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ARCHITECTURE Antoine Balso, Guillaume Nicolas CINƒMA Rudolf di Stefano, Jacques Guiavarch, Nicolas Neveu DESIGN Mathias BŽjean MUSIQUE GrŽgoire Letouvet, Frederico Lyra de Carvalho, Franois Nicolas, Franois Tusques, Adriano Zetina Rios PEINTURE ƒric Brunier PHILOSOPHIE Andrea Cavazzini POƒSIE JŽr™me Guitton POLITIQUE THƒåTRE Marion Bottolier, Virginie Colemyn, Pauline Desmet, AurŽlie Droesch, Hugo Eymard, Julien Guill, ƒmilie Heriteau, Christine Koetzel, Marie-JosŽ Malis, Agathe Paysant, FrŽdŽric Sacard, Paul Schirck

 

 

SecrŽtariat : Marie-JosŽ Malis, Franois Nicolas, Rudolf di Stefano


 

PRƒSENTATION

Bande-annonce 

 

Description : Macintosh HD:Users:distefano:Desktop:ANNONCE H/68.jpg

 

Annoncer HŽtŽrophonies/68 (Qui-vive, 23 juin 2016)

VidŽo : https://vimeo.com/238433062


 

 

 

Projet HŽtŽrophonies/68

 

MAI 68 ? Cinquante ans plus tard, aujourdÕhui donc, Mai 68 reste un champ de bataille : pour les uns, aurore dÕune modernisation libŽrale ; pour les autres, crŽpuscule des utopies Žgalitaristes ; pour nous, brche politique entreprenant dÕinventer en France, en une enthousiasmante fraternitŽ des facultŽs et des usines se dŽversant dans des rues communes, un pays ˆ Žchelle dÕun monde rŽvolutionnŽ.

Comme toujours, lˆ o il sÕest agi de nouvelles possibilitŽs plut™t que dÕeffectuations, victoire ou Žchec de la tentative passŽe reste affaire des vivants : de ceux qui, au prŽsent, peuvent relancer, dŽdaigner ou refouler lÕidŽe venue de loin.

HŽtŽrophonies/68 ? LÕinitiative ainsi dŽnommŽe veut remettre sur le mŽtier de notre temps trois dŽterminations venues de 68 : la conviction rŽvolutionnaire que le monde peut radicalement et globalement changer de base, la confiance ŽprouvŽe en cette ŅdŽmocratie de masseÓ qui approprie ˆ tous des questions que lՃtat et ses Partis ne posent jamais, et la fraternisation dŽsintŽressŽe entre ceux que lÕapartheid social sŽgrŽgue pour mieux les opposer.

Notre mŽthode ? Monter un dispositif formel restreint, mŽtonymie du tourbillon vocal qui a fait jadis irruption.

DÕun c™tŽ – du mardi 8 au vendredi 11 mai 2018 - quelques voix en diffŽrents arts (musique, cinŽma, thŽ‰tre, poŽsie, architecture, arts plastiques) prtes ˆ coopŽrer, rivaliser ou simplement se juxtaposer (nous appelons ŅhŽtŽrophonieÓ cet entrelacs disparate) dans leurs propres inventions et leurs formalisations autonomes : comment continuer les diffŽrentes modernitŽs crŽatrices face au nihilisme contemporain ?

DÕun autre c™tŽ – samedi 12 mai 2018 - quelques voix sÕattachant ˆ rŽactiver le dŽsir Žmancipateur de rŽvolution politique en reprenant les questions (en particulier de formalisations organisationnelles) lˆ o Ņles annŽes rougesÓ dÕEurope, dÕAsie et dÕAmŽriques nous les ont lŽguŽes.

Des deux c™tŽs – dimanche 13 mai 2018 - une fraternisation des inventions formalisatrices mlant lucidement (hŽtŽrophonie oblige !) heureuses convergences, saines rivalitŽs et paisibles indiffŽrences.

Notre enjeu ? Transmettre des questionnements, recherches et projets mais surtout deux affects : lÕenthousiasme pour le travail en commun, et la confiance persŽvŽrante en la crŽation dÕidŽes Žmancipatrices.

 


 

Planning de la semaine

 

 

 

mardi 8

(fŽriŽ)

mercredi 9

jeudi 10

(Ascension)

vendredi 11

samedi 12

dimanche 13

10h

Ateliers

Maths

Maths

PoŽsie

Architecture

Arts plastiques

Maths

Maths

 

11h

Politique

Politique

Politique

Politique

12h

CinŽma

ChĻur parlŽ

CinŽma

ChĻur parlŽ

CinŽma

ChĻur parlŽ

CinŽma

ChĻur parlŽ

ChĻur chantŽ

ChĻur chantŽ

ChĻur chantŽ

ChĻur chantŽ

13h

pause

 

 

 

 

 

14h30

Ateliers

ThŽ‰tre

Architecture

ThŽ‰tre

Architecture

PoŽsie

Architecture

Arts plastiques

ThŽ‰tre

Architecture

Politique

CŽrŽmonie

16h

Rencontre

Rencontre

Rencontre

17h30

pause

 

 

 

 

 

Pot

18h

Spectacle

Concert

???

RhŽsus

ThŽ‰tre

Film

19h

pause

 

 

 

 

 

 

19h15

A.G.

Pot

A.G.

A.G.

A.G.

A.G.

 

20h45

pause

 

 

 

 

 

 

21h

SoirŽe

Ouverture

Concert

Film

ThŽ‰tre

Politique

 

 

Grande salle

Petite salle

CinŽma

Le Studio

CRR 93

Parc

CafŽtŽria

(lieu ˆ prŽciser)


 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi ce bulletin ?

 

Pour intŽresser chacun ˆ notre projet, ses perspectives, ses avancŽes.

Pour inviter chacun ˆ venir y participer, selon ses dŽsirs et capacitŽs propres.

Ce projet, en effet, est aussi une proposition de nature hŽtŽrophonique - il voudrait ainsi librement articuler lÕunitŽ dÕune polyphonie, la paisible confrontation dÕune antiphonie, et la tranquille juxtaposition indiffŽrente entre diverses voix – ce qui ne veut pas dire pour autant quÕil ignorerait les ennemis aujourdÕhui dÕun tel type dÕinitiative (qui sont Žgalement pour partie les ennemis, dŽclarŽs ou latents, de Mai 68 et plus gŽnŽralement des perspectives rŽvolutionnaires engagŽes dans la dŽcennie rouge 1965-1975).


 

Jingle

 

Mai 68 constitue une singularitŽ historique au sens o deux orientations idŽologico-politiques, rŽgulirement contradictoires, sÕy trouvent rendues momentanŽment indiscernables :

-       lÕorientation idŽologico-politique (venue de la RŽvolution anglaise de Cromwell et poursuivie dans la RŽvolution amŽricaine) qui privilŽgie le droit des libertŽs et caractŽrise la conception libŽrale du capitalisme parlementarisŽ (Ē la raison dՐtre de la politique est la libertŽ. Č H. Arendt)

-       lÕorientation idŽologico-politique (venue de la RŽvolution franaise et poursuivie dans les rŽvolutions ouvrires des XIX” et XX” sicles) qui privilŽgie un principe dՃgalitŽ et caractŽrise depuis lÕorientation Žmancipatrice de la politique.

La singularitŽ de Mai 68 tient prŽcisŽment au fait que cet ŽvŽnement, mlant ˆ trs grand Žchelle Žtudiants et ouvriers, est tout aussi lŽgitimement caractŽrisable comme percŽe de nouvelles libertŽs ou comme triomphe du principe dՃgalitŽ : ainsi, au point mme de Mai 68, ƒgalitŽ et libertŽs sont rendues indiscernables (cÕest trs exactement lˆ le sens que la mathŽmatique donne ˆ la notion de singularitŽ).

Appelons alors Ē fraternitŽ Č la manire spŽcifique dont diffŽrentes libertŽs – mieux : diffŽrentes libŽrations (sÕil est vrai que Ē libertŽ Č ne saurait avoir de sens Žmancipateur quÕen un sens dynamique : non comme Ē Žtat de droit Č mais comme processus subjectif) – sont saisies en ŽgalitŽ : comme Žgales libertŽs, ou comme Žgalisation des libŽrations.

On formalisera alors lÕarticulation de ces trois notions de la manire musicale suivante (en usant dÕune symbolisation rŽduite au rythme) :

Description : Macintosh HD:Users:francoisnicolas:Desktop:Jingle.jpg

soit lÕenchevtrement polyphonique de trois rythmes (o le premier se trouve dŽcalquŽ des scansions du fameux mot dÕordre 68 : Ē Ce nÕest quÕun dŽ-but, con-ti-nuons le com-bat ! Č).


 

NOS ACTIVITƒS RƒCENTES

 

HŽtŽrophonie ?

 

Une recherche musicale et ses Žchos mathŽmatiques : lÕhŽtŽrophonie (Bucarest, 20 septembre 2017)

Texte : http://www.entretemps.asso.fr/Nicolas/2017/Heterophonie.htm

 

LÕhŽtŽrophonie musicale comme formalisation de lÕidŽe de peuple ? (Ircam, 21 octobre 2017)

Texte : http://www.entretemps.asso.fr/Nicolas/2017/formalisation-musicale-peuple.htm

 

 

 

Musique

 

Ricercare hŽtŽrophonique pour piano & cordes, de Franois Nicolas (Festival Enesco, 24 septembre 2017)

VidŽo : https://www.youtube.com/watch?v=YAx-TRqDWCU&index=10&list=PLfaS0zIQOD6RI_IZCBWgkweT8q4mByj93


 

CinŽma

 

Week end un film comme les autres

VidŽo : https://vimeo.com/216066061

 

Description : Macintosh HD:Users:distefano:Desktop:WEEK END UN FILM COMME LES AUTRES .jpg

 

 

CinŽmatographe & annŽe(s) 68 (Ircam, 29 avril 2017)

Texte : http://www.entretemps.asso.fr/2016-2017/Cinematographe.pdf

VidŽo : https://www.youtube.com/watch?v=unUrDIFc9ck

Architecture

HŽtŽrophonies/68 : LÕarchitecture, production collective

 

Il sÕagira, au cours de cette semaine, de problŽmatiser six principes devant guider aujourdÕhui le travail architectural. Ė notre sens, le faisceau de ces principes configure un avenir non abaissŽ de lÕarchitecture et appelle, rŽtroactivement, un bilan des importantes transformations apportŽes par Mai 68 ˆ notre discipline.

 

1. LÕarchitecture doit tre au service des gens qui vont habiter (au sens large) les b‰timents ˆ construire, et pas seulement des commanditaires et bailleurs de fonds qui initient la demande.

Comment pour ce faire lÕarchitecte doit-il se lier ˆ ces gens quÕa priori il ne conna”t pas, et qui dÕailleurs ne sont sans doute pas encore tous identifiables au dŽpart du projet ? Comment doit-il enquter sur les vŽritables besoins et dŽsirs de ceux qui viendront vivre dans le futur b‰timent ? Comment organiser avec les habitants un espace de coopŽration et non plus de rivalitŽ ou dÕindiffŽrence, un espace qui ne soit pas de simple revendication ou de pure rŽclamation mais qui devienne un lieu commun dՎlaboration du projet architectural o convergent les diffŽrentes compŽtences et la diversitŽ des angles de vue ?

Les annŽes 68 nÕavaient-elles pas tentŽ dÕactiver de telles prŽoccupations chez les Žtudiants sous les slogans Ē Servir le peuple Č, Ē liaison de masse Č, etc. ? Comment lÕarchitecture a-t-elle pu alors expŽrimenter dans ce sens ?

 

2. LÕarchitecture est une production collective, qui mobilise les gens travaillant sur les chantiers concernŽs, et pas seulement lÕarchitecte.

Si lÕarchitecte conoit le b‰timent, ce nÕest pas lui qui le construit mais des Žquipes de chantier qui vont tre en charge dÕexŽcuter ce que ses plans leur prescrivent. Mais cette division du travail nÕest pas sans graves mŽfaits : elle tend ˆ ignorer voire mŽpriser les connaissances propres des diffŽrents corps de mŽtiers mobilisŽs sur le chantier et elle dispose le travail collectif sous le signe du commandement autoritaire, non dÕune coopŽration entre savoirs et connaissances complŽmentaires.

Comment inventer sur les chantiers une nouvelle manire de travailler ensemble qui donne droit ˆ la spŽcificitŽ de chaque intelligence individuelle et ˆ la productivitŽ propre de lÕintelligence collective ?

Les annŽes 68 nÕavaient-elles pas interrogŽ les mŽfaits de la division sociale du travail entre t‰ches de conception et t‰ches dÕexŽcution ? Quelles furent, dans le monde entier, les tentatives de transformer concrtement cette division sociale du travail, tout spŽcialement aprs les grandes rŽvolutions qui, ces annŽes-lˆ, ont bouleversŽ lÕAlgŽrie, Cuba, la Chine ?

 

3. LÕarchitecture doit inventer une manire de se transmettre et de sÕenseigner qui se tienne ˆ hauteur du fait quÕelle est une pensŽe, et pas seulement une technique ou une industrie.

La formation des Žtudiants ˆ une architecture ainsi conue doit combiner instruction des savoirs, enseignement des connaissances et Žducation des intelligences : on ne forme pas un architecte soucieux de servir ses futurs usagers et de coopŽrer avec des partenaires de chantier comme on forme un architecte retranchŽ dans ses plans et envisageant pour seul vis-ˆ-vis des exŽcutants anonymes.

Faut-il par exemple inclure dans la formation dÕun architecte des stages sur les chantiers pour apprendre des ouvriers ce que les diffŽrents types de travail manuel (maonnerie, ferronnerie, ŽlectricitŽ, É) veulent rŽellement dire sur un chantier ?

Les annŽes 68 nÕavaient-elles pas soutenu quÕun Žtudiant devait devenir Ē expert et rouge Č, autant dire ˆ la fois savant et coopŽratif avec tous les gens pris dans le mme processus collectif ?

 

4. LÕarchitecture doit penser son inŽluctable rapport ˆ lՃtat sans pour autant sÕidentifier ˆ sa manire de concevoir, de sŽparer, de catŽgoriser.

Qui ne voit lÕimportance spŽcifique que lՃtat accorde ˆ lÕarchitecture (comme au thŽ‰tre) ? Lieu de reprŽsentation de sa puissance – tous les monuments cŽlŽbrant sa gloire ne rŽpondent-ils pas au mme canon architectural de lourdeur grise et dÕemp‰tement pompier, et ce indŽpendamment des rŽgimes politiques concernŽs ? – mais aussi instrument de contr™le des populations dont il a la charge.

LÕart architectural se trouve ainsi sous lÕemprise singulire de lՃtat et il doit apprendre ˆ faire avec. Mais faire avec nÕest pas pour autant sÕidentifier ˆ sa manire de voir lÕarchitecture, faite de rŽglementations, de codifications et reprŽsentations institutionnelles.

Par exemple, la catŽgorisation du travail architectural selon la tripartition {ma”tre dÕouvrage – ma”tre dÕĻuvre – entreprise} nÕest quÕune reprŽsentation institutionnelle qui dissimule le travail effectif et collectif de lÕarchitecture tel quÕon essaye ici de le saisir. Lui opposer simplement une tripartition en termes cette fois de fonctions {demande-conception-exŽcution} ne suffit pas et il faut tre capable de penser architecturalement les gens qui sont au principe de ces diffŽrents rapports : derrire Ē le ma”tre dÕouvrage Č, les habitants qui constituent la vŽritable demande de b‰timent ; les gens du cabinet dÕarchitecture qui donnent Žpaisseur rŽelle au travail du Ē ma”tre dÕĻuvre Č ; les ouvriers du chantier qui construiront effectivement le b‰timent et recevront pour cela salaire de Ē lÕentreprise Č ayant signŽ un contrat avec Ē le ma”tre dÕĻuvre Č.

Lˆ encore, les annŽes 68 nÕavaient-elles pas tentŽ dÕouvrir une distance de pensŽe dÕavec lՃtat en sorte de rŽflŽchir le travail et le collectif sous de tout autres catŽgories et selon une tout autre logique quՎtatiques ?

 

5. LÕarchitecture a besoin dÕintellectualitŽs spŽcifiques, qui soient ˆ la fois thŽorique, critique et esthŽtique pour que se dŽploient de vŽritables orientations dÕensemble sur lÕarchitecture en situation.

Tout ce qui prŽcde ne peut tre mis en Ļuvre que selon des principes et idŽes spŽcifiques, en mettant ˆ lՎpreuve de la pratique collective des orientations dÕabord avancŽes par quelques-uns, en lÕoccurrence par quelque architecte formŽ et ŽduquŽ ˆ penser collectivement lÕarchitecture.

Il faut pour cela des architectes qui constituent et dŽploient une intellectualitŽ propre, une capacitŽ spŽcifique ˆ thŽoriser lÕarchitecture, ˆ Žvaluer de manire critique les ouvrages architecturaux existants, ˆ situer et orienter esthŽtiquement lÕarchitecture dans la sociŽtŽ et le monde o elle se situe. Il faut des architectes aptes ˆ diriger un chantier et non plus ˆ le commander, cÕest-ˆ-dire apte ˆ fixer des lignes de travail collectives susceptibles de faire coopŽrer ˆ ŽgalitŽ des intelligences extrmement diverses sous lÕhypothse gŽnŽrale que leur complŽmentaritŽ et leur coopŽration sont possibles, et non pas en tranchant a priori sur leur inŽluctable concurrence et sur la rivalitŽ indŽpassable dÕintŽrts divergents.

Les annŽes 68 nÕont-elles pas tentŽ dÕouvrir ˆ lÕarchitecture de nouveaux espaces de rŽflexion et lÕaprs-68 nÕa-t-il pas ŽtŽ un moment de bouillonnement intellectuel pour une architecture ˆ la fois autonome et non autarcique, simultanŽment fermement convaincue de ce quÕelle a en propre et dÕautant plus ouverte ˆ dÕautres propositions de pensŽe ?

 

6. LÕarchitecte lui-mme est plus un collectif (une agence par exemple) quÕun simple individu isolŽ. Ce travail collectif de lÕarchitecte doit tre alors rŽflŽchi et orientŽ avec les gens concernŽs.

LÕagence est un lieu collectif du travail quÕil sÕagit dÕinterroger selon les mmes orientations que prŽcŽdemment, et ce dÕautant plus que sÕy trouvent intŽriorisŽes des questions aussi bien de transmission que de divisions du travail.

 

 

Au total, ces six orientations se croisent de bien des manires. Elles forment un entrelacs ou un faisceau, non un stratifiŽ ou un mille-feuille.

Qui ne voit comment chacune de ces orientations rencontre immŽdiatement face ˆ elle les impŽratifs dŽclarŽs naturels et indŽpassables de lÕorganisation contemporaine du travail, de la propriŽtŽ et du pouvoir ?

Il ne sÕagit pas ici pour autant dÕutopies, de rves ou de fantasmes : il sÕagit tout au contraire dÕabord dÕun constat (ce qui ne va pas, ce qui est insupportable et ne doit donc plus tre supportŽ) et dÕune idŽe (ce quÕil sÕagit de dŽclarer possible, en le portant au jour et en imaginant sa portŽe), ensuite dÕune dŽcision (formaliser les principes qui peuvent guider une nouvelle investigation, reprenant aujourdÕhui ˆ son compte et dans de toute nouvelles conditions des questions-68), enfin dÕune nŽcessaire mise ˆ lՎpreuve de ces hypothses de travail dans des expŽriences singulires.

CÕest ce ˆ quoi nous voulons travailler, avec tous ceux quÕun tel projet intŽresse.

 


 

Peinture

Proposition dÕinstallation : Murs hŽtŽrophoniques

 

Installation

LÕexposition aura lieu dans un thŽ‰tre, sur une scne. Il ne peut donc sÕagir dÕexposer des Ļuvres de peinture, des tableaux, mais de documenter, dÕattester de formes et dÕen Žprouver les Žchos, les rŽsonnances autour de 68.

On construira deux murs parallles, formant ainsi une Ē rue Č sur scne. On projette alors quatre sŽquences dÕimages sur les deux murs intŽrieurs, donnant ainsi ˆ voir la pluralitŽ des formes de la peinture en 68.

Il sÕagira dans une Ē rue Č offrant deux murs, non pas dÕexposer des Ļuvres mais de produire une installation, de montrer des images dÕĻuvres : quatre vidŽoprojecteurs diffusent quatre sŽries de reproduction dÕĻuvres relevant de lÕhŽtŽrophonie. Le systme de projection sÕapparente le plus possible ˆ la diffusion de diapositives clairement identifiŽes comme images fixes.

 

Orientations

Le mot dÕordre Ē hŽtŽrophonie Č occupe une place stratŽgique dans le tableau : il invite ˆ penser le nouage de ses composants selon une dynamique.

Autrement dit :

- lÕhŽtŽrophonie articule localement ses composants ;

- lÕhŽtŽrophonie Ē Žcrit ˆ la lettre Č lÕentrelacs des composants ;

- lÕhŽtŽrophonie compose avec des ŽlŽments matŽriellement hŽtŽrognes.

 

SÕagissant de la peinture, le problme de lÕhŽtŽrophonie se double du rapport de la peinture ˆ la voix. QuÕappelle-t-on voix en peinture ? SÕagit-il dÕautre chose quÕune mŽtaphore ? Pour surmonter le problme, on peut alors user dÕun glissement de la voix au discours. LÕhŽtŽrophonie est une manire de continuer la voix, cÕest-ˆ-dire pour la musique le discours musical, pour la peinture le discours du tableau, une manire de tenir la musique comme discours, ou le tableau comme discours. Comment dŽfinir discours ? Deux ŽlŽments ˆ minima : la production dÕun sens (cf. Benveniste) et lÕadresse ˆ un autre. Ce qui est deux figures de lÕaltŽritŽ : le discours ne parle pas de lui-mme et le discours ne se parle pas ˆ lui-mme.

On posera que si la peinture a quelque chose ˆ faire avec la voix, cÕest sous le rŽgime de lÕiconographie : la peinture reprŽsente et montre une ou des voix. PrŽcisons quÕune telle reprŽsentation nÕest pas obligatoirement sous le rŽgime de la ressemblance ou de lÕimitation naturaliste, quÕil peut y avoir, ˆ tout prendre, une iconographie abstraite.

 

On retiendra trois iconographies de la voix en tant quÕelles ont rapport avec lÕhŽtŽrogŽnŽitŽ, quÕelles sont liŽes ˆ 68 et au peuple et quÕelles semblent pertinentes au regard du tableau de peinture :

- le journal (de son utilisation depuis les papiers collŽs cubistes jusquՈ son emploi aujourdÕhui) ;

- lÕaffiche (notamment lÕĻuvre des affichistes et les affiches tirŽes en 68 dans lÕatelier des Beaux-Arts de Paris) ;

- le graffiti, la trace dans la rue (en tant quÕelle sert de base ˆ la production de tableaux autant peints que photographiques).

 

On peut ajouter un quatrime p™le, celui des expositions en tant quÕelles seraient elles-mmes hŽtŽrophoniques. La plus parlante serait When attitudes become form dÕHarald Szeemann ˆ Berne en 1969.

 http://www.leftmatrix.com/whenattitudes.html

 

Histoires

Dans cette apprŽhension de ce qui se joue en 68 dans les arts plastiques, sur le plan de lÕhŽtŽrophonie, on ne parvient pas ˆ ne pas le penser dans son rapport aux avant-gardes modernes (le cubisme, Mondrian, Malevitch, DadaÉ) : le collage bien sžr, et sur le plan iconographique, la rue, le peuple. Il semble quÕil faut maintenir ce dialogue entre la modernitŽ et 68, au-delˆ de lÕavant-gardisme expŽrimental, parfois thŽoriciste (cÕest le mot dÕAlthusser) des arts plastiques de 68.

Ces murs hŽrŽrophoniques pourraient ainsi constituer le lieu o se rencontrent les formes locales de lÕexpression nouvelle, et des formes plus enracinŽes dans le temps.

 

 

Le collage dans le tableau (Ircam, 29 avril 2017)

Texte : http://www.entretemps.asso.fr/2016-2017/Brunier.pdf

VidŽo : https://youtu.be/8kH_UQNnKsw


 

MathŽmatiques

 

Programme des quatre sŽances prŽvues pour lÕatelier (8-12 mai 2018)

 

1. Les Ē mathŽmatiques modernes Č

Les Ē mathŽmatiques modernes Č nous encouragent ˆ continuer/reprendre nos diffŽrentes modernitŽs. Pour ce faire, on prŽsentera succinctement :

- les tentatives didactiques, au cours des annŽes 60, pour transmettre Ē les maths modernes Č ˆ tous, et en particulier aux jeunes Žlves (livres de Georges Papy ou Gustave Choquet, rŽforme LichnerowiczÉ) ;

- lՎvŽnement Grothendieck qui, au cours de cette mme dŽcennie, renouvelle lÕadjonction de lÕalgbre ˆ la gŽomŽtrie et refonde la gŽomŽtrie algŽbrique – on thŽmatisera en particulier lÕhistoire de la thŽorie des motifs (1964-2015) qui exemplifie le travail au long cours de la pensŽe formalisatrice en ses diffŽrentes sŽquences (imagination, formalisation, rŽalisation) ;

- la refondation de la logique mathŽmatique sur des bases mathŽmatiques renouvelŽes (Ē La vŽritable logique nÕest pas a priori par rapport aux mathŽmatiques mais il faut ˆ la logique une mathŽmatique pour exister. Č A. Lautman) ; cette refondation, engagŽe ˆ la fin des annŽes 60 par J.-Y. Girard, sÕoppose, quarante ans plus tard, au calamiteux tournant langagier du Cercle de Vienne.

 

2. SingularitŽ et intŽgration

Soit deux manires opposŽes de saisir une mme situation : selon sa structure globale secrte telle quÕavouŽe par un sympt™me local (Ē singularitŽ Č), ou comme totalitŽ (Ē intŽgrale Č) comptant alors pour rien les points singuliers tenus pour aberrants (Ē ensemble de mesure nulle Č). Autrement dit, on thŽmatisera mathŽmatiquement un partage des orientations : saisir une situation subjectivement par coupure interprŽtative et intervenante ou lÕapprŽhender Žtatiquement par reprŽsentation intŽgrale et quantifiŽe.

 

3. La notion de formalisation dans la thŽorie des modles

O la forme est repensŽe, non plus comme figure-Gestalt enveloppant un contenu prŽexistant mais comme dynamiquement engendrŽe par une formalisation visant ˆ penser symboliquement une situation donnŽe. La forme procde ici dÕune dialectique ˆ trois termes (idŽe, symbolisation, ancrage dans une situation-modle).

DÕo une nouvelle manire dÕinterroger les diffŽrents types de Ē forme Č auxquels on peut avoir ˆ faire : de quoi ces formes sont-elles la formalisation ? Quel imaginaire entreprennent-elles de symboliser ? En vue de rŽaliser quelles nouvelles possibilitŽs ?

 

4. Adjonction-extension

Comment rŽvolutionner un domaine donnŽ, non plus en le dŽtruisant pour mieux ensuite le reconstruire, ni non plus en lÕabandonnant pour mieux construire ailleurs, mais en lui adjoignant quelque ŽlŽment ou opŽration dÕun type nouveau en sorte de lՎtendre. On donnera des exemples en algbre (extensions de Galois), arithmŽtique (Dedekind, complexes, Conway) et thŽorie des ensembles (Cohen).

QuÕen est-il de semblables adjonction-extensions  pour rŽvolutionner de tout autres domaines de pensŽe : dans les arts, en politique ? QuÕen est-il de la puissance propre du nŽgatif si celle nÕest plus de destruction (premier cas) ou de soustraction (deuxime cas) ?

Politique

 

Propositions dÕorientations pour la dimension Ē politique Č de la semaine

 

Il sÕagit dÕorganiser lÕatelier et la journŽe Ē politique Č  autour des quatre points suivants.

 

1. LÕidŽe de Ē rŽvolution de type nouveau Č -  en particulier de rŽvolution Ē R.E.D. Č [Reconstruction-Extension-DŽplacement – nous dŽtaillerons cette proposition dans le prochain numŽro de ce bulletin] – permet-elle de rŽinterroger ce qui sÕest politiquement jouŽ dans les diffŽrentes situations rŽvolutionnaires des annŽes 60 ?

Nous proposons pour cela dÕexaminer sous cet angle la question de la rŽvolution dans les cinq situations suivantes :

a.     Mai 68 en France,

b.    le soulvement italien des annŽes soixante,

c.     la RŽvolution culturelle en Chine,

d.    le mouvement des Blacks Panthers,

e.     lÕorientation guŽvariste en AmŽrique latine.

 

2. Examiner en situation ce quÕil en a ŽtŽ des Ē politiques rŽvolutionnaires Č implique certes dÕexaminer ce quÕil en a ŽtŽ des politiques de la rŽvolution (i. e. examiner les nouvelles conceptions politiques de ce que rŽvolution voulait dire) mais, plus encore, ce quÕil en a ŽtŽ des rŽvolutions de la politique (i.e. examiner les nouvelles conceptions – Ē rŽvolutionnaires Č - de ce que politique voulait dire). Autrement dit, une nouvelle politique rŽvolutionnaire passait alors par une rŽvolution politique.

Trois remarques ˆ ce sujet.

į       Ce repli de la question de la rŽvolution sur la politique est, en un sens, analogue au repli de la question de la contemporanŽitŽ en matire de philosophie de la musique sÕil est vrai (voir Adorno) quÕune philosophie de la musique contemporaine doit tre une philosophie contemporaine de la musique (elle ne saurait, par exemple, se rŽduire ˆ une philosophie aristotŽlicienne de la mimesis). De mme, une politique de la rŽvolution (en France, en Italie, en ChineÉ) passait alors – et passe toujours - par une rŽvolution de la politique (en France, en Italie, en ChineÉ).

į       Par exemple, dans la France de mai-juin 68, il Žtait clair quÕune RŽvolution dans le pouvoir dՃtat nՎtait pas ˆ lÕordre du jour ; pourtant, la RŽvolution Žtait bien ˆ lÕordre du jour, non seulement comme projet (projet de rŽvolutionner les rapports de production, lÕopposition travail manuel-intellectuel, le rapport du lieu-usine ˆ la politique, etc.) mais comme rŽalisation immŽdiate : par une rŽvolution de la politique elle-mme (dÕo un nouveau type dÕorganisation politique, de nouveaux types de rapports entre cette organisation et les ouvriers, entre cette organisation et les appareils syndicaux ou les Žlections parlementaires, É ).

į       Cette manire de penser, o le but dÕun chemin sÕintrojecte en le chemin comme but, manire qui dŽjoue la sŽparation des moyens et des fins (et la justification de ceux-lˆ par celles-ci), est le propre de la pensŽe dialectique sÕil est vrai que lÕessence de celle-ci est bien dans lÕinsŽparabilitŽ de la pensŽe et de ce quÕelle pense.

 

3. Il sÕagira dÕexaminer Žgalement de quelle manire ces rŽvolutions de la politique ont pu relever respectivement des types Reconstruction  (aprs destruction), Extension (aprs adjonction), DŽplacement (aprs abandon), voir dÕune articulation globale de type R.E.D.

Il semble ainsi clair que, sÕil y a sens, aujourdÕhui encore, ˆ parler de politique mao•ste, cÕest bien par la capacitŽ dÕune telle expression ˆ nommer une rŽvolution R.E.D. de la politique elle-mme, dialectisant Žtroitement :

į       une reconstruction de lÕorganisation politique, aprs destruction de son ancienne forme reprŽsentative en Parti ;

į       une extension de la politique ˆ tous, par adjonction de Ē la ligne de masse Č ;

į       un dŽplacement de la politique vers son organisation collective Žtendue (voir, en politique, la centralitŽ de lÕenqute et de la rŽunion), par abandon de lÕancienne centralitŽ politique (sur le pouvoir dՃtat).

 

4. Notre examen des cinq situations retenues passera donc par un double examen, entrelacŽ et dialectisŽ :

į       quÕen a-t-il ŽtŽ des diffŽrentes politiques concernant le projet (et ses rŽalisations) de rŽvolutionner les situations concernŽes ?

į       quÕen a-t-il ŽtŽ de ces diffŽrentes politiques concernant leur propre rŽvolutionnarisation ?

 

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INFORMATIONS

 

Danse

La RŽvolution culturelle travaillŽe au corps (Le Monde, 29 septembre 2017)

Article : http://abonnes.lemonde.fr/scenes/article/2017/09/29/danse-la-revolution-culturelle-travaillee-au-corps_5193238_1654999.html

 

La chorŽgraphe Wen Hui, en compagnie de trois interprtes, dŽfie lÕoubli avec son spectacle Ē Red Č, prŽsentŽ ˆ Paris.

 

Description : Macintosh HD:Users:francoisnicolas:Desktop:RED.jpg

 

VidŽo : https://vimeo.com/233131677


 

Politique

 

Alain Badiou : ƒloge de la politique (Flammarion)

 

Description : Macintosh HD:Users:francoisnicolas:Desktop:éloge politique.jpg

 

Le jeune Karl Marx, film de Raoul Peck

 

Description : Macintosh HD:Users:francoisnicolas:Desktop:Le jeune Marx.jpg


 

AGENDA NOVEMBRE

 

Samedi 25 novembre 2017 : SŽminaire HŽtŽrophonies/68 (Aubervilliers, thŽ‰tre La Commune)

 

„ La rŽforme dite Ē des maths modernes Č dans les annŽes 60-70

 

„ La peinture & la sculpture autour de 68

 

 

Arts plastiques

 

Exposition documentaire

Monchengladbach : SPACES, WORKS, VISUALIZATIONS FROM THE ANTI-MUSEUM 1967 – 1978

http://www.museum-abteiberg.de/index.php?id=894&L=1&id=894

 

 

ThŽ‰tre

 

La Commune (Centre dramatique national, Aubervilliers)

 

„ Pice d'actualitŽ n”9 : DŽsobŽir, conue et mise en scne par Julie Bers

http://lacommune-aubervilliers.fr/piece-d-actualite-ndeg9

 

„ Dom Juan de Molire, mis en scne par Marie-JosŽ Malis

http://lacommune-aubervilliers.fr/creation