorsqu'il oppose "l'État managérial" actuel à l'ancien "État social et éducateur". Cette difficulté est précisément celle à laquelle Marx, auquel il est souvent fait référence ici, a su échapper : il a évité de s'appuyer sur les valeurs de la société traditionnelle et patriarcale pour critiquer le capitaliste en train de s'établir.

Pour conclure, l'école joue toujours un rôle central dans le maintien des inégalités sociales, et cela plus brutalement encore au cours des cinq décennies qui viennent de s'écouler. Mais elle le fait différemment et au profit de groupes différents. Outre les enfants des classes populaires et, particulièrement, des familles "issues de l'immigration" qui en sont les premières victimes, les nouvelles formes de sélection peuvent aussi défavoriser ceux qui appartiennent à ce que l'on appelait la "bourgeoisie", ou la "petite bourgeoisie", ou les "classes moyennes" - comme vous voulez. Particulièrement, des classes moyennes qui avaient foi dans l'État, et dont les enseignants étaient, en quelque sorte, l'avant-garde.

En revanche, cette culture marchande donne, plus que jamais, un avantage souverain aux enfants de la classe dominante (scolarisés, dans leur grande majorité, dans des écoles privées). Comme si la frontière séparant les vrais privilégiés des autres s'était déplacée vers le haut. En ce sens, les changements qui affectent l'école sont peut-être, à la fois, les facteurs et les symptômes d'un changement profond de la structure des classes sociales. Mais, pour s'engager plus avant dans l'analyse de ce processus, il aurait fallu que les auteurs parviennent à se libérer, avec plus de détermination, du fantasme de l'État "éducateur", "social" et, finalement, "libérateur" et "juste". Peut-être est-il trop tôt pour le faire. Peut-être l'essentiel est-il aujourd'hui d'offrir à un large public (cultivé) des faits et des arguments susceptibles de nourrir son indignation, ce que les auteurs font avec maestria. Alors, avec eux, indignons-nous. Il y a vraiment de quoi.

Les langues de notre monde…

« 5 % des langues du monde sont parlées par 95 % de ses habitants, et 95 % des langues du monde sont parlées par 5 % de la population humaine »

information tirée de IL ÉTAIT UNE FOIS 7 000 LANGUES, titre du livre que vient de publier Louis-Jean Calvet, linguiste renommé, professeur émérite à l'Université de Provence, chez Fayard

Annonce

Alain Badiou

Séminaire 2011-2012

Propos

L’expression « changer le monde » a déjà une assez longue histoire. Le XIXe siècle, où domine  la philosophie de l'Histoire, a annoncé que ce changement se ferait dans la continuité d’un progrès. Le XXe, où dominent des projets politiques prométhéens, s’est tourné vers la rupture, l’innovation radicale, les avant-gardes, la construction d’Etats chargés d’incarner au plus vite l’Idée dont se soutenait qu’un nouveau monde soit à la fois possible et nécessaire.

Aujourd'hui, nous voyons bien qu'il faut reprendre entièrement la question du changement réel, au-delà de l’antinomie suivante : ou rupture totale, engendrant  « l’homme nouveau » qui lui correspond, ; ou continuité installée (capitalo-parlementarisme) d’une incessante innovation, qui n’a d’autre preuve que l’obsolescence précipitée de ce qui y fut antérieurement produit.

Il doit exister pour tout acteur du changement un possible témoin de son action, une invariance qui autorise à dire que le changement est réel pour un Sujet. Ce qui exige que ce Sujet soit la fois principe du mouvement, et suffisamment immobile pour pouvoir en affirmer le réel et la destination.

Nous avons vu l'année dernière que le problème est celui du lieu subjectif, d’où l’on peut concevoir, dans une subtile dialectique de l’immanence et du retrait, ce que c’est qu’un changement orienté. Nous avons eu la chance de pouvoir nous mettre à l'école des « révolutions arabes », dont le processus est encore loin d'être achevé. Nous avons d'abord introduit les concepts nécessaires pour penser ce que c'est qu'un « monde », et les opérateurs de son changement. Nous avons discerné les obstacles, notamment les obstacles identitaires (fiction étatique de l'identité, noms séparateurs...). Tout ce travail nous a permis d'aboutir à une définition provisoire de ce que c'est qu'un vérité politique, c'est-à-dire le principe d'orientation d'un changement réel dans l'Histoire des collectifs humains : Une vérité politique est le produit organisé d'un événement populaire massif où intensification, contraction et localisation substituent à un objet identitaire fictionné par l'Etat,  et aux noms séparateurs qui vont avec, une présentation réelle de la puissance générique du multiple.  Cette définition, dont nous rappellerons le sens, nous servira de point-de-départ cette année pour élargir notre enquête et répondre de façon formelle à la question initiale : peut-on identifier un changement de monde, et travailler à son advenue ?

Calendrier

Le séminaire a lieu un mercredi de chaque mois à 20h, à l’École Normale Supérieure, Salle  Jules Ferry au 29 rue d'Ulm, ou salle Dussane au 45 rue d'Ulm,  Paris 5°.

Le premier séminaire aura lieu le mercredi 9 novembre 2011.

Les autres dates sont : 7 décembre 2011 , 18 janvier 2012,  15 février 2012, 14 mars 2012, 11 avril 2012, 9 mai 2012, 6 juin 2012.

Rubrique anti-islamophobie

Comme l’Ancien et le Nouveau Testaments, le Coran donne à penser… (2)

Unité/unicité

Comme la Bible, le Coran travaille la différence et l’articulation entre l’unité et l’unicité, entre l’un et l’unique, mais il la fait jouer différemment.

Résumons ici les termes mobilisés.

 

un

unique

Grec

eis

monos

Latin

unus

Unicus

Hébreu

ehad

yahid

Arabe

’aHad [1]

WâHid [2]

Bible

1.     Dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testaments, l’attribut principal et premier de Dieu est d’être Un (selon une modalité spécifique). Son unicité – attribut secondaire et subordonné - procède de cette unité première : il est unique car il est seul à être « Un » (à sa manière). Ce point est exprimé dans l’Ancien Testament (dans Deutéronome 6, 4 : « Notre Dieu est un ») et se trouve repris tel quel dans le Nouveau Testament (Marc 12, 29). On dira qu’il s’agit là d’un hénothéisme (dieu un) plus encore que d’un monothéisme (dieu unique).

2.     Dans cette orientation, la propriété d’être un (comme l’est Dieu) et celle d’être unique sont caractérisées négativement.

      L’unité se définit essentiellement comme la propriété de ce qui n’est pas divisé. Saint Thomas d’Aquin explicitera ce point : « Unum enim dicitur secundum privationem divisionis. » (« L’unité signifie l’absence de division ») [3].

      L’unicité se définit par le fait qu’il n’en existe pas d’autre (qui ait la même propriété d’être « un » de cette manière).

Coran

Le Coran pratique la même distinction de l’un et de l’unique.

Remarquons au passage qu’en arabe, comme en grec, les deux mots n’ont pas de parenté (ils relèvent de deux racines radicalement différentes, malgré les parentés phonologiques : hamza/Ha/dal et wa/Ha/dal).

L’articulation de l’un et de l’unique en matière de Dieu est dans le Coran différente de celle de la Bible à trois titres.

1.     Dans le Coran, la propriété principale de Dieu tient à son unicité. La propriété d’être « Un » s’y trouve bien, qui plus est à un carrefour stratégique (en tête de la courte sourate 112, considérée comme la plus importante de tout le livre à l’égal de la sourate d’ouverture), mais c’est là son unique apparition quand l’unicité de Dieu se trouve constamment rappelée.

2.     Il n’y a pas, comme dans les traditions juive et chrétienne, de corrélation coranique patente entre l’unité et l’unicité de Dieu. À ce titre, l’Islam s’annonce comme monothéisme plutôt que comme hénothéisme.

3.     Les caractérisations de l’unité comme de l’unicité y sont affirmatives plutôt que négatives.

      L’unité tend à y être caractérisée par une propriété de compacité (entendue, non au sens mathématique du terme mais comme la propriété de ce qui est d’un seul tenant), propriété qui suit, dans la sourate 112, l’affirmation de l’unité divine : « Dis : Dieu est un, Dieu est le compact. ».

      L’unicité y est abordée comme la figure de l’exception, comme le prédicat de la singularité. Ce point est récurrent, non seulement dans le Coran mais plus largement dans la langue arabe. Il tient au jeu d’un « Nul… sauf… » [« lâ… ’illâ… »]. Le paradigme s’en trouve dans la profession de foi musulmane : « Nul dieu sauf Dieu » [« lâ ’ilaha ’illâl/lâh »] mais on retrouve cette dialectique affirmative - « Il n’y a pas de X si ce n’est Y » - dans bien d’autres contextes ; par exemple « Nul brave sauf Ali et nulle épée sauf Zulfikar ! ». Ce point signe une orientation de pensée qui tend à exhausser la singularité comme ce qu’il y a pour la pensée d’unique dans tout concret (opposé à la généralité abstraite).

Cet abord de la singularité donne à réfléchir.

Ainsi l’abord mathématique contemporain de la singularité remonte bien de son unicité (tout point singulier d’une courbe est, par définition, unique : il relève d’un nom propre – ex. « le point de rebroussement d’une courbe donnée ») à son unité propre : une singularité se trouve en effet mathématiquement éclairée du point de la division singulière qu’elle supporte et manifeste de manière spécifique – un fameux théorème mathématique [4] éclaire les singularités sur les courbes et les surfaces (pour dire bref) comme étant constituées par l’écrasement local de deux composantes transverses qui donnent forme à la courbe ou toute la surface considérées dans son ensemble. Ainsi la singularité s’avère unique par sa manière spécifique de rendre ponctuellement (ou localement) indiscernable l’unité de contraires globaux.

Ici la singularité, qui se présente de prime abord comme une exception à la règle, s’avère tout au contraire ce qui manifeste exceptionnellement la règle générale.

Bien sûr, Muhammad et Hironaka ne relèvent pas des mêmes monde et mode de pensée (!) mais il y a bien une pensée à l’œuvre dans le Coran – ici sur la portée de la singularité - qui mérite l’attention, non le mépris.

Réflexions

« Esquisse d’une articulation communiste entre égalité et liberté » (1° partie)

[ƒNi] Je présente ici un texte de travail personnel que je compte diffuser en 4 livraisons :

I. Hypothèse de départ

II. Esquisse mathématique

III. Retour à notre espace de travail

IV. Esquisse d’une articulation entre égalité commune et liberté en commun

En voici la première partie.

Hypothèse de départ

Partons de l’hypothèse suivante : la dynamique du communisme vise à corréler d’une manière radicalement nouvelle deux impératifs essentiels pour l’humanité (entendue comme collectif), celui d’égalité et celui de liberté.

Si la tension entre ces deux impératifs est bien constitutive de toute politique (ces deux impératifs se présentent comme spontanément orthogonaux [5]), on peut formellement classer les grandes orientations politiques au regard de cette tension selon trois figures possibles :

      celles qui privilégient l’un des deux impératifs contre l’autre (que ce soit l’orientation égalitaire, plutôt française, ou l’orientation libertaire, plutôt anglo-saxonne) ;

      celles qui prennent pour horizon l’unité intrinsèque des deux (reprenant le terme d’égaliberté à Étienne Balibar [6], on parlera ici d’orientation égalibertaire) ;

      celles, enfin, qui articulent des deux impératifs selon un espacement propre constituant le lieu même d’une politique du commun (parlons ici d’orientation communisante).

L’esquisse du communisme que je voudrais présenter ici s’inscrit dans cette dernière orientation. Au sein de cette orientation, elle aura pour caractéristique formelle de thématiser une dynamique de pensée orientée de l’égalité vers la liberté (on laissera à d’autres réflexions le soin de formaliser d’autres dynamiques concevables au sein de cette même grande orientation communisante). L’orientation proprement communiste serait donc une des modalités concevables de l’orientation dite ici communisante.

 

Petite précision : j’emploierai ici le mot « politique » en une acception assez large et vague qu’il serait sans doute plus judicieux d’appeler « une idée de la politique » (en tenant compte du fait qu’une idée de la politique n’est pas pour autant une idée politique).

 

Point de méthode : l’investigation de cette idée va se dérouler à la lumière des mathématiques (plus précisément à celle de la mathématique catégorielle [7]) au sens où l’examen de notions mathématiques (que la théorie des catégories fournit) va me servir de guide de pensée. Il ne s’agira bien sûr pas d’appliquer cette théorie mathématique à un modèle politique (qui s’avancerait alors comme modèle hétérogène, pathologique, voire tératologique) mais, plus simplement, plus souplement et plus métaphoriquement, de penser notre question en nous inspirant du travail catégoriel des mathématiciens.

Cette façon de procéder – qui consiste à investir une question non mathématique à la lumière d’un développement mathématique propre – peut se dire de deux manières :

      il s’agit de déployer une fiction de théorie mathématique (« faisons comme si la théorie des catégories était en état de théoriser mathématiquement notre problème idéologico-politique et examinons en détail ce qui se passe… ») ;

      il s’agit d’esquisser un mathème de l’articulation, propre à une orientation communiste, entre égalité et liberté.

Comme on va bientôt le voir, l’astuce de cette méthode, astuce que me fournit la théorie mathématique des catégories, est qu’une telle esquisse d’un mathème ou d’une théorie mathématique fictive va précisément nous être suggérée par une mathématique de l’esquisse (où esquisse s’entend cette fois en un sens mathématiquement précis) : la théorie des catégories comporte en effet une formalisation de ce qu’est une esquisse et c’est cette partie de la théorie des catégories qui va me guider pour esquisser (au sens cette fois non mathématique) une idée singulière du communisme ! En quelque sorte, il s’agit ici de faire du judo avec les mathématiques, aux risques et périls bien sûr que mon raisonnement s’y brise les vertèbres et se retrouve au tapis, immobilisé et impuissant…

Deux acceptions du commun

L’idée « politique » de départ est la suivante : il s’agit de travailler sur la notion de « commun » qui se trouve, peu ou prou, au principe étymologique du mot « communisme ».

Comme André Benedetto l’avait inscrit en 1971 en couverture d’un livre consacré à la Commune de Paris : « Commun, du lat. communis, adj., se dit de toute chose à laquelle chacun peut participer. Exemple : la Commune de Paris » [8]

 

Remarque : ce lien du communisme au commun ne se retrouve pas dans la langue arabe. La racine [chîn-yâ’-εayn[9] du mot communisme [chuyûεîyatun] pivote autour de l’idée de ce qui circule et se propage ; d’où l’idée du partisan qui soutient une cause en répandant ses idées ce qui ouvre à une parenté, inattendue pour nous latins, avec le mot chiisme [chîεîyatun]…

L’idée du commun (entendu comme le partagé) se rattache, dans la langue arabe, à la racine [chîn-râ’-kâf[10].

Cet écart, propre à cette langue, entre les idées de communisme et de commun pourrait-il avoir quelque conséquence néfaste dans l’appropriation même de l’idée communiste par les arabophones ?

 

L’intuition est qu’égalité et liberté touchent à deux acceptions du commun et que l’articulation de ces deux catégories peut être réfléchi comme dialectique interne à la catégorie générale du commun : le communisme serait une dynamique d’édification du commun, mieux : d’un commun (d’un type de commun) propre à l’humanité comme telle. Ou encore : le communisme désignerait l’édification collective de l’humanité comme commun.

 

Esquisser une telle idée va pouvoir s’adosser à la notion catégorielle (mathématique) d’esquisse au sens où esquisse désigne précisément, en théorie des catégories, une manière d’articuler deux types d’enchaînement (de « morphismes ») - le projectif et l’inductif, le produit et la somme - notions mathématiques qui vont guider notre réflexion idéologico-politique.

Précision terminologique : compte tenu des fréquentes homonymies propres à un tel type d’entreprise (où une idée de la politique entreprend de se déployer à la lumière des mathématiques et à l’ombre de la philosophie [11]), je distinguerai soigneusement catégorie idéologique (en matière de politique), notion mathématique et concept philosophique. Par exemple le même mot « esquisse » sera employé tantôt comme catégorie idéologique (voir mon titre), tantôt comme notion mathématique déployée dans la théorie des catégories ; et de même, le mot « commun » sera employé au choix comme catégorie idéologique (propre au discours militant), comme concept philosophique ou éventuellement comme notion mathématique.

Autant dire que j’inscris le discours de ce texte sous la figure subjective du militant plutôt que sous celle du mathématicien ou du philosophe.

De quelle manière ce militant est-il ou non le même que le musicien qui porte le même nom ? On laissera cette question ici en blanc…

 

Le commun - ici entendu de manière intuitive comme le commun d’un collectif (ici le collectif humain, ou humanité), mettons d’un ensemble (notion mathématique…) - peut se dire en deux sens :

      comme propriété de tout élément de l’ensemble (dans notre situation de référence : de tout individu humain)

      comme propriété de tout l’ensemble comme tel (dans notre situation : de l’humanité comme telle).

On dira : le premier commun relève d’un être commun à chacun des constituants du collectif examiné, le second commun relève d’un avoir en commun (celui d’appartenir au même collectif donné).

Notre orientation va être la suivante : le premier commun est celui de l’égalité (communiste), le second de la liberté (communiste). L’idée est que l’égalité (communiste) affecte chaque être humain en tant qu’il est tenu pour égal à tout autre du point de sa participation à l’entreprise collective du communisme, et que la liberté (communiste) est la propriété non plus de chacun pris individuellement (comme « élément » de l’ensemble humanité) mais du collectif comme tel. Soit : la liberté (communiste) est la construction d’une liberté collective, d’une liberté de l’humanité, autant dire : l’édification d’une humanité libre.

Parler d’une humanité individuellement égale et collectivement libre mobilise donc ces deux acceptions du commun : une égalité entre ses membres conçue comme être commun à ses éléments, une liberté collective conçue comme avoir en commun constitutif de l’ensemble comme tel.

 

Deuxième point : il y a une double dissymétrie entre ces deux acceptions du commun. Non seulement l’égalité communiste est un être commun là où la liberté communiste est un avoir en commun, mais l’égalité communiste est un principe là où la liberté communiste est un processus, une construction, le résultat d’un travail (communiste). Ce qui aboutit formellement au point suivant : l’égalité communiste est un point de départ, et la liberté communiste un point d’arrivée. La dynamique communiste circule donc d’un axiome de départ (le principe d’égalité) à un effet-cible (la liberté collective édifiée).

 

Deux remarques.

      Concernant l’égalité, le livre de référence est le chef d’œuvre de Jacques Rancière : Le maître ignorant. L’axiome d’égalité y prend la forme d’une égalité des intelligences (pluriel !), axiome signifiant que tout homme peut, s’il le veut, comprendre et s’approprier ce que tout autre homme a pensé et produit (ce qui, bien sûr, ne veut nullement dire que tout homme pourrait produire par lui-même l’œuvre de pensée qu’un autre homme a effectivement produit).

      Concernant la liberté, il s’agit ici de privilégier une liberté d’action plutôt qu’une liberté de sélectionner arbitrairement parmi un champ balisé de possibles ; il s’agit donc d’une liberté de forcer ce qui se présente comme impossible dans une situation donnée, soit une liberté subjective qui ne doit rien à la supposée « liberté » objective des variables « libres »  (où la liberté a pour acception négative d’être le non-contraint) mais qui a pour acception affirmative d’être l’endossement d’une responsabilité (donc d’une constance, d’une discipline) : comme le posait Rousseau, être libre, c’est le courage d’être responsable de ses actes, la chance de s’orienter selon une discipline des conséquences, non le désastre d’errer, de manière irresponsable, en ignorant idéalistement toutes les contraintes.

 

L’idée du communisme, qu’il va s’agir ici de mettre à l’épreuve de la lumière mathématique, est donc celle d’un mouvement partant d’un principe d’égalité axiomatiquement fondateur – égalité de chacun des hommes concernés par le destin de l’humanité – et visant l’accès à une liberté collective de l’humanité comme telle.

 

Nous verrons dans le prochaine partie comment la mathématique de la théorie des catégories peut nous éclairer sur cette tension.

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[1] Racine Reig 48 / Gloton 16

[2] Racine Reig 5866 / Gloton 1640

[3] Somme théologique, 1a q. XII

[4] Hironaka (1963)

[5] À ce titre, on pourra dire que les événements de mai 1968 constituent une singularité (au sens précis que lui donne la mathématique contemporaine) en ce que ces deux orientations politiques orthogonales s’y trouvent momentanément indécidables : on peut soutenir, tout aussi légitimement, que ces événements ont été un moment de libération (auquel cas son emblème libertaire en sera Cohn-Bendit) ou que ces événements ont surtout été un moment affirmatif d’égalité (auquel cas, leurs emblèmes n’en seront plus des individus mais des pratiques collectives – les barricades, l’affichage de rue… - et des slogans – « Étudiants, ouvriers… »).

Bien sûr l’indécidabilité locale de cette singularité doit conduire, une fois l’événement évanoui, à une décision idéologico-politique quant à ce que fidélité à cet événement va vouloir dire puisque l’orthogonalité structurale de l’égalité et de la liberté n’a aucunement été globalement « effacée » par cet événement : elle n’a été que manifestée sous une forme singulière.

[6] Cf. La proposition de l’égaliberté, Puf, 2010

[7] au sens de la « théorie des catégories » - voir par exemple Saunders Mac Lane : Categories for the Working Mathematician (Springer, 1978)

[8] André Benedetto, Commune de Paris, P. J. Oswald, 1971

[9] Reig 3024 / Gloton 830

[10] Reig 2867 / Gloton 788 : charika = être associé à, avoir part à…

[11] Je convoque en ce point une manière de procéder que j’ai surtout mise en œuvre à l’égard de la musique - voir mon livre à paraître : Le monde-Musique (et son écoute à l’œuvre).